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À Toulouse, la réforme de la première année de médecine ne fait pas l'unanimité

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Par , France Bleu Occitanie

Fini le "numerus clausus" pour accéder en deuxième année de médecine, place au "numerus apertus" qui permet d'augmenter le nombre de places dans les filières santé. À Toulouse, on annonce plus de 2.400 postulants pour seulement 330 places disponibles. Les étudiants accusent le coup.

La réforme vise à augmenter la capacité d'accueil des étudiants en deuxième année de médecine
La réforme vise à augmenter la capacité d'accueil des étudiants en deuxième année de médecine © Maxppp - Romain Boulanger

La nouvelle réforme d'accès à la médecine fait polémique. Finie la filière PACES qui n'existe plus, on parle désormais de parcours d’accès spécifique santé (PASS) et la licence accès santé (LAS). Ils prévalent pour accéder aux filières médicales : médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie. 

On ne parle également plus du numerus clausus mais du numerus apertus. Il a pour objectif d'élargir au plus grand nombre l'accès aux facultés de médecine et donc, augmenter le nombre de place en deuxième année de médecine. Une réforme qui doit notamment former nos futurs professionnels de santé en fonction des besoins dans nos régions.

Les étudiants dans l'incompréhension

Trois étudiants en première année de médecine à Toulouse ont accepté de témoigner anonymement sur la réforme et le nombre de places.

"La réforme est handicapante. Comparé à avant, il y a eu beaucoup plus de matières au premier semestre, c'est trop chargé. Etant donné que nous avons quatre spécialités (médecine, maïeutique, odontologie, pharma) à travailler, on se retrouve sur une année plus courte qu'avant, avec plus de cours !", déplore Alexandre*.

"Les redoublants nous prennent des places !"

"Pour le nombre de places, quand je l’ai vu, j’étais énervé sur le coup car on nous a dit en début d’année qu’on ne serait pas comparé aux redoublants or d’une certaine façon, on l’est puisque ils prennent des places qui du coup ne sont pas disponibles pour nous. Je comprends le fait qu’on laisse une deuxième chance mais pas le fait que ça nous prive", se plaint Julien*.

De son côté, Eline* espère comme les 2.431 postulants entrer en deuxième année de médecine. Elle accueille très mal la réforme et elle en veut à l'université sur son manque de communication : "Les mails qu’on nous a donné ou le forum pour poser des questions ne sont ni utiles, ni satisfaisants. J’attends toujours une réponse depuis un mois pour une question posée par mail et deux-trois semaines pour d’autres poser sur le forum en lien avec la réforme".

Les parents montent au créneau 

Depuis plusieurs mois, des parents d'enfants en étude de santé ont créé le collectif PASS/LAS, en référence à ces nouveaux parcours de santé. Eric* fait partie du collectif et sa branche toulousaine : "Ma fille a toujours voulu devenir médecin. J'ai l'impression qu'on lui met des bâtons dans les roues. Ils n'ont pas le temps de contester cette réforme et le manque de places alors on se mobilise pour eux. 

éJ'ai peur que ma fille et sa promo 2020-2021 en première année de médecine fassent partie de la génération sacrifiée.é

Elie Serrano, doyen de la faculté de médecine de Rangueil a reçu ces dernières semaines plusieurs alertes. Il reconnaît ce manque de clarté sur la réforme et une communication perturbée par le Covid-19 et les cours à distance : "Les dysfonctionnements que nous avons connus vont disparaître dans les mois à venir. Il faut laisser le temps à la réforme de s’implanter en région mais qu’on ne s’y trompe pas, grâce à la fin du numerus clausus, Rangueil a déjà gagné 50 places".

éOn espère avoir 400 étudiants en deuxième année de médecine dans les année à venir.é — Elie Serrano, doyen de la faculté de médecine de Rangueil

Cette année, la faculté de médecine de Rangueil est passée de 280 à 330 places en deuxième année de médecine.

L'ARS promet que les problèmes vont se régler progressivement

De son côté, l'Agence régionale de santé (ARS) explique que la situation va s'améliorer progressivement. Interrogé sur France Bleu Occitanie ce mardi matin, Pascal Durand (en charge du dossier à l'ARS) a d'abord rappelé l'histoire de la réforme : "Ce numerus clausus était défini nationalement, sans discussion avec les acteurs nationaux et les besoins de la population."

"Ce chiffre sera désormais travaillé au niveau régional avec les ARS, les facultés de médecine, et les professionnels de santé". Il rappelle que l'objectif est d'augmenter ce chiffre d'environ 25% d'ici cinq ans.

Mais il explique que "les objectifs vont se faire progressivement" car derrière le nombre d’étudiants à augmenter, il y a aussi le nombre d’enseignants, et les moyens qui vont avec. Il insiste cependant sur le fait que les études de médecine "resteront avec un accès sélectif". Sur le fond, il rappelle combien ce numerus apertus est nécessaire, particulièrement en Occitanie : "On fait partie de ces régions où les besoins de santé vont augmenter", avec le vieillissement de la population, mais aussi sous l’effet démographique.

Alors que les professionnels de santé vieillissent également : "il n’est pas rare de trouver des spécialités où il y a 50% de départs à la retraite d’ici cinq ans".

*Les prénoms ont été changés

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