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Santé – Sciences

A Dijon, une journée pour faire le point sur la coordination des soins de proximité

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Par , France Bleu Bourgogne

Les problématiques d'accès aux soins sont au cœur du quotidien des Français. Dans ce contexte, une journée pluridisciplinaire de recherche sur la coordination des soins de proximité s'est tenue ce 13 mai sur le campus dijonnais, à l'initiative du Laboratoire d'Économie de Dijon.

Le hall de la Maison de santé de Beaune. La région en compte une centaine, où sont regroupés les professionnels de santé.
Le hall de la Maison de santé de Beaune. La région en compte une centaine, où sont regroupés les professionnels de santé. © Radio France - Jacky Page

Dijon, France

La restructuration des soins primaires en France a fait l’objet ce jeudi d’une journée de réflexion, dans l’amphithéâtre du Pôle Économie Gestion sur le campus de Dijon. Des chercheurs en économie de la santé, sociologie des professions, et géographie se sont rassemblés avec des décideurs publics et des professionnels de santé, pour faire le point et évoquer les pratiques innovantes, dans un contexte ou les déserts médicaux et la pénurie de certains médecins spécialistes posent un réel problème de santé publique.

Des binômes médecins-infirmiers

Il a été ainsi question le matin du rôle des infirmiers dans la coordination des soins. C’est le dispositif « Asalée », développé depuis 2004. Il consiste à rapprocher médecins généralistes et infirmiers diplômés d’État. Au départ, les infirmiers et infirmières étaient salariés de la structure associative Asalée, puis le dispositif s’est aussi ouvert aux infirmiers libéraux. Chacun d’entre eux travaille avec un ou plusieurs médecins.

Les infirmiers suivent une formation et peuvent à titre dérogatoire pratiquer certains actes au bénéfice de patients souffrant de maladies chroniques. Ils exécutent ainsi électrocardiogramme, spirométrie, prescription d’examens de biologie, tests de mémoire, ou encore examen de pieds de diabétiques. Cela libère un temps précieux pour les consultations des médecins. Asalée mobilise aujourd’hui 700 infirmiers et 3000 médecins.

Les vertus des maisons de santé

Parmi les participants, le docteur Patrick Vuattoux, vice-président de la Fédération Française des Maisons et Pôles de santé. Dans ces structures, médecins, kiné, infirmière, sage-femme travaillent en équipe. C'est un cercle vertueux et attractif selon le docteur Vuattoux : « on s’est aperçu, suite à une évaluation de chercheurs, que le travail en équipes pluri professionnelles pérennisait l’offre de santé sur les territoires. L’équipe devient attractive pour les jeunes. Les jeunes ne veulent plus travailler seuls, pour de multiples raisons ».

La Bourgogne-Franche-Comté compte une centaine de maisons de santé pluridisciplinaires. En Côte-d'Or, la maison de santé de Semur-en-Auxois est en cours de construction et va enrichir le dispositif. Les compétences des équipes médicales sur place sont parfois complétées par une offre de télémédecine, en priorité pour des expertises en cardiologie et dermatologie, mais selon les sites, pour bien d’autres spécialités. 

Sans oublier les pharmaciens

Comme en Suisse, certains pharmaciens français commencent eux-aussi à proposer un service de téléconsultation. Thomas Raguin n’est est pas là, mais ce pharmacien de Besançon est à l’origine d’un « cercle de qualité ». « C’est un pharmacien animateur, qui intervient pour des professionnels de santé sur une thématique donnée. Mon premier cercle, c’était sur les antibiotiques. On a échangé aussi ensemble sur la façon dont on pouvait augmenter la couverture vaccinale contre la grippe. On a axé aussi sur la prévention, les règles d'hygiène, se laver les mains etc…et la possibilité d’intervenir dans les écoles, ponctuellement, en début de saison hivernale ».

Les pratiques innovantes, coordonnées et pluridisciplinaires ne peuvent être que complémentaires d’un équipement phare de l’offre de santé : l’hôpital. C’est ce que fait remarquer Anne Buttard, chercheuse dans l’équipe d’Économie de la Santé au laboratoire d’économie de Dijon : « Ce qui m’inquiète un petit peu aujourd’hui dans les discours qu’on peut entendre, c’est parfois une opposition entre des soins de proximité, des soins de ville qui seraient coordonnés, par rapport à un hôpital qui coûte cher, et un effet quelque part de transfert du second vers le premier. Ça c’est dérangeant, parce que je trouve qu’un hôpital n’a pas du tout la même fonction que des prestataires de proximité ».