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Santé – Sciences

Aides à l'installation des médecins : cinq fois plus de zones concernées en Île-de-France

vendredi 13 avril 2018 à 4:15 Par Rémi Brancato, France Bleu Paris

L'agence régionale de santé (ARS) d'Île-de-France vient de publier sa nouvelle carte des "zones d'intervention prioritaire" dans lesquelles les médecins peuvent percevoir des aides pour s'installer. Elles concernent désormais 37% des habitants de la région, contre 7% en 2015.

A la maison de santé de Pierrefitte-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis
A la maison de santé de Pierrefitte-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis © Radio France - Rémi Brancato

Île-de-France, France

En Ile-de-France, 37% des habitants vivent désormais dans ce qui peut être considéré comme un désert médical. L'ARS a publié le 6 mars dernier sa carte des "zones d'interventions prioritaires" (ZIP), appelées lors de la précédente carte, en 2015, "zones déficitaires" et des "zones d'action complémentaire", appelées il y a trois ans "zones fragiles". En trois ans, le nombre de zones concernées a fortement augmenté et, ainsi, 37% des habitants de la région vivent désormais dans une ZIP, contre seulement 7% dans une zone déficitaire en 2015. C'est ce classement qui permet aux médecins qui s'installent de bénéficier d'aides de l'Etat.

Les cartes des zones retenues en Ile-de-France

Les listes complètes des zones et territoires ZIP et ZAC sont à découvrir à la fin de cet article.

Des aides de l'Etat grâce au classement de l'ARS

"Il y a quelques mesures emblématiques : notamment le contrat d'aide à l’installation qui permet à un médecin qui s'installerait dans cette zone déficitaire, en groupe, de bénéficier de 50 000 euros sur deux ans" explique Pierre Ouanhnon, directeur du Pôle ambulatoire et des Services aux professionnels de santé à l'ARS. 

Le classement dans une ZIP permet aussi et surtout de débloquer les aides de l'Etat, comme le contrat d'engagement de service public. Ce dernier vise les étudiants en médecine, qui toucheront "1200 euros de bourse mensuelle pour s'installer pendant autant d'années qu'ils ont perçu cette bourse dans des territoires déficitaires", détaille encore Pierre Ouahnon.

ECOUTER - Pierre Ouanhnon de l'ARS Île-de-France

A Pierrefitte-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis, la ville était classée en zone déficitaire lors de la publication de la précédente carte. Et la municipalité PS, arrivée aux affaires en 2008, a choisi d'agir pour enrayer la diminution du nombre de médecins. "En 2008, nous avions une dizaine de médecins généralistes et la moitié avait plus de 50 ans, il y avait une alerte" se souvient Fanny Younsi, adjointe au maire en charge de la santé. Aujourd'hui, Pierrefitte compte une vingtaine de généralistes.

Une maison de santé ouverte en 2015 à Pierrefitte-sur-Seine

S'il y a plus de médecins généralistes dans la ville, c'est notamment grâce au projet de maison de santé, porté par la mairie. La ville a acheté un local au bailleur social Plaine Commune Habitat pour le louer à des médecins porteurs du projet, grâce aux aides de la région et du département. Le lieu, ouvert en 2015, compte aujourd'hui deux généralistes, un psychiatre, un pédiatre, un cardiologie, deux infirmiers et une diététicienne. "Pour la population il y a un accès facilité aux soins" se réjouit Karine Royer, médecin et directrice des services de santé de la ville de Pierrefitte.

ECOUTER - Le reportage de Rémi Brancato à la maison de santé de Pierrefitte-sur-Seine

Mais pour Mireille Parent, qui co-dirige ce lieu depuis trois ans, après plus de trente ans d'exercice dans la commune, les aides débloquées par le classement en zone déficitaire par l'ARS n'ont pas été déterminantes pour concrétiser le projet. "Ce ne sont pas les aides de l'ARS qui permettent de s’installer : pendant 36 ans, je n'ai pas touché la moindre aide, parce que j'étais seule, ce qui est aussi un non-sens" estime-t-elle. 

Aujourd'hui, grâce à un exercice groupé, elle perçoit avec ses collègues une prime annuelle de l'ARS, correspondant à 10% du montant des actes effectués l'année précédente. Mais l'aide à l’installation informatique s'est faite attendre : Mireille ne l'a perçue qu'un an et demi après l'ouverture. 

ECOUTER - Mireille Parent estime que les aides de l'ARS ne sont pas assez incitatives

La concurrence des zones franches

Enfin, selon elle, les zones déficitaires, aujourd'hui ZIP, souffrent surtout d'une concurrence déloyale : "dans les zones franches les aides sont très supérieures, puisqu'on ne paie pas de charges pendant cinq ans : c'est incitatif" explique Mireille Parent.

Les ZIP et les ZAC en Ile-de-France 

Les Zones d'intervention prioritaire

Les Zones d'action complémentaire