Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Santé – Sciences

"Aux Urgences de Cherbourg, on travaille avec un effectif qui respecte à peine les recommandations nationales"

-
Par , France Bleu Cotentin

Le syndicat Force Ouvrière de l'hôpital Pasteur de Cherbourg appelle à la grève ce lundi pour soutenir le personnel du service des Urgences confronté au manque de moyens pour fonctionner correctement.

Lucie Merlier, infirmière aux urgences de l'hôpital Pasteur, syndiquée Force Ouvrière
Lucie Merlier, infirmière aux urgences de l'hôpital Pasteur, syndiquée Force Ouvrière © Radio France - Benoît Martin

Depuis trois mois maintenant, le mouvement de grève du personnel des urgences lancé à Paris gagne du terrain et se propage sur le territoire. Dans la Manche, les urgentistes de l'hôpital Pasteur de Cherbourg-en-Cotentin entrent à leur tour dans le mouvement ce lundi. Entretien avec Lucie Merlier, infirmière syndiquée Force Ouvrière.

Pour quelles raisons le travail aux urgences à Cherbourg est compliqué aujourd'hui?

Lucie Merlier : Depuis plusieurs années on a des soucis en amont et en aval des urgences. D'abord, la population du Cotentin fait face à un manque de médecins généralistes, de spécialistes. On a peu de dentistes, d'ophtalmologues, donc les gens sont amenés à se rendre aux urgences faute de consultations en médecine de ville, ce qui "embolise" le service. Et puis en aval, on ferme des lits dans les services et on supprime du personnel soignant ce qui fait qu'on n'a plus de possibilité d'orienter les patients vers d'autres services.

Concrètement, quelles sont les conditions dans lesquelles vous exercez vos métiers?

On travaille aux urgences en 12 heures. De jour et de nuit, en alternance, avec un effectif minimum qui respecte à peine  les recommandations nationales de la médecine d'urgence. On a subit la fermeture des urgences de Valognes. Le centre de soins non programmés ouvert à la place est intéressant mais du fait du manque de médecins, il n'ouvre pas tous les jours ni pendant les vacances scolaires. En tant que soignants, on fait au mieux pour soigner les patients, avec les moyens et les locaux que l'on a, sauf que depuis plusieurs années, avec l'augmentation de la population, on a des pics de fréquentation à 180 passages par jour, avec des locaux désormais exigus. On a essayé d'agrandir les zones d'attente pour plus de confort mais les patients sont plus en promiscuité qu'avant. Et que l'on ait 50 patients ou 180, nous seront le même nombre de soignants!

La ministre de la santé, Agnès Buzyn, a annoncé 70 millions d'euros d'aides pour les urgences et une prime pour les personnels. Est-ce que ça correspond à vos attentes?

Sur le principe l'idée est intéressante, mais elle propose une prime de 100 euros. On n'a pas les conditions précises de versement. On parle d'une prime de risque mais sur Cherbourg, on n'a pas accès à ce type de prime aujourd'hui. Quant aux 70 millions d'euros, ça correspond au déficit de l'hôpital de Cherbourg donc à l'échelle nationale, ça paraît ridicule. 

La grève du personnel des urgences de Cherbourg aura-t-elle un impact pour les patients?

Non, car nous sommes assignés. Etant en effectif minimum tous les jours, la grève ne changera rien. On travaillera au même rythme, avec seulement un autocollant sur nos blouses pour signaler notre protestation.