Santé – Sciences

Assises des sages-femmes à Strasbourg : "Cessons de considérer l'accouchement comme une maladie"

Par Olivia Cohen, France Bleu Alsace et France Bleu Elsass vendredi 19 mai 2017 à 1:14

Les sages-femmes appellent à porter un autre regard sur l'accouchement et l'allaitement
Les sages-femmes appellent à porter un autre regard sur l'accouchement et l'allaitement © Maxppp -

Malgré des compétences poussées, sage-femme reste un métier mal connu du grand public : à l'occasion des assises nationales à Strasbourg qui se déroulent du mercredi 17 au vendredi 19 mai, ces professionnelles appellent à considérer l'accouchement non comme une pathologie mais comme un acte naturel.

À l'occasion des trois jours d'assises nationales des sages-femmes qui se déroulent jusqu'à ce vendredi 19 mai au Palais des congrès de Strasbourg, la profession, pas toujours bien connue du grand public, dresse un bilan : de plus en plus de sages-femmes exercent en libéral et non plus seulement en hôpital, ce qui leur permet de se faire connaître et surtout, d'établir un véritable suivi tout au long de la grossesse de leurs patientes comme l'explique Marie-Christine Leymarie, directrice de l'école de sage-femme de Clermont Ferrand :

En milieu hospitalier, les sages-femmes sont noyées parmi les blouses blanches et confondues avec les infirmières. Notre rôle est d'établir un lien avec la future mère, nos compétences chirurgicales et physiologiques nous rendent autonomes par rapport au médecin.

Accoucher à domicile ou en maison de naissance avec l'aide d'une sage-femme représente des économies pour l'assistance publique, mais pousse à poser un autre regard sur cet acte, rappelle Claude Doyen, directrice de l'école de Strasbourg : "Il faut cesser de considérer l'accouchement comme une maladie, qui relève du milieu hospitalier. Les maisons de naissance sont de plus en plus demandées et elles bien plus répandues dans beaucoup de pays européens. Chez nous, en Alsace, avant que celle de Sélestat n'ouvre, les femmes étaient obligées de se rendre dans les maisons de naissance allemandes ou de faire appel à des sages-femmes allemandes, mieux formées que nous à des méthodes alternatives à la péridurale."

Autre enjeu essentiel pour ces assises : promouvoir l'allaitement maternel sans pour autant culpabiliser les réticentes. Après l'apogée du biberon, l'allaitement, même s'il n'est pas toujours bien perçu sur la voie publique, a le vent en poupe, se réjouit Marie-Christine Leymarie :

Actuellement, le taux d'allaitement est de 56% en France, mais cela semble très peu par rapport à certains pays d'Europe du Nord où le taux est de 90%. Si l'on veut généraliser les bienfaits de l'allaitement, il faut adapter les crèches et allonger les congés maternité.

Pour certaines femmes, il n'est pas toujours simple d'allaiter en public et il est temps que les mentalités évoluent sur ce point : "On ne peut pas exclure la bêtise humaine. Mais plus les mamans seront soutenues par des sages-femmes, plus la chose se fera naturellement."