Santé – Sciences

Bientôt une réforme sur la vaccination ?

Par Clémence Gourdon, France Bleu mercredi 13 janvier 2016 à 15:56

Les vaccins ne font pas l'unanimité (photo d'illustration)
Les vaccins ne font pas l'unanimité (photo d'illustration) © Maxppp

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a présenté ce mardi un plan d'action pour une rénovation de la politique nationale". Cette proposition fait suite à un "mouvement de défiance général vis-à-vis de la vaccination", qui s'est développé en France depuis plusieurs années.

Depuis plusieurs années, de plus en plus de Français se méfient des vaccins. Une situation qui préoccupe la ministre de la Santé, Marisol Touraine qui a annoncé, ce mardi 12 janvier, le lancement d'une "grande concertation citoyenne sur la vaccination".

L'objectif de ce débat est de formuler, "dès décembre 2016", des propositions sur l'évolution de la politique vaccinale, et notamment le maintien ou non des vaccins obligatoires. Aujourd'hui en France, les vaccins contre la diphtérie et le tétanos (uniquement pour la 1ère vaccination) et celui contre la poliomyélite (1ère vaccination et rappels) sont obligatoires. Tous les autres vaccins ne sont que recommandés. 

Se vacciner, c'est un droit individuel, mais c'est aussi un devoir collectif. C'est se protéger, mais aussi protéger les autres et en particulier les plus fragiles

— Marisol Touraine

Méfiance générale

Les vaccins sont-ils toujours nécessaires ? Pourquoi faire vacciner mes enfants ? Alors que majorité des pays européens se contentent de recommandations, la France est l'un des rares pays à mêler vaccins obligatoires et vaccins recommandés. De quoi semer le doute dans la tête des Français. Le taux de couverture vaccinale contre la grippe a ainsi chuté de 13 points depuis 2008 et, les cas de rougeole réapparaissent régulièrement en raison d'une baisse de vaccinations chez les nourrissons. Le vaccin anti-papillomavirus, qui vise à prévenir des infections responsables des cancers du col de l'utérus et est recommandé chez les jeunes filles avant leur première relation sexuelle, n'atteint que 17% contre plus de 80% dans d'autres pays.

Empêcher les pénuries

Les industriels vont devoir mettre en place des constitutions de stock, pour éviter les habituelles pénuries, sous peine de sanctions financières. Une mesure que président du Leem (organisation qui représente les entreprises françaises du médicament) a vivement critiquée ce mercredi 13 janvier : "Ce n'est pas en sanctionnant les industriels que l'on va résoudre le problème (...) mais en clarifiant l'offre et la demande".

Parmi les autres mesures, la mise en place d'un "carnet de vaccination électronique" a été annoncée par la ministre de la Santé. Il sera testé à partir du mois de mars dans cinq régions et un site internet va être mis en place pour informer le public et les personnels de santé.

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