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Santé – Sciences

A mort le Sida dans les Alpes d'ici 2030

samedi 1 décembre 2018 à 16:18 Par Véronique Pueyo, France Bleu Isère

C'est la 30e journée internationale de lutte contre le sida.Tous les centres hospitaliers de l’Isère, Savoie, Haute-Savoie ainsi que tous les centres de dépistages et les associations, regroupés au sein du Corevih arc alpin, ont pris un engagement public : éradiquer la maladie à l'horizon 2030.

Le tram de l'agglomération grenobloise aux couleurs de la campagne : Vers des Alpes sans SIDA
Le tram de l'agglomération grenobloise aux couleurs de la campagne : Vers des Alpes sans SIDA © Radio France - Véronique Pueyo

Grenoble, France

Tous les acteurs du Corevih, comité de coordination régionale de lutte contre le VIH, s'y sont engagés. A l'horizon 2030, dans les Alpes, il n'y devra plus y avoir de sida, plus de contamination, plus de décès dû à la maladie, plus de discrimination. Alors, est-ce un objectif utopique ? "Non", répond le professeur Olivier Epaulard, infectiologue au CHUGA de Grenoble et président du Corevih. "C'est aujourd'hui une ambition réaliste pour laquelle on dispose de plusieurs moyens d'actions."

Le professeur Olivier Epaulard, infectiologue au CHUGA et président du Corevih - Radio France
Le professeur Olivier Epaulard, infectiologue au CHUGA et président du Corevih © Radio France - Véronique PUeyo

Prévention et dépistage

Pas moins de 24 actions vont être déployées. Il s'agit de combiner la prévention VIH et IST (infections sexuellement transmissibles), de réduire le délai entre la contamination et le dépistage, qui est actuellement de trois ans, de développer la recherche, de renforcer les liens entre les différents acteurs de la santé sexuelle.

Le professeur Epaulard insiste sur un nouvel outil de prévention révolutionnaire mais trop peu connu, la PrEP : "C'est une petite pilule bleue destinée aux personnes séronégatives à haut risque de contamination par le VIH. On la prend avant d'avoir un rapport à risque, cela limite fortement la contamination. On en prend une par jour. " En clair, on n'est pas obligé de mettre en plus un préservatif, même si deux précautions valent mieux qu'une.

Le tram grenoblois affiche l'objectif de zéro sida à l'horizon 2030 - Radio France
Le tram grenoblois affiche l'objectif de zéro sida à l'horizon 2030 © Radio France - Véronique Pueyo

Pour l'infectiologue, l'idée d'ailleurs de rembourser les préservatifs part d'un bon sentiment mais n'est pas efficace : "Il faut d'abord aller voir son médecin, avoir une ordonnance. C'est compliqué et pas assez rapide".

C'est pourquoi, aujourd'hui, dans l'arc alpin, les pharmacies partenaires de l’opération ont distribué gratuitement 9500 préservatifs et des auto-tests, pour se dépister soi-même, sans l'aide de soignant.

Les risques du chemsex 

L'association Aides attire aussi l'attention du public sur la difficulté de faire de la prévention autour du "chemsex", comprenez chemical sex, c'est-à-dire qu'on prend de la drogue pendant une relation sexuelle pour être plus performant ou ressentir plus de chose : "C'est un risque pour le VIH, les hépatites. c'est à l'origine de nombreux décès." explique un responsable de l'association

Parler de sa maladie pour lutter contre les préjugés

Enfin, Xavier Duché, un grenoblois porteur du VIH depuis 1994, a voulu faire entendre la voix des malades : "Aujourd'hui, on vit avec le sida, la médecine a fait de gros progrès en très peu de temps. Mais on est toujours stigmatiser dans l'entreprise, la famille, la société. On a du mal à trouver du travail. Alors, on finit par s'isole. Comme on vit souvent avec une allocation d'adulte handicapé, nos revenus sont faibles. On ne peut pas aller au resto, au cinéma, au spectacle, ou s'inscrire dans un club de sport, c'est tout de suite trop cher. Et puis, comment on va vivre notre vieillesse, avec d'aussi faibles revenus ? Parfois certains se demandent à quoi ça sert de vivre et ils arrêtent leur traitement." Pour lui, il faut libérer la parole et ne pas avoir honte de sa maladie.

Libérer la parole pour lutter contre la stigmatisation - Radio France
Libérer la parole pour lutter contre la stigmatisation © Radio France - Véronique Pueyo

En 2017, dans l'arc alpin,  on a recensé 2622 personnes vivant avec le VIH. Deux nouveaux cas sont diagnostiqués chaque semaine, en majorité des hommes, souvent grâce à un dépistage initié par le médecin traitant. Plus on est dépisté tôt, mieux on est soigné et plus on évite les contagions.