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À Lodève, 5.000 patients se retrouveront sans médecin généraliste d'ici la fin de l'année

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Par , France Bleu Hérault

D'ici décembre, Lodève aura perdu trois généralistes en un an, parmi lesquels le docteur Bruno Blanquet. Il lance un appel, dans l'espoir de se trouver un remplaçant pour ne pas laisser ses patients sans solution.

Le docteur Bruno Blanquet va quitter son cabinet à Lodève en octobre, sans avoir pour l'instant trouvé de successeur
Le docteur Bruno Blanquet va quitter son cabinet à Lodève en octobre, sans avoir pour l'instant trouvé de successeur © Radio France - Marie Ciavatti

Comment attirer de nouveaux médecins dans les campagnes ? Lodève se retrouve confrontée au problème. Un médecin, en âge de la retraite, a fermé son cabinet il y a quelques mois et d’ici la fin de l’année deux autres vont faire de même sans avoir, pour l’instant, trouvé de successeur. 5.000 patients se retrouveront alors sans médecin de famille. Ce n’est pas faute d’avoir cherché… Le docteur Bruno Blanquet, 64 ans, remue ciel et terre depuis des mois pour ne pas laisser ses patients sans solution quand il partira en novembre prochain pour un poste de médecin du travail, moins éprouvant.

Pas de candidat

Il a prévenu dès septembre dernier de son départ. Conseil de l’ordre, Agence régionale de santé, réseaux sociaux, médias… en vain. Aucun successeur à l'horizon. "Je tiens à mes patients et ça me fait mal de partir. Mon plus grand plaisir serait de pouvoir présenter mon remplaçant à ma patientèle.

S'il fallait le convaincre, je lui dirais qu'il a tout ce qu'il faut : l'informatique, les antécédents des patients, une secrétaire qui connaît tout le monde. Il a deux autres locaux où peuvent s'installer d'autres médecins, infirmiers ou kiné..."

Un médecin qui s'installe dans cette zone bénéficie également de cinq ans d'exonération fiscale. Des arguments qui n'ont pas suffi pour l'instant. "Je sais que c'est dur la médecine générale. Ils ne peuvent peut-être pas faire les horaires de fou qu'on fait. Mais ce serait bien dommage de laisser tomber les visites à domicile par exemple. Il y a des villages où les personnes ne peuvent pas se déplacer. Il faut des médecins de proximité."

"Il faut garder des médecins de proximité". Bruno Blanquet, médecin généraliste à Lodève depuis dix ans

"Le médecin généraliste c’est le curé d’autrefois. Y a de moins en moins de prêtres et de curés. Il y a encore des généralistes, mais c’est une espèce en voie de disparition". Bruno Blanquet

Blanquet n'est pas le genre de médecin qu'on laisse partir facilement. Dévoué. "Il est du genre à vous appeler un dimanche parce qu'il découvre que vos analyses ne sont pas bonnes, raconte Claire qu'il soigne depuis dix ans. C'est un toubib extra. Je comprends qu'il ait besoin de lever le pied, mais j'ai les boules qu'il parte."

Un sentiment doublé d'incompréhension parmi ses patients. "C'est pas normal que 3.000, 5.000 patients se retrouvent en attente d'un médecin. Il faudrait qu'on les affecte dans une commune à la sortie de l'école, comme les militaires. Parce que là, ils se gardent les places en ville et personne ne vient dans les campagnes". 

"Ce n'est pas normal que 3.000 personnes se retrouvent sans médecin"

Maison de santé

Heureusement la mairie avait anticipé ces départs en retraite il y a plusieurs années déjà, en lançant le projet d'une maison de santé, qui a ouvert en décembre dernier. "On savait que des médecins allaient partir en retraite, avec en plus des pratiques différentes de ceux maintenant : de grosses patientèles, des visites à domicile et des gardes parfois le week-end, explique la maire Gaëlle Lévêque.

Aujourd'hui les médecins ont d'autres attentes. Ils veulent travailler les uns avec les autres, et avoir moins d'horaires. Cet accueil, avec la maison médicale, est le meilleur argument pour en attirer d'autres."

"Aujourd'hui les médecins ont d'autres attentes. Travailler à plusieurs, avoir moins d'heures..." Gaëlle Lévêque, maire de Lodève

Qualité de vie

La Ville y met les formes. Elle n'a pas lésiné sur les moyens pour aménager ce nouveau pôle médical et paramédical. Elle a rénové une belle bâtisse du XIXe siècle en cœur de ville, qui héberge aujourd'hui une quinzaine de professionnels - médecins, infirmiers, kinés, sages-femmes, orthophoniste, avec secrétaire et assistante médicale.

Stratégie payante souligne la maire, mais cinq médecins ce ne sera pas suffisant. "Il faut que l'on continue cet effort, combiné avec tout le travail de requalification qu'on mène sur le centre de Lodève, avec un lycée, un collège, une maison de la petite enfance, un cinéma... Un environnement qui donne envie de s'installer ici." 

Comment attirer cette jeune génération de médecins ?

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