Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Santé – Sciences

À Toulouse, une formation camisole sous forme d'escape game passe mal à l'hôpital psychiatrique Marchant

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Occitanie

Le syndicat SUD de l'hôpital psychiatrique Gérard Marchant à Toulouse alerte sur le caractère "choquant" d'une formation aux soins de contention proposée par la direction sous forme d'escape game. La direction a choisi de la suspendre jusqu'à nouvel ordre.

Un projet de formation à la contention sous forme d'escape game a fait réagir le syndicat SUD à l'hôpital psychiatrique Gérard Marchant à Toulouse (photo d'illustration).
Un projet de formation à la contention sous forme d'escape game a fait réagir le syndicat SUD à l'hôpital psychiatrique Gérard Marchant à Toulouse (photo d'illustration). © Maxppp - PHOTOPQR/LE TELEGRAMME

Toulouse, France

"Vous devez trouver la clé qui ouvrira le cadenas de la contention d'une patiente (à l'aide d'énigmes successives) !", indique la petite affichette collée aux murs des services concernés de l'hôpital Gérard Marchant, ces derniers. 

Cet escape game (jeu durant lequel un groupe de participants doivent répondre à des énigmes successives pour trouver la sortie, NDLR) est une formation obligatoire de 45 minutes qui a été présentée à un certain nombre d'agents hospitaliers, formation professionnelle sur le thème de la contention (qu'on a souvent résumée à la camisole), prescrite aux patients qui ont besoin d'être protégés d'eux-mêmes. 

La direction de l'hôpital assure que plus de 137 agents y étaient inscrits.

La psychiatrie, elle aussi, utilise les nouveaux outils pédagogiques précise la direction de l'hôpital

"Quand on contentionne un patient, c'est souvent le moment le plus difficile pour les patients parce qu'on n'arrive pas à s'occuper correctement d'eux", raconte Loïc Brelier, aide-soignant depuis 11 ans à l'hôpital psychiatrique toulousain. "C'est un chose qui est compliquée pour eux et pour les soignants. Quand on ramène ça en rentrant le soir à la maison, on se dit qu'on aurait peut-être pu faire autrement" poursuit-il, choqué d'avoir vu passer la formation en question.

Cette affichette présentant une formation contention prévue à la fin du mois a heurté un certain nombre d'agents hospitaliers. - Aucun(e)
Cette affichette présentant une formation contention prévue à la fin du mois a heurté un certain nombre d'agents hospitaliers.

"La contention comme l'isolement soulèvent de nombreuses représentations négatives, répond la direction de l'hôpital Gérard Marchant, dans un communiqué. Le plan de formation est centré sur la sécurité des soins et la gestion des risques ainsi que sur l'acquisition des bonnes pratiques soignantes."

Elle ajoute que depuis plusieurs années, la psychiatrie s'est saisie de nouveaux outils pédagogiques et que l'escape game s'inscrit dans ces nouvelles méthodes. "Il y a eu une incompréhension sur l'outil, précise le docteur Radoine Haoui, le président de la commission médicale d'établissement. Nous avons décidé de suspendre cette formation parce qu'elle mérite davantage de pédagogie." Il insiste aussi sur le fait que tous les sujets, y compris les plus tabous, ont besoin d'être travaillés dans les équipes, via les outils actuels de formation, "pour combattre certaines représentations sociales qui y sont associées". 

Mais, il n'en demeure pas moins que cette idée a suscité "un émoi sur les personnels", selon Guillaume Lahellec, le secrétaire du syndicat Sud Santé Sociaux de l'hôpital. "La contention est quelque chose qui devrait rester marginal et qui l'est de moins en moins parce qu'on est de moins en moins nombreux à pouvoir accompagner les patients", précise l'infirmier, qui regrette une forme de banalisation de cette pratique "de dernier recours".

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu