Santé – Sciences

Broncho-pneumopathie : les agriculteurs ont deux fois plus de chance de développer la maladie invalidante

Par Marie Mutricy et Hugo Flotat-Talon, France Bleu Besançon mardi 19 janvier 2016 à 6:22

Le pneumologue Bruno Degano fait passer un test de souffle au CHU de Besançon
Le pneumologue Bruno Degano fait passer un test de souffle au CHU de Besançon © Radio France - Hugo Flotat-Talon

La broncho-pneumopathie est une maladie qui ralentit le passage de l'air dans les bronches. Fumer est le premier facteur déclencheur, mais les agriculteurs ont deux fois plus de chance de l'attraper, a souligné le CHRU de Besançon dans une étude.

Pour eux, c’est la double peine. Leur métier d'agriculteur démultiplie déjà par deux les risques d’être touché par la broncho-pneumopathie. Mais l’exercer en Franche-Comté est encore un risque supplémentaire. « Les éleveurs franc-comtois ont 2,5 fois plus de risque de développer la maladie des bronches qu'un collège de Bretagne ou d'Aquitaine », révèle le docteur Jean Jacques Laplante de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) de la région. 6% seraient touchés dans la région aujourd’hui soit une centaine de personnes.

Des risques multiples

La broncho-pneumopathie est responsable de 16 000 décès chaque année en France. Elle pourrait même devenir la troisième cause de mortalité d’ici 2030 dans le monde. Mais alors pourquoi les Francs-Comtois sont plus touchés que leurs collèges d’autres régions ? «On ne peut pas expliquer de façon certaine le phénomène, mais on a des pistes », annonce Bruno Degano, pneumologue et professeur de physiologie au CHU de Besançon. « Le foin, souvent mal séché à cause de l’humidité fait plus de moisissures et de poussières dans la région par exemple ». La plus forte proportion de petites fermes, où les agriculteurs sont au plus près des animaux expliquerait également le phénomène.

Les agriculteurs sont plus exposés à la broncho-pneumopathie selon une étude - Aucun(e)
Les agriculteurs sont plus exposés à la broncho-pneumopathie selon une étude - Idé

Pas de traitement efficace

_« Il faut qu’on arrive à identifier précocement la maladie pour faire changer les habitudes de travail des agriculteurs touchés », martèle le professeur Degano. « On évitera qu'ils deviennent handicapés respiratoires »*****_**._*  10% des Agriculteurs français seraient déjà atteints d'une maladie respiratoire liée à leur métier. Pour les concernés, le docteur Laplante donne ses conseils : « Il faut aérer au mieux ses bâtiments, essayer de mieux sécher son foin. Et puis si on a la chance de travailler à plusieurs sur une ferme, il faut au maximum laisser ses collègues faire le travail poussiéreux et porter un masque si on est amené à s’en charger. » « C’est la meilleure protection parce qu’on n’a pas aujourd’hui de traitement efficace contre la maladie »_, insiste le professeur Degano.  

10% des agriculteurs seraient atteints de maladie respiratoire. - Aucun(e)
10% des agriculteurs seraient atteints de maladie respiratoire. - Hugo Flotat-Talon

10% des agriculteurs seraient atteints de maladie respiratoire. (Photo Hugo Flotat-Talon - Radio France)