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Airbus chargé de rapporter des échantillons de Mars sur Terre, Objectif Lune pour Thalès

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Par , France Bleu Occitanie, France Bleu

L'Agence spatiale européenne confie à Airbus la mission de rapporter dans les 10 ans les premiers échantillons de Mars sur Terre. Thalès Alenia Space décroche de son côté un contrat vers le retour de l’homme sur la Lune en 2023.

La sonde ERO, six tonnes et six mètres de haut devra récupérer en orbite les échantillon de sol lunaire
La sonde ERO, six tonnes et six mètres de haut devra récupérer en orbite les échantillon de sol lunaire - @Airbus

Alors que le secteur aéronautique est à la peine, l’industrie spatiale européenne semble traverser la crise sans encombre : elle décroche deux gros contrats. L’Agence spatiale européenne (ESA) a confié à Airbus la mission de rapporter des échantillons martiens sur Terre d’ici 10 ans, tandis que Thalès Alenia Space décroche le contrat de la future station spatiale en orbite lunaire, vers un retour des hommes sur la Lune à l’horizon 2023.

Premier aller et retour entre la Terre et Mars

Rapporter des échantillons de la planète Mars sur Terre, c’est le programme de cette mission "Mars Sample Return" pilotée par la Nasa et l’Agence spatiale européenne, qui a choisi le groupe Airbus pour ce défi technologique. Airbus doit concevoir un vaisseau spatial chargé de récupérer ces échantillons martiens pour les ramener sur Terre. Le décollage doit avoir lieu en 2026 et le retour sur Terre en 2031.

Le plus grand vaisseau jamais construit

La mission débutera en 2026 avec le lancement sur une fusée Ariane de ce cargo de _"six tonnes et six mètres de haut_, équipé de panneaux solaires de 144 mètres carrés avec une portée de plus de 40 m." "C'est le plus grand jamais construit", indique Airbus dans un communiqué en précisant que ce voyage durera "environ un an".

Un ballon de foot récupéré en orbite

Un aller et retour de la planète Mars, c’est un vrai défi, explique Olivier Sanguy, médiateur scientifique à la Cité de l’espace de Toulouse.

Olivier Sanguy de la Cité de l'Espace - un défi inédit , aller et revenir de Mars

"Ce sera le premier vaisseau qui va faire un aller-retour, qui va faire Terre-Mars, et de Mars va revenir vers la Terre. On a envoyé des sondes vers Mars, des rovers sur la surface de Mars, mais ce qu’on a jamais fait, c’est ce vaisseau qui fait un aller-retour. Ces échantillons de roches et de sol martien vont être prélevés par le rover américain Perseverance qui a décollé en juillet et doit arriver en février 2021. Puis un autre vaisseau va amener un autre rover qui va récupérer les échantillons dans 36 tubes scellés sur la surface de mars. Ces échantillons seront envoyés sur orbite. Le vaisseau Airbus va saisir sur orbite ce réceptacle de la taille d’un ballon de football, et le ramener vers la Terre, où il sera expédié dans l’atmosphère terrestre, pour se poser en parachute. Il sera mis en quarantaine avant d'être ouvert  pour des analyses scientifiques."

La mission devrait durer cinq ans, indique le groupe Airbus. La valeur du contrat de l’ERO s’élève à 491 millions d’euros.

Thalès décroche la lune

La participation européenne au programme lunaire américain Artemis, qui doit voir le retour de l’homme sur la Lune en 2024, se concrétise par la signature d'un contrat avec Airbus pour la construction du troisième module de service européen du véhicule spatial américain Orion, d'un projet d'atterrisseur lunaire, EL3. 

Lancé par Ariane 6, il sera chargé de transporter "jusqu'à 1,7 tonne de fret vers n'importe quel endroit de la surface lunaire", selon Airbus. Trois à cinq missions sont prévues par l'ESA. Le projet lunaire prévoit également la construction d'une station spatiale, la "Lunar Gateway". Elle servira de laboratoire et de point d'étape pour les astronautes en route vers la Lune. Plus petite que la station spatiale internationale (ISS), elle n'a pas vocation à être occupée de façon permanente mais pourra accueillir jusqu'à quatre astronautes.

Thales Alenia Space, spécialisé dans les modules spatiaux pressurisés, a été chargé de développer le module d'habitation I-HAB de cette station. La première tranche du contrat signé par l'ESA pour ce module s'élève à 36 millions d'euros pour un montant global de 327 millions, précise la société commune entre le français Thalès et l'italien Leonardo. Thalès est également chargé de la conception du module Esprit de communication et de ravitaillement de la future station. Le contrat, qui doit être formellement notifié prochainement, s'élève à 295 millions d'euros.

L’Europe spatiale sur un petit nuage

La future sonde ERO chargée de ramener les échantillons de Mars sur Terre sera conçue à Toulouse. L’Europe spatiale européenne montre sa capacité à relever le défi de la conquête de Mars, aux côté des Américains, estime Stéphane Barenski, le rédacteur en chef du magazine Aérospatium. 

Stéphane Barenski - rédacteur en chef "Aerospatium" - "l'Europe au cœur des missions spatiales"

"Nous avons les compétences pour mettre autour de mars une sonde qui sera capable de récupérer les échantillons qui ont été lancés depuis la surface de mars, les mettre dans une petite capsule et les ramener vers la Terre. Ces contrats vont nous permettre de conserver nos compétences, vous imaginez bien que des missions comme ça, il n’y en a pas tous les ans. On va donc pouvoir garder des compétences qu’on a acquises de haute lutte en Europe. Des gens ne quitteront pas leur emploi chez Airbus et Thalès. Pour les missions vers la Lune, il y a une compétence en Europe sur les modules pressurisés, ces sortes de bidons dans lesquels les gens réussissent à vivre. Cette compétence, on la développe depuis les années 70, à tel point qu'aujourd’hui, quand les Américains en ont besoin, y compris sur des programmes américains, ils viennent chercher les Européens."

"Ces contrats représentent le maximum de ce que peut faire l’esprit humain en matière technologique" – renchérie Olivier Sanguy de la Cité de l’Espace – "outre le retour Terre Mars qui n’a jamais été fait, c’est une première, l’Europe va fabriquer des modules qui vont abriter des astronautes autour de la Lune, le vol habité est une des disciplines les plus exigeantes du spatial. L’Europe est au cœur des projets spatiaux les plus avancés."

Choix de la station

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