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Pendant le confinement, on entend mieux "les chuchotements de la Terre"

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La baisse de l’activité humaine depuis le début du confinement le 17 mars se traduit aussi par une baisse très nette des vibrations du sol liées au transport et à l’industrie. La science en profite pour affiner ses connaissances.

Éric Larose sur l'écaille de Chamousset dans le Vercors en 2015 Éric Larose sur l'écaille de Chamousset dans le Vercors en 2015
Éric Larose sur l'écaille de Chamousset dans le Vercors en 2015 © Radio France - Lionel Cariou

« C’est une opportunité pour les chercheurs d’améliorer leur compréhension du sous-sol » lance Éric Larose, géophysicien à l’Institut des sciences de la Terre (ISTerre) de Grenoble. « Depuis le début du confinement, explique-t-il, une soixantaine de scientifiques partout sur la planète ont étudiés le niveau de vibration du sol, et ils ont observé une baisse de 50% en moyenne. C’est une diminution absolument incroyable, et c’est directement lié à la baisse du transports et à la baisse de l’activité humaine. » 

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Les activités humaines, transports et industrie, génèrent un « bruit » dont les fréquences sont comprises entre 1 et  20 Hertz. « Des notes très graves, des infra sons » précise le chercheur. Or cette activité permanente, ce bruit de fond,  masque d’autres vibrations générées elles par l’activité sismique de la Terre. "Il est plus facile d’entendre la sonnerie de son téléphone dans une bibliothèque au calme que dans une salle de concert !" explique Éric Larose.

Des bandes de fréquences moins "polluées"

Un constat partagé par son collègue Mickaël Langlais, ingénieur de recherche ISTerre / CNRS, spécialisé en instrumentation et responsable technique du programme Sismalp (Réseau d’observation de la sismicité Alpine) : « Cela permet à nos instruments de détecter des signaux des vibrations venant du sol dans des bandes de fréquences qui habituellement sont polluées par l’activité humaine. Depuis le début du confinement, on détecte davantage de petits séismes ; ça ne veut pas dire qu’il y en a plus, mais le niveau de bruit global ayant baissé, nos instruments arrivent mieux à entendre ces chuchotements de la Terre. » 

De petits séismes enregistrés sur la faille de Belledonne

Coucher de soleil sur Chamrousse et la chaîne de Belledonne en Isère © Radio France - Stéphane Milhomme

Exemple avec la faille qui traverse le massif de Belledonne, près de Grenoble. Elle est connue, étudiée, mais en temps normal on y détecte uniquement les séismes dont la magnitude est égale ou supérieur à 1 sur l’échelle de Richter. En-dessous, on ne voit rien - ou plutôt on n’entend rien. Sauf depuis le début du confinement souligne Mickaël Langlais : « Là on a détecté un séisme de 0,6 et un autre de 0,3 localisé vers Theys, ce sont des choses qui ne sortent pas d’habitude. Ça nous permet d’affiner l’imagerie de ces failles et donc de mieux connaître leur position, leur forme, leur longueur et leur activité. » 

Si les scientifiques n’ont pas encore de boule de cristal pour prévoir les tremblements de terre, la cartographie de ces failles permet de mieux appréhender les risques sismiques. De ce point de vue le confinement et ses effets permettent, un peu, de faire progresser les connaissances. 

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