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Santé – Sciences

Bordeaux : création d'une association contre le regroupement de l'hôpital Robert Picqué et la clinique Bagatelle

mardi 9 janvier 2018 à 17:57 Par Seina Baalouche, France Bleu Gironde

Le projet Bahia prévoit le regroupement de l'Hôpital Robert Picqué de Villenave-d'Ornon et la Maison de santé Bagatelle à Talence.Les membres de l'association RIHO sont contre ce rapprochement entre deux établissement, un public et un privé. Ils veulent l'organisation d'un vote citoyen.

Une affiche pour pour promouvoir le projet BAHIA devant la maison de santé Bagatelle à Talence
Une affiche pour pour promouvoir le projet BAHIA devant la maison de santé Bagatelle à Talence © Radio France - Seina Baalouche

Bordeaux Métropole, Gironde, France

Intitulé Bahia et officialisé en décembre 2016,  le projet doit voir le jour en 2022 sur un seul site celui de Bagatelle avec un nouveau bâtiment qui permettra d'accueillir entre autres la nouvelle maternité, les urgences, l'hôpital de jour, et la réanimation. L'association RIHO,  Résistons pour notre Institution HOspitalière, se positionne contre ce projet. La structure a été créée avant les vacances de Noël et revendique une centaine de membres. Elle milite "pour la sauvegarde d'un pôle de santé publique au sud de l'agglomération bordelaise".  Pour l'association, le projet Bahia, signe la fin de ce service public hospitalier du sud de l’agglomération bordelaise.  Ils veulent qu'un vote citoyen soit organisé pour que les populations du secteur puissent donner leur avis sur ce projet. 

Un projet financé en partie par l'Etat

La lutte contre le projet Bahia ne date pas d'hier... Cela fait plus de quatre ans que le comité Robert Picqué milite pour la sauvegarde de  l'Hôpital Robert Picqué et contre sa fusion avec la clinique privée Bagatelle. Une pétition a même été lancée. Les membres de la nouvelle structure RIHO, qui partagent cette lutte, se voient "comme complémentaires" explique Patrick Bouillot, président de l’association et élu de Villenave-d'Ornon. "Le but principal de l'association est d'organiser une votation citoyenne" continue-t-il. 

Le projet Bahia coûte 90 millions d'euros. Il est en partie financé par l'Etat qui "finance l'élargissement d'une structure privée" ce sont les mots des membres de l'association anti-Bahia. "Cet argent public va servir à l'extension du patrimoine immobilier d'une structure privée [Bagatelle]" affirme Loïc Prud'homme, soutien de l'association et député FI de la 3ème circonscription de la Gironde. Le député craint que cette fusion entre établissements public et privé n’entraînent des dépassements d'honoraires.

C'est quand même problématique que les contribuables ne soient même pas sollicités alors qu'il s'agit d'argent public" — Loic Prudhomme

Je pense qu'il serait plus utile, même si c'est un peu plus cher, que cet argent soit injecté dans le maintien d'une structure 100% publique sous l'égide du ministère de la santé" continue le député. Loïc Prud'homme parle de 30 millions d'euros de financement public pour ce projet. Tandis que la direction de Bagatelle, évoque plutôt 22 millions d'euros qui prendrait la forme d'une location :  "c'est un droit d'accès à l'extension que nous sommes en train de financer" explique Blandine Filet, la directrice de l'établissement.

Crainte que l'établissement pratique les dépassements d'honoraires

Les membres de l'association craignent d’abord que la nouvelle structure fonctionne en dépassement d’honoraire. Marie Mutin est co-présidente de l'association RIHO : "aujourd'hui, on nous dit que Bagatelle sera un établissement de soin de niveau 1, cela veut dire qu'il n'y aura pas de dépassement par rapport au tarif de la sécurité sociale. Evidemment ! Cela tiendra jusqu'au moment où ils auront le monopole, et après ? Je ne vois pas  comment du privé pourrait rester en secteur 1." 

De son côté la direction de Bagatelle affirme qu'il n’y aura pas de dépassement d'honoraire. "Le regroupement peut se faire grâce à un groupement de coopération sanitaire qui sera privé à but non lucratif, comme Bagatelle. On peut dire que l'on est largement comme le public donc sans dépassement d'honoraires." réplique la directrice de l'établissement.

L'association désapprouve le choix du site de Bagatelle pour ce projet

Autre point de crispation du côté de l'association c'est le choix du terrain. Ils se questionnent : pourquoi choisir d'agrandir le site Bagatelle et non pas celui de  l'hôpital Robert Picqué alors que ce dernier dispose d'un terrain quatre fois supérieur ?

Les directions de Bagatelle et de Robert Picqué se justifient sur cette décision. Selon les deux établissements, cela aurait engendré un coût trop important et il aurait fallu tout reconstruire puisque l'hôpital militaire"n'était pas adapté aux normes actuelles de la médecine".

À terme, l'hôpital Robert Picqué amènera sur le site de Bagatelle 250 personnels sur 600 actuellement. La nouvelle structure devrait permettre d'accueillir 450 lits supplémentaires, 40 000 patients au service d'urgence contre 28 500 au dernier recensement en 2015 à Robert Picqué. À ce jour, le ministère des armées, dont dépend l'hôpital militaire, ne s'est pas encore prononcé sur le devenir du site à Villenave-d'Ornon.