Santé – Sciences

Besançon : un pancréas artificiel qui pourrait changer la vie des diabétiques

Par Lila Lefebvre, France Bleu Besançon et France Bleu mardi 9 août 2016 à 19:30

C'est le smartphone qui calculera tout seul les doses d'insuline nécessaires au patient.
C'est le smartphone qui calculera tout seul les doses d'insuline nécessaires au patient. -

Cette nouvelle technologie pourrait révolutionner le quotidien des malades de diabète de type 1. Diabeloop, c'est le nom de ce petit engin, réalise tout ce que le pancréas de ces malades ne fait plus. Il est testé en ce moment dans dix villes en France, dont Besançon.

C'est une petite révolution qui a lieu depuis le début de l'été au service de diabétologie du CHU de Besançon. On y teste un nouveau moyen de soigner les malades de type 1 (la forme la plus rare de la maladie) : un pancréas artificiel. Le principe : un smartphone vient réfléchir à la place du pancréas du malade. Un système qui pourrait leur changer la vie.

C'est formidable"

Dans la chambre d'hôpital qu'elle partage avec Marion, Stéphanie retrouve le sourire. Depuis une semaine les deux femmes testent Diabeloop, un pancréas artificiel qui va les aider à soigner leur diabète de type 1. "Ça va nous changer la vie", s'enthousiasme Stéphanie, à 31 ans la jeune femme vit avec la maladie depuis plus de quinze ans.

Chez les diabétiques de type 1 le pancréas ne produit plus l'élément chimique appelé "insuline" qui vient réguler le taux de sucre dans le sang. En fonction de ce qu'ils mangent et de leurs activités physiques les patients font quotidiennement des pics d'hypoglycémie ou d'hyperglycémie. A court terme, ça se solde régulièrement par des arrêts de travail et des hospitalisations ; mais à long terme ça peut détériorer la santé des autres organes comme les reins ou les yeux.

Stéphanie et Marion testent le dispositif depuis une semaine. - Radio France
Stéphanie et Marion testent le dispositif depuis une semaine. © Radio France - Lila Lefebvre

"C'est très lourd à gérer au quotidien, explique Marion, 35 ans, aujourd'hui on doit gérer tout toutes seules". Car c'est au patient de choisir heure par heure son traitement. Tout commence par le contrôle de son taux de glycémie qui indique si il a trop ou pas assez de sucre dans le sang, et ce six à huit fois par jour. Ensuite le malade doit analyser ces chiffres pour savoir combien il a besoin d'insuline, " On doit faire des calculs, en fonction d’algorithmes qu'on a déterminé avec notre diabétologue, on devient de vrais mathématiciens !", ironise Marion.

Sur trente ou quarante gestes qu'on fait au quotidien, on en fera plus que sept ou huit"

Mais bientôt les deux jeunes femmes, verront leur quotidien changer : tous ces calculs, le diabeloop les fera pour elles. Le principe : un capteur détecte en permanence leur tôt de sucre dans le sang ; ensuite il transmet ces informations à un smartphone qui les analyse. Une fois qu'il a déterminé quelle dose de médicament est nécessaire pour le patient, il commande une pompe à insuline reliée au corps en permanence grâce à un patch.

"Sur trente ou quarante gestes qu'on fait au quotidien, on n'en fera plus que sept ou huit", estime Marion. Un moyen pour la jeune femme de retrouver un peu de liberté. "Ça peut sensiblement améliorer la qualité de vie des patients, mais aussi leur santé sur le long terme", assure Sophie Borot, le médecin responsable du programme.

Ce système peut changer le quotidien de Marion

Le dispositif est encore en phase de test, il devrait être commercialisé dans trois à quatre ans. 10 000 personnes sont atteintes de diabète de type 1 en France.

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