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Santé – Sciences

Au Mans, des chercheurs fabriquent des pièces de rechange pour le corps humain

mercredi 14 mars 2018 à 17:32 Par Bertrand Hochet, France Bleu Maine

Une partie de la médecine de demain s'invente en Sarthe! Des chercheurs du centre de transfert de technologies (CTTM), situé près de l'Université du Mans élaborent des éléments de remplacement du corps humain. Parmi leurs travaux en cours: la fabrication de cartilage en 3D.

 Le centre de transfert de technologies (CTTM) travaille dans quatre domaines dont l'ingénierie biologique et médicale
Le centre de transfert de technologies (CTTM) travaille dans quatre domaines dont l'ingénierie biologique et médicale © Radio France - Bertrand Hochet

Sur l'une des tables du laboratoire, une petite imprimante 3D quasi silencieuse sort une pièce en cartilage reconstitué pour une oreille. A terme, il sera possible de réaliser des implants sur mesure, explique Pascal Marmey. Exemple : « vous avez eu un accident avec une perte osseuse : on peut partir d’un scanner ou d’une radio et, avec des outils de modélisation 3D, refaire la partie du corps à la bonne dimension, y associer des cellules et faire une implantation ». Selon le responsable du pôle ingénierie biologique et médicale du CTTM, ce se sera alors un remède parfait : « on réparera le corps avec la meilleure matière biologique possible, à savoir nos propres cellules ! »

« Au plus proche des pièces d’origine »

Dans la pièce d'à-côté, sous un microscope, des cellules sont mises en culture dans un liquide de couleur rouge. Cette étape est indispensable pour que l’implantation puisse réussir, souligne Hervé Pichon, le directeur du centre de transfert de technologies du Mans : « il faut que ce soit accepté par le corps humain, qu’on limite le rejet, qu’on soit le plus proche possible des pièces d’origine si on veut que l’implant ait une durée de vie satisfaisante à l’intérieur du corps ». Ce travail est compliqué, souligne Pascal Marmay qui dirige l’équipe de chercheurs : « il n’est pas évident de faire sortir les cellules du corps, de les faire pousser à l’extérieur avec un matériau synthétique et de les remettre ensuite dans le corps ». 

Prouesses technologiques et questions éthiques 

Pour ce projet, le centre de transfert de technologies du Mans travaille en lien avec l’INSERM (l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) pour de possibles applications, par exemple pour les oreilles, la trachée ou le nez. Les premiers essais sur les animaux devraient commencer dans cinq ans environ. Puis viendra le temps de la réflexion éthique – cela « pose des questions », reconnaît le CTTM – avant une éventuelle application chez l'humain dans une quinzaine d'années. En toile de fond : le débat sur l’Homme augmenté : jusqu’où aller pour surmonter, avec des moyens artificiels, les limites actuelles du corps humain ? 

Le CTTM : un grand laboratoire pour l’innovation 

Le centre de transfert de technologies du Mans qui existe depuis 25 ans emploie 45 personnes travaillant sur des projets innovants dans quatre domaines, en lien, souvent, avec les laboratoires de l’Université : l'acoustique, les matériaux, l’ingénierie de conception et l’ingénierie biologique et médicale. Le CTTM bénéficie, pour cela, de fonds européens redistribués par la Région Pays de la Loire.