Santé – Sciences

Alzheimer: de l'aide pour les proches des malades

Par Élisa Brinai, France Bleu Auxerre mardi 20 septembre 2016 à 22:01

Sans aide extérieure, les conjoints des malades d'Alzheimer peuvent s'épuiser très vite, moralement et physiquement.
Sans aide extérieure, les conjoints des malades d'Alzheimer peuvent s'épuiser très vite, moralement et physiquement. © Maxppp - Dominique Gutekunst

C'est la Journée mondiale de la lutte contre la maladie d'Alzheimer. Dans l'Yonne, près de 6000 personnes en sont atteintes et elles sont très souvent prises en charge par leur famille. Des proches qui peuvent rapidement s'épuiser, s'ils ne font pas appel à une aide extérieure.

La maladie d’Alzheimer bouleverse la vie de la personne qui en est atteinte et celle de ses proches qui l'accompagnent au quotidien. Pour éviter l'épuisement physique ou psychologique, les aidants familiaux doivent eux aussi être aider. C'est le thème de la 23ème journée mondiale de la lutte contre la maladie d'Alzheimer.

S'occuper d'un proche malade à côté son travail

Environ 4 millions de personnes mènent une double vie en France: en plus de leur travail quotidien, elles doivent s'occuper durant tout leur temps libre d'un proche malade d'Alzheimer. Pendant 6 ans, Janine est allée matin et soir, avant et après son travail, rendre visiter à sa mère malade. Elle faisait 25 kilomètres supplémentaires au quotidien, pour lui apporter tous les soins. " Je lui faisais la toilette. Je lui donnais les médicaments et je préparais les repas. Je restais jusqu'au coucher", raconte-t-elle.

Dominique a longtemps fait de même et se souvient qu'elle arrivait souvent en retard au travail, ce qui l'obligeait à finir plus tard le soir. L'Auxerroise , qui travaillait en région parisienne avait même décidé d'aller s'installer chez ses parents en île-de-France, pour être au plus près de sa maman, diagnostiquée à l'âge de 80 ans. Pendant trois ans, elle ne rentrait chez elle, à Auxerre, que les week-ends.

Dominique: " pendant les vacances, mes soeurs s'occupaient de ma mère, pour me laisser souffler"

Le risque d'épuisement

Selon un sondage de l'Institut d'études Opinion Way, huit aidants familiaux sur dix rencontrent des difficultés.  La fatigue physique et morale, en plus d'abîmer leur santé, peut avoir des conséquences négatives sur leur travail : manque de concentration et d'efficacité, frein à la carrière professionnelle. La vie familiale et amicale s'en trouve également affectée et l'aidant risque de se retrouver isolé.

Le docteur Duros, les avertit donc sur les risques encourus pour leur propre santé: " Ils vont perdre les pédales, se désocialiser. Ils vont choisir de se consacrer à l'être aimé mais oublier de s'occuper d'eux-même. Le risque, c'est qu'ils se cassent la figure avant l'autre". Dans les couples de personnes âgées, notamment, il n'est pas rare que le conjoint du malade d'Alzheimer décède en premier, d'épuisement.

Aider les aidants

Les aidants doivent donc aussi se faire aider  le plus tôt possible. Sitôt après le diagnostique, conseille le docteur Duros.  Annick a découvert la maladie de son mari, il y a six mois. Elle s'est tout de suite tournée vers l'association "France  Alzheimer 89".

Annick: "la peur n'arrêtant pas le mal, il faut faire face"

L'association "France Alzheimer 89" peut orienter les malades et leurs proches vers les solutions adaptées. Des conférences sont organisées pour informer les aidants familiaux sur tous les services qui existent pour les accompagner : de l'aide à domicile, aux aides financières, en passant par les centres d'accueil de jour.  Des solutions qui offrent à la famille quelques moments de répit.

Retrouvez le site de l'association France Alzheimer 89 et toutes les informations sur les aidants, ici.

Ecoutez le reportage d'Elisa Brinai:

Alzheimer: les aidants ne s'arrêtent jamais