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Santé – Sciences

Bébés sans bras : 11 nouveaux cas suspects dans l'Ain

mardi 30 octobre 2018 à 17:57 - Mis à jour le mercredi 31 octobre 2018 à 0:01 Par Viviane Le Guen, France Bleu, France Bleu Armorique et France Bleu Breizh Izel

Onze cas suspects supplémentaires d'enfants nés sans bras ont été identifiés dans l'Ain, entre 2000 et 2014, annonçait ce mardi l'agence Santé Publique France.

11 cas supplémentaires d'enfants nés avec une malformation des membres supérieurs ont été identifiés dans l'Ain entre 2000 et 2014 selon l'agence Santé Publique France
11 cas supplémentaires d'enfants nés avec une malformation des membres supérieurs ont été identifiés dans l'Ain entre 2000 et 2014 selon l'agence Santé Publique France © Maxppp - Anne-Sophie Bost

Onze cas suspects supplémentaires d'enfants nés avec une malformation des membres supérieurs ont été identifiés dans l'Ain entre 2000 et 2014 d'après les données hospitalières, annonce l'agence Santé Publique France mardi.

11 cas qui s'ajoutent aux sept cas déjà signalés par le Registre des malformations congénitales en Rhône-Alpes (Remera), précise Santé Publique France dans un communiqué.

De son côté, la ministre de la Santé affirme qu'une enquête nationale est en cours. Les premières conclusions seront rendues publiques le 31 janvier prochain, a précisé Agnès Buzyn. Cette enquête, qui explorera notamment la piste environnementale, sera menée conjointement par Santé publique France et l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). 

"Retourner voir tous les cas"

Mardi matin déjà, le journal Le Monde rapportait qu'un garçon né sans main en 2012 dans une famille résidant dans une région de l'Ain n'avait pas été recensé. 

Interrogée à ce sujet, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a déclaré que cette information n'était "pas remontée" jusqu'à elle. "J'ai relancé une enquête avec deux agences, Santé publique France et l'Anses. L'idée est de retourner voir tous les cas", a poursuivi la ministre.

"Un concours de circonstances bien fâcheux", a réagi Emmanuelle Amar, la scientifique responsable du Remera, en précisant que la maman "vivait et travaillait" dans la zone du département où plusieurs cas ont déjà été signalés.

Des cas groupés d'enfants nés sans mains, bras ou avant-bras ont été observés dans l'Ain (7 autres naissances entre 2009 et 2014), en Loire-Atlantique (3 naissances entre 2007 et 2008) et en Bretagne (4 naissances entre 2011 et 2013), à chaque fois dans un périmètre restreint.

La procédure de licenciement contre les lanceurs d'alerte "suspendue"

"Cela force la conviction qu'il faut faire une étude avec des épidémiologistes spécialisés dans ce type de malformations et non par des statisticiens", selon la responsable du Remera.

Emmanuelle Amar avait contesté les conclusions d'une étude de Santé publique France, qui avait estimé début octobre que le nombre de cas de l'Ain n'était pas statistiquement supérieur à la moyenne nationale. A l'inverse, il y a bien, selon l'agence sanitaire, un excès de cas en Loire-Atlantique et en Bretagne, mais qui restent sans explication.

Menacée de licenciement avec cinq autres collègues du Remera, Emmanuelle Amar a confirmé ce mardi à l'AFP que la procédure avait finalement été "suspendue".