Santé – Sciences

Angélique, 34 ans, obèse : "On m'a traitée plus d'une fois de grosse vache, c'est très dur à entendre"

Par Aurore Jarnoux, France Bleu Loire Océan et France Bleu vendredi 19 mai 2017 à 4:00 Mis à jour le vendredi 19 mai 2017 à 10:22

Un Français sur six souffre d'obésité.
Un Français sur six souffre d'obésité. © Maxppp - Maxppp

La journée européenne de lutte contre l'obésité se déroule ce samedi. Selon une étude publiée jeudi dernier, un Français sur six souffre de cette maladie. Dans les Pays de la Loire, 11,8 % des adultes sont atteints d'obésité. C'est le cas d'Angélique. Cette Vendéenne fait tout pour s'en sortir.

"Je fais 134 kg" : la phrase est lâchée dans un souffle. Angélique, Vendéenne de 34 ans, a beaucoup de mal à s'assumer, à assumer son corps. Cela fait onze ans maintenant qu'elle souffre d'obésité.

Son calvaire a débuté en 2006, suite à une déception amoureuse. Son ami la quitte car elle a pris un peu de poids. " Il m'a dit "j'ai honte de toi", raconte cette habitante de Saint-Paul-en-Pareds, près des Herbiers. J'ai commencé à me réfugier dans la nourriture et je suis tombée en dépression."

J'ai l'impression d'être énorme, une baleine" - Angélique

Angélique se renferme alors sur elle-même. La jeune femme s'isole, ne sort presque plus de chez elle. Et elle le répète, elle mangeait n'importe quoi, "des bonbons, des gâteaux, pour moi, la seule solution, c'était la bouffe".

Et la spirale infernale continue pendant plusieurs années. "On est dans un engrenage, explique Angélique. On se dit "je suis gros, bon bah je peux continuer à manger", et après on culpabilise."

"On m'a traitée plus d'une fois de grosse vache ou de grosse patate. Je me mettais en colère, on n'a pas le droit de me traiter comme ça" - Angélique

Quand elle parle de cette période très difficile pour elle, Angélique n'arrive pas à retenir ses larmes. Encore aujourd'hui, la jeune femme brune évite les miroirs. Le regard des autres et les insultes sont dures à vivre. "Quand on te dit "t'es une grosse vache, t'as pas le droit au bonheur", quand on t'appelle mètre cube, ça détruit", lâche Angélique.

Aujourd'hui, Angélique veut avancer. Elle a repris le travail dans une structure pour personnes handicapées à Chantonnay. Mais les vieux démons sont toujours là : "j'ai tout le temps faim, c'est dur dire se dire "non je peux manger parce que sinon je vais grossir".

Un programme de réhabilitation alimentaire à La Roche-sur-Yon

Mais la jeune femme ne baisse pas les bras. Elle suit actuellement, avec treize autres personnes, un programme pour perdre du poids à la clinique Saint Charles de La Roche-sur-Yon. Trois fois par semaine, elle fait du sport, rencontre un psychologue, prend des cours de diététique. "Je veux perdre 70 kilos, explique Angélique. Je sais que ça va être très très dur mais je suis motivée."

Et sa plus grande motivation, c'est son mariage l'année prochaine avec son nouvel amoureux. "Il faut encore que je trouve une robe à ma taille", souligne Angélique dans un sourire.