Santé – Sciences

Allergies aux pollens en Seine-Maritime et dans l'Eure : prévenir plutôt que guérir

Par Clémentine Vergnaud, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) samedi 18 mars 2017 à 9:55

En France, environ 1 personne sur 5 est allergique au pollen. Photo d'illustration
En France, environ 1 personne sur 5 est allergique au pollen. Photo d'illustration © Maxppp - Jean-Yves Desfoux

Comme chaque année au printemps, les pollens arrivent progressivement en Seine-Maritime et dans l'Eure. Et avec eux, les traditionnelles allergies : yeux qui piquent, gorge qui gratte, nez qui coule. Un français sur cinq serait touché. Des symptômes qui peuvent être réduits avec de la prévention.

C'est le mal qui débarque chaque année avec le printemps à la mi-mars : les allergies au pollen. Chaque année, environ 1 français sur 5 est affecté et selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS) c'est la 4e maladie mondiale. Au menu : nez qui coule, gorge qui gratte, yeux qui piquent.

Avec le début de la pollinisation, la Seine-Maritime et l'Eure sont en risque "moyen" selon le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA). Ce sont notamment les cyprès et les aulnes qui commencent à produire du pollen. Une concentration qui reste dans la moyenne pour la saison mais ça suffit à toucher les plus sensibles. C'est donc le moment où jamais de faire de la prévention selon les professionnels.

Plus on attend, plus on a du mal à traiter les symptômes

Assise dans le jardin des plantes de Rouen, Mohana prend le soleil en cette mi-mars ensoleillée. La jeune femme de 27 ans profite des premiers vrais rayons de soleil du printemps et surtout du calme avant la tempête de symptômes allergiques.

"Une conjonctivite, me moucher, éternuer, bref un bon gros rhume des foins !", détaille-t-elle. Après 20 ans d'allergie au pollen, la rouennaise n'est toujours pas une adepte de la prévention : "J'ai été désensibilisée pendant cinq ans, ça a pas mal aidé et puis dix ans après ça recommence gentiment donc je prends des petits traitements quand ce sont les périodes les plus propices mais j'avoue que je n'anticipe pas."

Pourtant, le meilleur moyen d'enrayer une allergie au pollen c'est de la traiter préventivement, avant même l'apparition des symptômes selon Emmanuelle Duvet, pharmacien dans le quartier Saint-Sever de Rouen : "Plus on est allergique, plus la réaction est importante donc il vaut mieux prendre un traitement pour diminuer les symptômes et se désensibiliser. Les patients ont aussi tout intérêt à mettre en place un traitement de fond, homéopathique par exemple, parce que plus on attend plus on a du mal après à traiter les symptômes."

Les pollens d'arbres commencent à se diffuser sur tout le territoire mais la Seine-Maritime et l'Eure sont en ce début de printemps en risque moyen. - Maxppp
Les pollens d'arbres commencent à se diffuser sur tout le territoire mais la Seine-Maritime et l'Eure sont en ce début de printemps en risque moyen. © Maxppp - Ph Arnassan

Commencer à prendre un traitement avant même l'apparition des symptômes, une méthode relativement efficace mais pas suffisante pour le docteur Bernard Dollois, allergologue et référent du RNSA à Rouen.

"La prise d'antihistaminique peut permettre de bloquer les récepteurs des allergènes et donc avoir des symptômes un peu moins important mais la meilleure des préventions c'est encore la désensibilisation", explique le spécialiste.Or, cette désensibilisation, pour être d'une efficacité optimale, doit être réalisé à l'automne précédent la saison des pollens.

"La prévention se fait largement en amont, on ne peut plus envisager à la mi-mars de désensibiliser les patients aux pollens pour qu'ils passent une meilleure saison. Maintenant on doit attendre l'automne pour faire une désensibilisation en vue de la saison 2018", précise le docteur Bernard Dollois.

Une saison des allergies de plus en plus longue

Le meilleur remède pour les personnes allergiques reste donc la patience puisque la saison se termine à la fin de l'été voire parfois au début de l'automne. C'est d'ailleurs un phénomène qui tend à se prolonger dans le temps depuis plusieurs années.

"Ça commence de plus en plus tôt et ça finit de plus en plus tard", souligne le docteur Bernard Dollois, "Avant, les graminées c'était vers mai ou juin, maintenant ça commence en avril, les pollinoses d'arbres se font avant et on a des pollinoses de graminées qui durent jusqu'au début de l'automne alors qu'avant ça durait deux mois et demi dans l'année et le problème était réglé."

Un phénomène qui tend à s'expliquer à la fois par le climat et la pollution selon l'allergologue. "C'est peut-être le réchauffement climatique. La pollution rend aussi les pollens plus allergisants et ça crée des symptômes qui ressemblent à de l'allergie alors que les tests sont négatifs. Ça change la donne aussi pour ceux qui sont vraiment allergiques aux pollens parce que la pollution atmosphérique renforce l'aspect allergisant des pollens", détaille le Docteur Dollois. Mais il admet que ce sont les seules pistes d'explication pour ce phénomène et que rien n'est garanti.