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Santé – Sciences

"On arrive à un point où on met en danger les patients" : le personnel des urgences en grève en Gironde

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Par , France Bleu Gironde, France Bleu

Plusieurs services d'urgence du département rejoignent le mouvement de grève national débuté à Paris mi-avril. Aide-soignants, infirmiers et brancardiers demandent plus de moyens et plus d'effectifs pour mieux prendre en charge les patients.

Le mouvement social a débuté ce lundi à l'hôpital Saint-André de Bordeaux.
Le mouvement social a débuté ce lundi à l'hôpital Saint-André de Bordeaux. © Radio France - Marie-Jeanne Delepaul

Bordeaux, France

Le mouvement de grève débuté le 15 avril à l'AP-HP de Paris fait boule de neige partout en France. En Gironde, les personnels des urgences de l'hôpital Saint-André de Bordeaux sont en grève depuis ce lundi. Le mouvement a débuté ce mercredi au bloc opératoire de Libourne ; il démarre jeudi à l'hôpital du Haut-Lévêque de Pessac, un préavis de grève devrait être déposé ce jeudi à l'hôpital Pellegrin de Bordeaux.

"Plus le temps d'apporter un verre d'eau aux patients"

Partout, les infirmiers, brancardiers et aide-soignants demandent plus de moyens pour mieux accueillir les patients. Niels a 31 ans, il est infirmier, il travaille depuis deux ans aux urgences de Pellegrin : "On prend trop de risques, on en arrive à un point où on met en danger les soignants et les patients. On ne peut plus faire 60% de notre métier, le relationnel, car on va toujours au plus pressé et au plus pressant." "On ne peut pas faire le travail de dix personnes, on va travailler la boule au ventre" souffle un infirmier en grève à l'hôpital Saint-André.

"On va au plus pressé, au plus pressant" - Niels, infirmier aux urgences de l'hôpital Pellegrin

Les personnels en grève sont souvent assignés par la direction pour assurer le service mininmum, ils travaillent alors avec un message sur leur blouse. - Radio France
Les personnels en grève sont souvent assignés par la direction pour assurer le service mininmum, ils travaillent alors avec un message sur leur blouse. © Radio France - Marie-Jeanne Delepaul

Le nombre de patients en augmentation

Au CHU de Bordeaux, le nombre de passages aux urgences a augmenté d'1,8 % entre 2017 et 2018. 128.000 personnes y sont soignées chaque année ; parmi elles, le quart a plus de 75 ans. Face à cette hausse, cette infirmière gréviste de l'hôpital Saint-André se sent démunie : "Quand un patient demande le bassin pour satisfaire ses besoins, on n'est pas en capacité de le faire car on sait que ça va nous prendre un quart d'heure, il y a aussi les verres d'eau qu'on n'a pas le temps de distribuer ou les informations qu'on n'a plus le temps de donner aux familles."

Elle soupire : "Les urgences sont le concentré de tout ce qui ne se passe pas bien à l'hôpital. Les gens viennent aux urgences car il y a la gratuité des soins immédiate, mais nous ne sommes plus en capacité de les accueillir sereinement. Dès qu'un collègue est malade, l’administration a beaucoup de mal à le remplacer, donc on travaille souvent en sous-effectif."

"On travaille souvent en sous-effectif" une infirmière gréviste de l'hôpital Saint-André

Hausse des effectifs et prime de 300 euros par mois

Les grévistes réclament une hausse des effectifs, du matériel "adéquat et qui fonctionne" et une prime de 300 euros net par mois pour reconnaître la "spécificité du travail des urgences dans lequel le nombre de passages est en constante augmentation alors que les effectifs restent stables", détaille Niels. Suite à la multiplication des grèves, la direction assure qu'elle veut "aboutir à un consensus rapidement". Elle "fera des propositions relatives aux effectifs dans les prochains jours".

À l'hôpital Saint-André, une aide-soignante met beaucoup d'espoir dans ce mouvement de grève national : "J'ai l'impression que les services d'urgence en ont tous ras-le-bol, on a tous envie de bien faire mais on s'épuise ! Si tout le monde en France se mettait en grève, cela pourrait avoir un impact."

ECOUTEZ - Le reportage France Bleu Gironde