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Dossier : Coronavirus Covid-19

À Saint-Étienne, le personnel soignant manifeste pour que le Segur de la santé débouche sur du concret

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Par , France Bleu Saint-Étienne Loire

Ils étaient quelques dizaines de médecins, d'infirmiers et d'aides-soignants à manifester ce mardi 2 juin à l'appel des syndicats CGT et FO devant le CHU de Saint-Etienne. Une mobilisation qui sera répétée tous les mardis afin que le Segur de la santé débouche sur des résultats concrets.

Quelques dizaines de médecins, d'infirmiers et d'aides-soignants se sont mobilisés mardi 2 juin devant le CHU de Saint-Etienne pour que le Segur de la santé débouche sur du concret.
Quelques dizaines de médecins, d'infirmiers et d'aides-soignants se sont mobilisés mardi 2 juin devant le CHU de Saint-Etienne pour que le Segur de la santé débouche sur du concret. © Radio France - Julien Gonzalez

"Mardi de la colère" devant le CHU de Saint-Etienne. Ils étaient quelques dizaines de médecins, d'infirmiers et d'aides soignants à manifester ce mardi 2 juin à l'appel des syndicats CGT et FO. Une opération qui sera répétée tous les mardis jusqu'aux conclusions du Segur de la santé. 

Le Segur de la santé, c'est cette grande concertation au ministère de la Santé lancé le 25 mai avec les professions soignantes. Mais Nicolas Moulin, infirmier en service de psychiatrie au CHU de Saint-Etienne, est pessimiste : il redoute que ce soit surtout un gros coup de communication de l'Exécutif avec peu de concret à l'arrivée. 

"Le Segur de la santé, ça va être une chambre d'enregistrement !" - Nicolas Moulin, infirmier en service de psychiatrie au CHU de Saint-Etienne

Nicolas Moulin, infirmier en service psychiatrie au CHU de Saint-Etienne, redoute que le Segur de la santé lancé par l'Exécutif ne soit que des effets d'annonces et ne débouche sur rien de concret.

"C'est une immense mascarade : on va le sortir fin juillet, s'il sort à l'heure, en plein mois des vacances. Et puis d'ici là, avec un peu de chances je veux dire ironiquement, il va se passer une autre catastrophe et l'actualité va en chasser une autre. Donc ça sera fini après. Déjà dans les négociations, il y a toujours une contrepartie. Alors là, ce n'est même pas une négociation, c'est une consultation. Ils organisent ça avec des gros effets de communication, avec 300 organisations, associations et collectifs. On s'aperçoit déjà que tout le monde n'a pas la parole et n'aura pas son mot à dire. Cela va être une chambre d'enregistrement ! Aujourd'hui, on arrive à un tel état de délabrement de l'hôpital public que c'est plus possible de négocier quoi que ce soit : si c'est augmenter les salaires de telle ou telle catégorie professionnelle au détriment d'une autre, c'est non. Et surtout, il faut remettre au centre des débats le soin et le patient." 

Pendant plus de deux mois à 20 heures, le personnel soignant a été applaudi tous les soirs par les Français, il a été en première ligne face au Covid-19. Mais aujourd'hui, il redoute d'être oublié par le gouvernement et de ne pas être pris en considération avec de vrais changements à la clé. D'où l'importance d'être mobilisés comme le raconte le Dr Elisabeth Rivollier, médecin au CHU de Saint-Etienne. 

"On ne veut pas être des héros, nous voulons simplement être reconnus, avoir des moyens et être écoutés ! " - Elisabeth Rivollier, médecin au CHU de Saint-Etienne

Elisabeth Rivollier, médecin au CHU de Saint-Etienne, attend de l'Exécutif que toutes les professions de santé reçoivent des moyens et soient prises en considération.

"Pendant le Covid, les soignants sont venus sur le devant de la scène mais finalement c'était une parenthèse : on ne nous écoutait pas avant et de nouveau, on ne nous écoute pas. Cela a été une parenthèse où les soignants sont montés au charbon mais le Covid fini, les mouvements de solidarités qui ont pu exister entre les équipes sont terminés et là on rentre dans notre quotidien et dans l'ambiance habituelle. On ne veut pas être des héros, on ne veut pas être applaudis, parce que nous avons choisi ce métier. Nous voulons simplement être reconnus, avoir des moyens et être écoutés." 

Et parmi les exigences du personnel soignant figure en particulier une hausse des salaires. Le 15 mai dernier, l'Exécutif a signé un décret pour "la prime Covid" pouvant atteindre jusqu'à 1500 euros pour les soignants travaillant dans les départements les plus touchés. Mais pour Nicolas Moulin, il faut aller beaucoup plus loin : il faut une revalorisation des rémunérations de tout le personnel soignant ainsi qu'une hausse des budgets alloués à l'Hôpital.  

"Comme le Smic a augmenté, mécaniquement,  il y a une cotation qui se charge de rattraper la différence parce que sinon il y a des gens à l'hôpital qui ne seraient même pas payés au Smic !" - Nicolas Moulin, infirmier en service de psychiatrie au CHU de Saint-Etienne

Pour Nicolas Moulin, il faut une revalorisation des salaires de l'ensemble du personnel soignant ainsi qu'une hausse des investissements de l'Etat pour l'Hôpital.

"La prime Covid, elle existe, les décrets sont parus : on ne va pas se mentir, tout le monde va la prendre cette prime parce qu'il y en a besoin. Mais cela ne va pas régler le fond du problème. Moi actuellement, ça fait 15 ans que je travaille à l'hôpital public, je suis à 80% parental et je touche 1700 euros. Je pense aussi à mes collègues qui gagnent moins que moi, qui rentrent à l'hôpital, moi je suis catégorie A. Il y a des gens qui sont rentrés à l'hôpital, comme le Smic a augmenté, mécaniquement,  il y a une cotation qui se charge de rattraper la différence parce que sinon ils ne seraient même pas payés au Smic. Il faut une vraie revalorisation pour pouvoir prendre en soin les patients dignement, humainement. Parce que des conditions de travail, qui sont donc salariales mais aussi les conditions de travail sur le terrain, découlent la manière dont on travaille. On aime notre métier, on n'aime pas la manière dont on veut nous le faire faire". 

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