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Santé – Sciences

A l’Université de Bourgogne, les robots ont de l’avenir

jeudi 30 août 2018 à 20:53 Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne

A l'université de Bourgogne, cinq étudiants handicapés vont pouvoir suivre des cours depuis chez eux en pilotant depuis leur ordinateur des robots de téléprésence. Un appareil auquel les universitaires ont trouvé d’autres applications.

Dans les couloirs de l'université de Bourgogne, vous croiserez peut-être ce robot de téléprésence
Dans les couloirs de l'université de Bourgogne, vous croiserez peut-être ce robot de téléprésence © Radio France - Jacky Page

Dijon, France

Les robots débarquent dans notre quotidien. Ils ne sont plus cantonnés aux usines, et aujourd'hui vous pouvez par exemple  acheter un aspirateur qui va accomplir tout seul la corvée. A l'Université de Bourgogne, on exploite au mieux ce qu'on appelle les robots de téléprésence. Dotés d'un écran, d’une caméra et de micros, montés sur roues et motorisés, ils sont pilotés à distance, via une connexion internet, avec la souris d'un ordinateur. Ils permettent de participer depuis chez soi à un événement.

Alaïs, 22 ans, étudie grâce au robot

Cette rentrée universitaire devrait ainsi voir cinq de ces robots se promener dans les amphithéâtres, au service de 5 étudiants handicapés. L’année dernière, Alaïs a déjà profité de cette innovation. Âgée de 22 ans, en fauteuil roulant, son handicap ne l’a pas empêchée de poursuivre brillamment ses études. Mais l’an dernier, des soucis de santé rendaient sa présence à certains cours difficile. Alors, l’équipe du campus numérique lui a proposé l’utilisation d’un robot de téléprésence. 

« On peut le piloter avec l’ordinateur, la souris et le clavier, le faire avancer, tourner. Les gens me voient et ils m’entendent, moi je les vois et je les entends etc… Au second semestre, je l’ai utilisé jusqu’à 9 heures par semaine». Alaïs va entamer une 5e année universitaire. Elle préparera un master 2 en écologie cognitive. Elle a choisi pour sujet de ce master, les interactions sociales entre les hommes et les robots.

Alexandre Fournier est vice-président du campus numérique, systèmes d'information et learning centers de l'université de Bourgogne. Ce système dit-il est meilleur qu'une simple visioconférence : « contrairement à une visioconférence où on a tendance à oublier la personne qui est derrière la visio, le robot personnifie vraiment la personne. Je l’ai bien vu dans les cours auxquels j’ai assisté et auxquels était présente Alaïs. L’enseignant lui posait régulièrement la question " ça va, est-ce que tu suis, est-ce que tu as bien reçu le document que je t’ai envoyé? ". Donc il y a une vraie interaction. »

Un robot pour visiter le muséum d'histoire naturelle d'Autun

Outils pédagogiques, ces robots peuvent être utilisés dans d’autres domaines, et les universitaires planchent sur diverses applications. Ainsi, en 2015, en partenariat avec l’académie de Dijon, et la société lyonnaise Awabot qui a fourni le robot, le muséum d’histoire naturelle d’Autun a été le premier en France à expérimenter les visites robotisées. 

Installé au premier étage, un robot de téléprésence permet à des visiteurs éloignés de découvrir les collections, avec les commentaires d’un guide. Des enseignants ont ainsi connecté leurs classes pour que les élèves puissent par cette visite compléter leurs connaissances. Des personnes malades, handicapées, ont aussi pu visiter le musée sans se déplacer. 

Le système a été depuis perfectionné, précise Dominique Chabard, conservateur du muséum d’histoire naturelle d’Autun : « à ce robot, on a ajouté une tablette. Si par exemple le robot parcourt le premier étage du musée, et qu’à un moment donné on fait référence à un fossile particulier, grâce à la tablette, une personne qui se situe à l’extérieur, devant l’affleurement où le fossile a été récupéré, peut en expliquer les caractéristiques ».

Aider les personnes en arrêt longue maladie à garder un lien avec leur entreprise

L'université prépare un nouveau projet : se servir de ce matériel pour que des personnes en arrêt longue maladie puissent rester en contact avec leurs collègues en entreprise, de façon à mieux préparer leur retour au travail. Bruno Lapetite, responsable pédagogie numérique et ressources à l'Université de Bourgogne, y réfléchit : « dans le cadre du schéma directeur du handicap et de la maladie, nous pensons utiliser la téléprésence, avec des améliorations nécessaires pas nos labos, pour faciliter le lien humain pendant ces longues périodes d’absence. » 

La personne absente pourrait alors par exemple participer à des pots dans l’entreprise, discuter avec ses collègues à la machine à café. L’assistance sociale du centre anticancéreux Georges-François-Leclerc a manifesté son intérêt pour ce projet, ainsi qu’une grande mutuelle, intéressée pour ses besoins propres, mais aussi pour ses assurés.