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A Royan, la longue attente des personnes âgées pour se faire vacciner

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Par , France Bleu La Rochelle

Avec 15.000 personnes de plus de 75 ans, le Pays royannais est un laboratoire du vieillissement en France. Mais les rendez-vous de vaccination sont suspendus depuis plusieurs semaines. Il faut déjà reprogrammer les 1.500 rendez-vous annulés, faute de doses suffisantes.

Moins d'une centaine de vaccinations sont réalisées chaque jour à l'hôpital de Royan, qui pourrait "sans problème" passer à 130. Mais en ce mois de février, ce sont les doses de vaccin qui manquent.
Moins d'une centaine de vaccinations sont réalisées chaque jour à l'hôpital de Royan, qui pourrait "sans problème" passer à 130. Mais en ce mois de février, ce sont les doses de vaccin qui manquent. © Radio France - Julien Fleury

Dans le Pays royannais, environ 2.500 personnes âgées ont reçu les deux doses du vaccin Pfizer-BioNTech. C'est peu au vu des 15.000 personnes âgées de plus de 75 ans recensées sur ce territoire, l'un des les plus âgés de France.

Dans ce secteur, les prises de nouveaux rendez-vous sont bloquées depuis plusieurs semaines. La priorité du moment : reprogrammer des rendez-vous déjà pris, mais annulés faute de doses disponibles. 1.500 personnes sont dans cette situation.

C'est un travail à plein temps pour la dizaine d'agents de l'agglo et de la ville de Royan, chargées d'animer le centre d'appels pour la vaccination, et qui rappellent, une par une, les personnes âgées concernées.

Aurélie est l'une des 10 agents royannais qui animent le centre d'appels pour la vaccination. Il a fallu rappeler individuellement 1.500 personnes, pour reprogrammer des rendez-vous annulés.
Aurélie est l'une des 10 agents royannais qui animent le centre d'appels pour la vaccination. Il a fallu rappeler individuellement 1.500 personnes, pour reprogrammer des rendez-vous annulés. © Radio France - Julien Fleury

"On pensait qu'on nous avait oubliés !"

"Allo ? - Bonjour, Aurélie du centre de vaccination !" L'appel d'Aurélie tombe comme un soulagement pour Marie-Rose et son mari, dont le rendez-vous avait été annulé début février. "On allait vous rappeler parce qu'on pensait qu'on nous avait oubliés" sourit la retraitée, qui refuse d'accabler son interlocutrice : "je sais bien qu'il y a des difficultés..."

Marie-Rose et son mari décrochent une place pour se faire vacciner début mars, avec un rappel à la fin du mois. Une bonne nouvelle : "nos enfants étaient morts de peur, raconte Marie-Rose. Parce que moi je fais de la bronchite chronique, j'ai de la tension, un surpoids... et mon mari est diabétique. On est des vieux, quoi !"

"Vous égayez ma journée !"

Les retraités se montrent malgré tout très compréhensifs, et heureux qu'on les rappelle, constate Aurélie : "on me dit : vous égayez ma journée, vous me faites un beau cadeau. Ils sont contents. Ce ne sont pas des gens aigris qu'on a au téléphone."

Nouvelle illustration avec le coup de téléphone suivant. Christian, 80 ans : "bien sûr, on voudrait toujours être le premier, mais bon, quand même, les vaccins ont été réalisés à une vitesse grand V, et il n'y a pas que nous, non plus !"

Annuler pour reprogrammer : "la chienlit" pour le maire de Royan

Le général Patrick Marengo, maire de Royan, déplore qu'on n'ait pas fait appel à l'armée pour organiser la vaccination. "On aurait éviter la chienlit" des déprogrammations de rendez-vous.
Le général Patrick Marengo, maire de Royan, déplore qu'on n'ait pas fait appel à l'armée pour organiser la vaccination. "On aurait éviter la chienlit" des déprogrammations de rendez-vous. © Radio France - Julien Fleury

Sauf qu'annuler des rendez-vous pour les reprogrammer, ça fait mauvais genre, regrette le maire de Royan Patrick Marengo : "l'Etat nous a demandé très rapidement de mettre en place des structures, ce qu'on a fait. De faire prendre des rendez-vous, ce qu'on a fait. Pour nous dire au bout de 48 heures : stop, arrêtez tout !" 

Patrick Marengo ne peut s'empêcher une référence à sa carrière de général dans l'armée de terre : "on aurait mis le système de santé des armées en charge de cette organisation, ça n'aurait pas été cette chienlit, et cette pagaille..."

Un bâtiment situé à l'extérieur de l'hôpital de Royan a été choisi pour accueillir le centre de vaccination. Le principe est celui de la "marche en avant" pour éviter des croisements inutiles.
Un bâtiment situé à l'extérieur de l'hôpital de Royan a été choisi pour accueillir le centre de vaccination. Le principe est celui de la "marche en avant" pour éviter des croisements inutiles. © Radio France - Julien Fleury

Bientôt de nouveaux créneaux

Un faux-départ en passe d'être réparé. Les nouveaux rendez-vous vont pouvoir rouvrir prochainement. Et tant mieux pour Marie-Christine, à l'accueil de la Cara, où elle reçoit beaucoup de patients pressés, sur place ou par téléphone : "on essaie de les rassurer, parce qu'il y a beaucoup d'anxiété. On sent qu'il y a une urgence !"

Confirmation à l'hôpital de Royan, qui anime l'un des deux centres de vaccination du Pays royannais - l'autre est à la clinique Pasteur. A elles deux, ces structures réalisent 200 injections par jour. Mais pourraient faire beaucoup plus.

Des centres de vaccination au ralenti

La livraison quotidienne de vaccins Pfizer-BioNTech à la pharmarcie de l'hôpital de Royan.
La livraison quotidienne de vaccins Pfizer-BioNTech à la pharmarcie de l'hôpital de Royan. © Radio France - Julien Fleury
Seuls 14 flacons de vaccin sont disponibles à l'hôpital de Royan pour la vaccination de ce lundi. Soit 84 doses.
Seuls 14 flacons de vaccin sont disponibles à l'hôpital de Royan pour la vaccination de ce lundi. Soit 84 doses. © Radio France - Julien Fleury

90 doses injectées ce vendredi à l'hôpital de Royan, calcule Christian Queval, médecin retraité de retour au travail pour cette campagne de vaccination. "On pourrait monter jusqu'à 130 injections par jour, avec trois médecins au lieu de deux, on le ferait sans problème" assure le retraité volontaire. "L'équipement est prêt, et on ne demande qu'à travailler. Oui c'est un peu frustrant."

L'espoir des prochains jours, c'est de voir débuter la vaccination dans les cabinets de médecins et les pharmacies, mais uniquement pour des personnes de 50 à 64 ans présentant des morbidités. Pour les 65-75 ans, oubliés pour l'instant par cette campagne de vaccination, le gouvernement demande de patienter d'ici à fin mars. Et l'augmentation des livraisons de Pfizer et Moderna. En attendant l'arrivée d'autres vaccins.

Lettres de remerciements de personnes âgées vaccinées à l'hôpital de Royan. Le centre de vaccination a recensé très peu d'effets secondaires, et aucun cas grave avec le vaccin Pfizer-BioNTech.
Lettres de remerciements de personnes âgées vaccinées à l'hôpital de Royan. Le centre de vaccination a recensé très peu d'effets secondaires, et aucun cas grave avec le vaccin Pfizer-BioNTech. © Radio France - Julien Fleury
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