Santé – Sciences

Au CHU de Dijon la chirurgie ambulatoire gagne du terrain

Par Stéphanie Perenon, France Bleu Bourgogne lundi 5 septembre 2016 à 19:09

L'Unité de Chirurgie Ambulatoire au CHU de Djon concerne dix spécialités
L'Unité de Chirurgie Ambulatoire au CHU de Djon concerne dix spécialités © Radio France - Stéphanie Perenon

Avec près de 40% d'actes chirurgicaux réalisés en ambulatoire, le CHU de Dijon est à la pointe dans le domaine! Depuis 2007, le CHU peut compter sur son Unité de Chirurgie Ambulatoire. Une alternative à l'hospitalisation conventionnelle qui progresse mais qui inquiète les syndicats.

En quelques années, l'Unité de Chirurgie Ambulatoire (UCA) est passée d'une spécialité à dix aujourd'hui! Classiquement quand on pense soins ambulatoires on imagine d'abord la chirurgie de la cataracte  mais dans le service, on fait 90% de notre chirurgie de la rétine en ambulatoire explique le Pr Catherine Creuzot-Garcher,. Elle est à la tête du service Ophtalmologie du CHU de Dijon, elle est aussi la responsable de l'UCA. "Il y a quelques années dans le service quand j'ai commencé on gardait un patient trois ou quatre jours pour un décollement de rétine mais cette évolution pour notre spécialité c'est la même pour d'autres spécialités. Typiquement le fait de retirer la vésicule biliaire est éligible à l'ambulatoire, quand les conditions le permettent, quand l'état de santé du patient le permet"

Un cadre beaucoup plus strict

Le Pr Catherine Creuzot-Garcher est la responsable de l'UCA au CHU de Dijon - Radio France
Le Pr Catherine Creuzot-Garcher est la responsable de l'UCA au CHU de Dijon © Radio France - Stéphanie Perenon

Pour cela le cadre doit être encore plus strict. Ghislaine Vachon est la cadre de santé de l'unité, elle précise :"Tous nos patients sont appelés la veille de leur intervention. nous leur communiquons l'heure de convocation et toutes les consignes à suivre avant l'opération. Et nous les rappelons, de manière obligatoire, le lendemain de leur chirurgie, pour savoir comment ils se sentent, pour vérifier leur état de santé et s'assurer qu'il n'y a pas de problème particulier".

Pour les patients c'est un gain de temps. Odile a été opérée de son œil droit et est est ravie de ressortir le jour même. Elle estime qu'elle est très bien suivie et préfère rentrer chez elle. Dans la chambre, à ses côtés, Huguette, elle aussi opérée et prête à quitter le CHU accompagnée de son mari. Claude a reçu un appel du service et n'a pas eu besoin de bloquer toute sa journée pour venir la chercher. Le seul problème, dit-il c'est le parking pour trouver une place !  Ne pas être seul(e) au retour de son opération en ambulatoire est une obligation. Alors pour les patients qui habiteraient trop loin ou qui n'auraient pas de famille, le CHU propose de les garder à la Maison de Parents.

Les syndicats inquiets de cette progression des soins ambulatoires

Mais la prise en charge des soins de suite c'est à dire des soins après l'opération, c'est ce qui inquiète la CGT au CHU de Dijon. Eric Buisson, est le secrétaire général adjoint du syndicat dans l’établissement de santé, il pointe du doigt le fait que  "les soins de suite soient confiés à la famille du patient qui rentre le lendemain à la maison mais qui est en charge du suivi ? C'est la famille !"". Autre inquiétude du syndicat  " le rythme imposé au niveau de la chirurgie ambulatoire où on en demande toujours plus, bientôt on voudra que le bloc opératoire soit de plus en plus rentable 24h sur 24 mais le problème c'est que cela se fait à moyens constants. sans augmentation de personnel voire parfois avec moins de personnes!"

L'Unité de Chirurgie Ambulatoire dispose de 26 lits et peut accueillir jusqu' 42 partients suivant les rotations - Radio France
L'Unité de Chirurgie Ambulatoire dispose de 26 lits et peut accueillir jusqu' 42 partients suivant les rotations © Radio France - Stéphanie Perenon

En tout cas il n'est pas impossible d'ici quelques années d'imaginer que des prothèses de genou ou de hanche pourront dans certains cas devenir éligibles à l'ambulatoire, l''important c'est de continuer à garder une part d'humanité au cours de ces séjours de plus en plus courts. Pour la responsable de l'UCA , Catherine Creuzot-Garcher, l'ambulatoire a permis aux professionnels de santé d’améliorer leur pratique pour ne garder que l'essentiel, ça les a rendus plus exigeants car il faut un geste parfait en ambulatoire.

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