Santé – Sciences

Bordeaux : une infirmière libérale passe la nuit dehors devant la CPAM de Gironde pour se faire entendre

Par Stéphanie Brossard, France Bleu Gironde jeudi 19 janvier 2017 à 4:00

Une deuxième nuit dehors pour cette infirmière libérale en conflit avec la CPAM de Gironde
Une deuxième nuit dehors pour cette infirmière libérale en conflit avec la CPAM de Gironde - Collectif patients

Cette infirmière libérale de 62 ans, exerçant depuis 28 ans à Gradignan dans l'agglomération de Bordeaux, réclame un délai pour rembourser la CPAM de Gironde après sa condamnation devant la justice à verser 54 000 euros à la Sécurité Sociale. Et tant que la caisse refuse, elle dormira dehors.

Cette infirmière libérale de 62 ans qui exerce depuis 28 ans dans le canton de Gradignan, a passé la nuit de mercredi à jeudi comme la précédente, à camper, à dormir, devant la CPAM de la Gironde. C'est le dernier moyen qu'elle a trouvé pour alerter sur sa situation.

Dormir dehors avant d'être définitivement à la rue ?

Elle a été condamné par la justice il y a quelques mois à verser 54 000 euros pour des indus, mais faute de moyens, elle a demandé un délai plus long (de 4 ans) que les 2 ans prévus pour rembourser. Ce qu'elle ne peut pas assumer, sous peine de devoir revendre sa maison et de se retrouver à la rue. Ce qu'a refusé la CPAM.

Le témoignage d'Hélène Duflot

Le Tribunal des Affaires sociales qui l'a condamné, a estimé que Hélène Duflot avait fait trop d'actes par rapport à la moyenne des infirmières libérales girondines, qu'elle a fraudé en quelque sorte, en facturant plus de soins, qu'elle n'aurait pu en réaliser en réalité. Elle lui réclame donc un trop-perçu (remontant sur ses 3 dernières années d'exercice).

Selon l'infirmière et son avocat, cette affaire est l'illustration d'une chasse aux économies menée par la Sécurité Sociale, qui vise en particulier les infirmières libérales qui coûteraient trop cher (et qui doivent donc respecter un nombre d'actes par mois, sous peine d'être accusées de tricher).

Son avocat maître Gata précise que sa cliente à ce jour, a en réalité, déjà remboursé 16 000 euros, et qu'elle voudrait un délai pour les 38 000 restants.