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Santé – Sciences

On a testé pour vous le premier cabinet de télémédecine de Normandie

mercredi 28 novembre 2018 à 22:35 Par Marc Bertrand, France Bleu Cotentin, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) et France Bleu

C'est une première dans la région. Un cabinet de médecine générale par téléconsultation ouvre début décembre à Saint-Georges-de-Rouelley, un désert médical du Sud-Manche où près d'un patient sur cinq n'a plus de médecin traitant.

La patiente et son médecin dans le cabinet de téléconsultation de Saint-Georges-de-Rouelley.
La patiente et son médecin dans le cabinet de téléconsultation de Saint-Georges-de-Rouelley. © Radio France - Marc Bertrand

Saint-Georges-de-Rouelley, France

"C'est comme un vrai médecin, d'ailleurs c'est un vrai médecin", tente de se convaincre un infirmier. La table de consultation, avec son papier jetable à dérouler avant de s'asseoir est là, rassurante, comme chez le "vrai" médecin. Mais pas de bureau en acajou, ni de médecin en blouse. A la maison de santé de Saint-Georges-de-Rouelley, il n'y a qu'un écran fixé au mur, surmonté d'une caméra.

Il ne s'agit pas d'avoir des médecins basés dans un autre pays, ce n'est pas une centrale d'appels"

La petite commune du Sud-Manche est la première de Normandie à expérimenter la télé-médecine généraliste, c'est-à-dire la consultation médicale à distance par les moyens numériques. Un infirmier est là pour jouer les intermédiaires entre médecin et patient. Le docteur, lui, sera à Villedieu-les-Poëles : "De toutes façons pour être pris en charge par la sécu, il faut une consultation physique entre médecin et patient au moins une fois par an. Ce sont donc des particiens situés à proximité", explique Rémi Sabatier, médecin et responsable de la télémédecine au CHU de Caen. 

"La téléconsultation pour une bronchite, OK. Pas pour une appendicite"

L'infirmier dispose d'outils médicaux "connectés", par exemple un stétoscope qui enregistre en direct les pulsations cardiaques ou les bruits pulmonaires, que le médecin peut écouter dans son casque, ainsi qu'une caméra pour regarder l'intérieur de la bouche et détecter des signes d'angine.

C'est même mieux que de regarder soi-même, on peut prendre une photo et l'image est en très haute définition"

"On perd un sens : celui de la palpation. Donc on ne s'adresse pas à tous les patients. Un enfant qui vient pour une appendicite, ce n'est pas adapté. Par contre, c'est parfait pour détecter une bronchite et prescrire un traitement à distance", explique Rémi Sabatier. Le médecin peut, à distance, écrire et signer une ordonnance, ensuite imprimée par l'infirmier et remise au patient.

"Vous êtes ouverts le week-end ?"

Les habitants sont circonspects. Ici, beaucoup sont âgés, 12% de la population a plus de 75 ans, c'est trois points de plus que la moyenne normande. Et presque un patient sur cinq n'a pas de médecin traitant. Ce sont ces patients esseulés qui seront accueillis en priorité. "Il y a des patients qui ont des maladies chroniques et les médecins alentours ne peuvent pas les prendre. On va les voir arriver aux urgences avec des pathologies graves parce qu'ils n'ont pas consulté depuis deux ou trois ans", s'alarme Rémi Sabatier. 

Est-ce que la téléconsultation est un pis-aller par rapport au présentiel ? Je ne sais pas. Ce qui est sûr c'est qu'on ne peut pas laisser les patients sans médecin"

Les habitants ne semblent pas totalement convaincus. "Vous êtes ouverts le weekend ? Parce que c'est le weekend qu'on n'a pas de médecin", demande une dame. Ce n'est pas le cas. Deux médecins se relaient pour assurer les téléconsultations à mi-temps, quatre demi-journées par semaine. "En gros, je dois toujours aller voir mon cardiologue", répond un autre. 

"C'est une expérimentation", reconnaît Rémi Sabatier : "On va tirer des conclusions une fois le système étudié dans la pratique. Il faut notamment savoir si on gagne du temps médical avec la téléconsultation, c'est une question qui n'est pas tranchée". Le CHU de Caen va étudier le dispositif pendant un an avant d'en tirer des conclusions pour développer le dispositif ailleurs en Normandie.