Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

"Beaucoup de fatigue et de résignation" chez les soignants au CHU de Limoges

-
Par , France Bleu Limousin

Une journée de grève et de mobilisation est organisée ce jeudi dans les hôpitaux et dans tous les secteurs de la Santé. Le malaise n'est pas seulement lié au coronavirus précise le docteur Sylvain Palat, porte-parole du Collectif Inter-Hospitalier au CHU de Limoges, invité de France Bleu Limousin.

Le collectif Inter-Hospitalier du CHU de Limoges dénonce le manque de moyens récurrent dans les hôpitaux.
Le collectif Inter-Hospitalier du CHU de Limoges dénonce le manque de moyens récurrent dans les hôpitaux. © Radio France - Françoise Ravanne

Les personnels des hôpitaux et des secteurs de la santé et du médico-social en général se mobilisent à nouveau ce jeudi partout en France. Ils dénoncent le manque de personnel, le manque de lits et de matériel et réclament des augmentations. Des revendications similaires à celles déjà portées depuis des années. Malgré les annonces faites en juillet dernier suite au Ségur de la Santé, le compte n'y est toujours pas et les difficultés et le malaise persistent selon le docteur Sylvain Palat, porte-parole du Collectif Inter-Hospitalier au CHU de Limoges, qui était l'invité de France Bleu Limousin ce jeudi matin.

Les difficultés qu'on avait auparavant sont exacerbées par l'épidémie de coronavirus

Au CHU de Limoges, la deuxième vague de coronavirus ne pose pas de problème majeur pour l'instant selon le docteur Palat, car l'épidémie n'a pas encore atteint les niveaux qu'elle avait il y a quelques mois. "On arrive à gérer l'afflux des patients Covid" indique le médecin, tout en précisant qu'il y a malgré tout de réelles difficultés dans l'établissement et qu'elles sont récurrentes. 

Le porte-parole du Collectif Inter-Hospitalier au CHU de Limoges prend l'exemple de son propre service. "Sur une quarantaine de lits, il y en a dix qui sont fermés mais pas à cause du Covid. C'est à cause d'arrêts maladie et congés maternité qui ne sont pas remplacés." Il y aurait aussi de nombreux burn out et les absences touchent toutes les catégories professionnelles de l'hôpital. "Bien évidemment, plus on se rapproche du soin, plus c'est problématique" souligne Sylvain Palat qui déplore le manque d'infirmières et d'aides soignantes, mais aussi de secrétaires, de psychologues et de kinésithérapeutes.

Je sens beaucoup de fatigue et de résignation

Cette situation est, selon lui, le signe que le malaise est profond. "On a une résilience exacerbée à l'hôpital : on a cette culture de compenser l'absence, de ne pas vouloir s'arrêter et parfois le sentiment d'être indispensable." Mais face au surcroît d'activité, certains craquent. Le porte-parole du Collectif Inter-Hospitalier au CHU de Limoges note aussi qu'il y a aussi "beaucoup de difficulté pour mobiliser après ces mois de travail, d'heures supplémentaires et de stress." D'autant que les gens qui travaillent à l'hôpital n'ont pas été épargnés par le coronavirus et sont parfois aussi tombés malades.

Le Ségur de la santé n'a rien changé

L'été dernier, le gouvernement a annoncé un plan à un peu plus de huit milliards d'euros pour des augmentations de salaires et la création de 15.000 postes supplémentaires dans les hôpitaux. Mais sur le terrain, le docteur Palat ne voit pas le fruit de ces négociations menées dans le cadre du Ségur de la santé.

"En 10 ans l'hôpital a perdu 15% de son personnel et la France a perdu 10% de ses établissements de santé. Les 15.000 recrutements annoncés ne vont même pas compenser cette perte." Quant aux augmentations de salaires, 183 euros net par mois pour les personnels non soignants, Sylvain Palat les trouve insuffisantes, car les salaires sont "encore en-dessous de la moyenne européenne pour une infirmière ou une aide soignante".

Les leçons de la première vague n'ont pas été tirées

Autre motif de colère : le gouvernement et le président n'attaquent pas le fond du problème ajoute le porte parole du Collectif Inter-Hospitalier au CHU de Limoges. Selon lui, le couvre-feu annoncé par le président de la République pour les métropoles en alerte maximale en est l'illustration criante. 

"Si la problématique de fond avait été prise en charge bien plus tôt, depuis des années, si on avait pris soin du système de santé français, on n'aurait pas cette peur et cette difficulté à traiter l'épidémie." Le collectif inter-hospitalier avait d'ailleurs alerté ces derniers mois. Il rappelle notamment les alertes lors de la canicule, mais aussi lors de l'épidémie de bronchiolite chez les enfants l'hiver dernier : "on transférait des enfants de l’Hôpital de la Mère et de l'Enfant de Limoges vers les hôpitaux de Tulle ou de Brive !" 

Pour lui, on ne prend donc pas le problème à la racine et il reproche aux gouvernants de délaisser le monde de la santé. "L'Etat prend soin de ses haut-fonctionnaires mais j'aimerais qu'il prenne un peu soin des acteurs de santé aussi. Ce n'est pas le cas."

Choix de la station

À venir dansDanssecondess