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À l'Espace du souffle de Tours, une rééducation nécessaire pour les anciens fumeurs

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Par , France Bleu Touraine, France Bleu

À l'occasion de la journée mondiale sans tabac, ce lundi 31 mars, France Bleu Touraine vous emmène à l'Espace du souffle. L'association tourangelle, qui regroupe des professionnels de la santé, suit chaque jour 150 patients, totalement ou en passe d'être sevrés de cigarettes.

Patricia, en pleine séance de rameur, fait travailler son cœur mis à mal par 40 ans de tabagisme.
Patricia, en pleine séance de rameur, fait travailler son cœur mis à mal par 40 ans de tabagisme. © Radio France - Adrien Bossard

Qu'elle soit blonde ou bien roulée, la cigarette vous empoisonne le quotidien. Et quand elle entrée dans votre vie, il est difficile de s'en débarrasser. Pour preuve, le nombre des fumeurs est resté stable en 2020, après pourtant trois années de baisse consécutive en France. Selon les dernières données de Santé Publique France, parues mercredi 26 mai, 30% des Français déclarent fumer régulièrement.

Pour la journée sans tabac, ce lundi 31 mars, France Bleu Touraine a poussé la porte de l'Espace du souffle. Composée de tabacologues, kinésithérapeutes et autres professionnels de santé, l'association basée à Tours permet à des actuels ou anciens fumeurs de retrouver des capacités physiques et d'avoir, si besoin, une écoute et une aide dans le sevrage de tabac

Même pendant mes deux grossesses, même si j'ai fortement diminué, je n'ai pas réussi à arrêter

Ce centre, Patricia le fréquente deux fois par semaine pour des séances de rameur de trois-quart d'heure, à chaque fois. Cela fait maintenant 15 mois qu'elle n'a plus touché une cigarette mais à 59 ans, dont 40 à fumer "quasiment deux paquets par jour", son corps souffre. "J'ai une bronchopneumopathie chronique obstructive, explique-t-elle. Je sais que je ne retrouverai jamais mes capacités pulmonaires, mais je peux diminuer les effets de la maladie."

Son déclic est venu lorsqu'un jour, essoufflée, elle n'arrivait plus à monter les escaliers sur son lieu de travail. _"Je me suis arrêtée au deuxième étage et j'ai dû attendre un bon moment avant d'aller au troisième. Là, je me suis dit que ce n'était plus possible, qu'il fallait que j'arrête la clope. Avant, j'avais fait plusieurs tentatives. Mais comme toute drogue, vous ne vous en passez pas comme ça du jour au lendemain. Dés que je me levai, j'avais envie d'en griller une et j'y pensai toute la journée. Il n'y avait plus rien d'autre qui comptait. J'interrompais des repas de famille pour aller fumer. Même pendant mes deux grossesses, même si j'ai fortement diminuer, je n'ai pas réussi à arrêter."_Là, Patricia tient le bon bout. 

Vous êtes esclave de la cigarette

Yannick, elle, n'en est pas encore là. La sexagénaire, qui fume depuis ses 20 ans, fréquente l'Espace du souffle depuis le début du mois d'avril et elle voit déjà les premiers effets. "Je réapprends à respirer", dit-elle en marquant de longues pauses entre chaque prise de parole. Ici, au-delà de l'effort physique, elle peut discuter avec des tabacologues de sa consommation et des solution pour la diminuer, puis l'arrêter. "Car je fume encore entre trois et quatre cigarettes par jour." 

Malgré son cancer du poumon, en 2015, et les trois ans de chimio qui s'en sont suivies, Yannick n'a jamais réussi à se séparer de ce qu'elle appelle son "doudou". Ce qui la faisait beaucoup culpabiliser. "Mes amis me disaient que j'étais folle, et c'est vrai que ça peut paraître incompréhensible. Mais il faut bien retenir une chose. Vous êtes esclave de la cigarette. La vie m'a laissé une seconde chance et il faut que je la saisisse." Yannick est actuellement en rémission. 

4.000 substances toxiques dans une cigarette

Cette aliénation ne touche pas que les personnes ayant de longues années de tabac derrière elles. Preuve en est, Louise et Anoki, deux lycéens de 18 ans, viennent de pousser la porte de l'Espace du souffle. Les deux amis n'ont pas la même histoire. Louise a commencé à fumer il y a quatre ans, Anoki au début du premier confinement. Mais ils ont la même envie de s'en sortir. 

"Je vois mes capacités physiques diminuer, raconte Anoki. Avant, j'étais plutôt sportif et là, je suis très vite fatigué, quand je cours." Ce que confirme Louise, "en sueur au moindre exercice" lors de ces séances d'équitation. "On m'avait bien dit qu'il ne fallait jamais commencé. Mais je n'ai pas écouté, j'ai voulu faire comme beaucoup de monde : essayer juste pour voir. Et je me suis vite retrouvée dans un cercle vicieux."

Pour Laurent Jubert, chaque processus d'arrêt de tabac est différent, les raisons diverses. Mais pour le tabacologue-kinésithérapeuthe de l'Espace du souffle, il ne faut pas rester sur un échec. "Ça peut ne pas marcher du premier coup et ce n'est pas grave. Quand on sait qu'on inhale 4.000 substances toxiques, dont la plupart sont addictives, il est quelque part normal d'avoir des échecs. Il faut apprendre à se connaître et à déconstruire cette relation particulière qu'on a avec ce produit. Et nous sommes là pour ça. Pour aider les patients dans cette période et pour les aider après, à retrouver un second souffle."

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