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Santé – Sciences

A Saint-Denis, l'hôpital prend aussi en charge la précarité

vendredi 29 juin 2018 à 12:44 Par Rémi Brancato, France Bleu Paris

L'hôpital Delafontaine à Saint-Denis ouvrira en septembre une "maison des usagers" pour offrir des services et de l'information aux patients et à leur famille. Avec 34% de patients en "grande précarité", l'hôpital prend déjà en charge les problèmes sociaux de nombreux malades.

Le service social de l'hôpital Delafontaine, à Saint-Denis
Le service social de l'hôpital Delafontaine, à Saint-Denis © Radio France - Rémi Brancato

Saint-Denis, France

C'est un hôpital située dans une des zones les plus pauvres de France : le centre hospitalier Delafontaine à Saint-Denis. Ce jeudi, il a inauguré sa "maison des usagers" qui ouvrira en septembre. Ce lieu d'accueil de 75 m² proposera des informations, des services et des animations aux patients et à leur famille, à proximité du hall d'entrée de l''établissement. Un lieu pour aider les patients, souvent précaires, dans cet hôpital où 34% des malades sont en situation de "grande pauvreté", indique la direction. L'établissement propose d'ailleurs déjà depuis des années un accompagnement social important, avec 28 assistantes sociales dans ses murs, chargés de l'accompagnement des malades.

Des associations pour briser la barrière de la langue

Dans cette nouvelle "maison des usagers" seront organisés des ateliers, des animations et les usagers pourront trouver des informations auprès d'associations et de représentants de mutuelles. Un salarié y travaillera aussi à mi-temps. "On aura aussi des permanences d'une association qui s'intéresse aux personnes roumaines, quelqu'un qui fera une permanence pour les personnes parlant Bengali : cela va créer du lien" se réjouit Régis Cohen, médecin endocrinologue à l'hôpital et qui a participé au projet. 

La maison des usagers va donc aider à briser la barrière de la langue, importante avec les populations migrantes et primo-arrivantes, nombreuses à Saint-Denis. "On se retrouve confronté à des personnes à qui on ne peut même pas expliquer leur maladie et leur traitement" regrette Régis Cohen.

90 demandes à la sécurité sociale par semaine pour ouvrir des droits

Ainsi, dans le cadre de l'accompagnement social proposé par l'hôpital, sur les 28 assistantes sociales (le nombre le plus important dans un établissement français) 24 travaillent dans le service de Caroline Barbereau, qui assure notamment une permanence d'accès aux soins (PASS). La PASS formule chaque semaine 90 demandes d'ouvertures de droits à la sécurité sociale, pour des patients qui ne sont pas couverts. "La plupart n'ont même pas connaissance de l'aide médicale, ils viennent se faire se soigner, on leur demande de payer et donc ils arrivent au service social" explique Caroline Barbereau.

2 millions d'euros de créances en 2017 faute de couverture sociale des patients

"On les soigne quoi qu'il arrive, on les soigne d'abord et on fait les papiers après" rassure la directrice de l'hôpital Yolande Di Natale, qui précise néanmoins que ces situations ont un coût financier pour l'établissement. "L'année dernière c'est 2 millions d'euros pour lesquels nous n'avons pas eu de recouvrement, puisque les ouvertures de droit des patients sont intervenus après leur prise en charge, et sans effet rétroactif" détaille-t-elle. Depuis début janvier, 157 dossiers de patients n'ont toujours pas été payés, faute d'ouverture de droit par la sécurité sociale.

ECOUTER - Yolande Di Natale, directrice de l'hôpital de Saint-Denis

Des cancers en phase terminale détectés aux urgences

Et cet éloignement du système de soins crée d'énormes problèmes de santé. "Il y a beaucoup de populations qui, malheureusement, n'ont pas eu accès aux soins et qui arrivent dans des situations très très dégradées" détaille ainsi Yolande Di Natale : "on a beaucoup de gens qui arrivent aux urgences et qui décèdent dans les quatre jours et demi après un diagnostic de cancer". 

Dans sa maison des usagers, l'hôpital entend donc travailler sur la prévention, afin d'inciter les patients à se soigner, notamment via la médecine de ville, pour éviter ces situations d’extrême urgence.

ECOUTER - L'hôpital de Saint-Denis prend aussi en charge les problèmes sociaux