Santé – Sciences

A Besançon, les jeunes orthophonistes veulent faire entendre leur voix

Par Magali Fichter, France Bleu Besançon jeudi 20 octobre 2016 à 19:35

Une cinquantaine de personnes ont manifesté, dont une majorité d'étudiants orthophonistes
Une cinquantaine de personnes ont manifesté, dont une majorité d'étudiants orthophonistes © Radio France - Magali Fichter

Ce sont eux qui soignent les troubles du langage chez vous ou chez vos enfants : les orthophonistes, étudiants et professionnels, étaient une cinquantaine à manifester ce jeudi entre la gare Viotte et les locaux du PS à Besançon, pour dénoncer la désertion du secteur hospitalier.

Johanna, en deuxième année en orthophonie, donne de la voix au mégaphone : "Qui sont les oubliés du ministère ? Les orthophonistes ! Qui travaillent pour un salaire de misère ? Les orthophonistes !" A la fin de son cursus, elle sera titulaire d'un bac+5. Mais si elle choisit de travailler dans la fonction publique hospitalière, elle sera payée comme un bac+2, "soit 7,50 euros de l'heure".

Un patient avec un AVC a besoin de voir un orthophoniste un jour après l'accident - Barbara, étudiante

Or, en libéral, les orthophonistes gagnent en moyenne 2300 euros par mois. Forcément, les postes en hôpital sont beaucoup moins attractifs. Par exemple, au CHRU de Besançon, il y a seulement 3,5 équivalents temps plein en orthophonie. Pour les étudiants, cela signifie aussi très peu de maîtres de stage, et donc un trou dans leur formation. "Dans les hôpitaux, on ne soigne pas les mêmes pathologies qu'en libéral ; par exemple, un patient avec un AVC a besoin de voir un orthophoniste un jour après l'accident. C'est donc une part de notre formation qu'on ne peut pas recevoir", explique Barbara, elle aussi en deuxième année.

Une nouvelle journée de mobilisation prévue dans deux semaines

C'est un cercle vicieux, et au final, ce sont les patients qui trinquent puisqu'ils ne peuvent plus être pris en charge correctement. Séverine Comte-Voinot est orthophoniste, et elle a un exemple très précis en tête : "Une jeune fille de 20 ans qui a eu un accident de la route. Elle est restée trois mois à l'hôpital, elle ne pouvait pas parler. Il n'y avait pas d'orthophoniste alors qu'on sait qu'il faut être pris en charge le plus vite possible pour bien récupérer."

Les étudiants et les professionnels ont déjà prévu de se retrouver à nouveau le 3 novembre, sauf si bien sûr leurs revendications sont entendues d'ici là.

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