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Avocats : Une année terne chez les robes noires ?

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Par , France Bleu RCFM

Les barreaux d’Ajaccio et de Bastia s’inquiètent des conséquences du confinement, avec une activité judiciaire au ralenti. Une récente étude fait même craindre une crise des vocations.

Les avocats du Barreau d'Aiacciu réunis pour une journée "Justice morte" le 12 décembre 2018
Les avocats du Barreau d'Aiacciu réunis pour une journée "Justice morte" le 12 décembre 2018 © Radio France - Olivier Castel

“On ne peut pas lancer de nouvelles procédures, recevoir les clients, ni plaider les dossiers, seules les comparutions immédiates sont jugées...”. 

Trois conséquences des mesures prises dans le domaine de la justice qui permettent, selon le bâtonnier de Bastia, d’entrevoir le péril auquel les avocats font actuellement face. Depuis plus d’un mois, confinement oblige, la justice française est en service minimum. En Corse, comme ailleurs, les avocats –ils sont environ 300 dans l’île- craignent de voir leur profession fortement impactée au sortir de la crise.  

“Pour ceux qui continuent à travailler, leur activité et leurs revenus ont baissé de 70%. Et dans le même temps ils sont supposés faire face à leurs charges, exactement de la même manière que d’habitude ! Soit la variable d’ajustement consiste à licencier tout le monde et à ne plus payer ses collaborateurs, soit elle consiste à bénéficier d’un certain nombre d’avantages au niveau des charges, ce qui pour l’instant n’est pas le cas”, explique Me Jean-Paul Eon, bâtonnier du barreau de Bastia.  

Même s'il ne possède pas de chiffres précis pour l’instant, l’avocat compte quelques confrères qui ont dû suspendre les contrats de leurs collaborateurs. Des mesures de chômage partiel ont aussi été appliquées. Mais comme il est impossible de savoir quand et dans quelles conditions la reprise de l’activité va s’amorcer, certains, au Barreau de Bastia, ont demandé à être désinscrits du tableau de l’ordre, afin de ne plus payer leurs charges, leur caisse de retraites ainsi que l’URSSAF.  

“Je n’ai que deux ou trois cas, mais c’est un indicateur”, précise Jean-Paul Eon. 

Une enquête prédit des cessations d’activité par milliers 

Les avocats demandent à reprendre au moins les audiences civiles, qui seraient gérables d’un point de vue sanitaire selon eux, contrairement aux sessions d’assises. La session du 25 mai prochain pour la Haute-Corse a d’ailleurs été annulée.  

Mais quid de l’après ? Au niveau national, une étude réalisée par l’observatoire du Conseil national des barreaux de France estime que d’ici au mois prochain, 27 000 avocats environ auront fait le choix de quitter la profession pour une autre, soit 30% de l’ensemble.  

Me Julia Tiberi, pour le barreau d’Ajaccio, juge cette enquête “fiable”, et pointe une fois de plus, un manque de réponse de l’Etat.  

“Il y a cette aide exceptionnelle de 1500 €, mais c’est une goutte d’eau dans un océan de charges...et ce n’est pas adapté à notre réalité à nous. Il faut justifier d’une perte de 50 % du chiffre d’affaire entre Mars 2019 et Mars 2020, mais en Mars 2020, il se peut qu’on encaisse des honoraires facturés au mois de janvier. Ce que l’on n’a pas facturé en Mars, on va le ressentir à posteriori...”.  

“Comme le dit l’enquête, ajoute Me Tiberi, il y a beaucoup d’avocats qui vont renoncer à se payer pour payer leurs charges”.  

“La profession devient de moins en moins attractive, parce qu’elle est malmenée sur le plan des charges fiscales et sociales, des réformes incessantes qui désorientent les gens, et qui ne sont pas faites de façon très sérieuse*", insiste aussi Jean-Paul Eon, le bâtonnier bastiais. “On peut tabler sur un certain nombre de liquidations judiciaires de cabinets d’avocats à la fin de cette crise”. 

Pour autant, malgré la tendance, les prestations de serments restent à la hausse en Corse, avec sept nouveaux inscrits cette année, entre les deux barreaux.

Un rapport de la garde des sceaux devrait être rendu d’ici une quinzaine de jours. Le Conseil national des barreaux a d’ores et déjà demandé un plan de sauvegarde des cabinets.  

*Au moment où l'activité judiciaire a été réduite partout en France, les avocats entamaient leur neuvième semaine de grève, avec déjà des pertes d'activité du fait de leur action contre la réforme des retraites. 

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