Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Santé – Sciences

Journée mondiale de la bipolarité : une Icaunaise témoigne

jeudi 29 mars 2018 à 19:16 Par Isabelle Rose et Bruno Blanzat, France Bleu Auxerre

C'est une maladie qui touche 1,3 million de personnes en France soit 2% de la population et qui se heurte à l'incompréhension des familles et de l'entourage avant que le diagnostic ne tombe.

2% de la population souffre de bipolarité ( illustration)
2% de la population souffre de bipolarité ( illustration) © Maxppp -

Auxerre, France

Valérie*, 28 ans, a encore du mal à parler de sa maladie. Sous traitement depuis sept ans maintenant, elle accepte de se livrer et de raconter ces périodes de crise si caractéristiques des bipolaires : "En période de crise, on n’est pas soi-même, je suis complétement désinhibée.  Par exemple,  je suis allée dans un magasin et j’ai acheté pour 10 000 euros de vêtements, je n’ai pas pu payer alors je suis allée voir ma banque qui bien sûr m’a dit que je n’avais pas cet argent mais cela ne m’a pas arrêtée. J’ai continué à faire du shopping dans la ville, même sans argent. Un homme bipolaire que j’ai rencontré plus tard m’a raconté qu’il s’était rendu en Vendée tout simplement parce qu’il voulait manger une brioche. Les gens autour de nous ne s’aperçoivent pas tout de suite de notre maladie. On ne se rend absolument pas compte de notre état. Les bipolaires ont lors de cette période de crise, le sentiment d’être forts, puissants, capable de tout. On ne dort plus, on fait n’importe quoi."

"En période de crise, on n’est pas soi-même, je suis complétement désinhibée." — Valérie, bipolaire

1,3 million de Français en souffriraient

La bipolarité toucherait 1,3 millions de personnes en France soit 2% de la population. Le diagnostic de cette pathologie peut prendre plusieurs années car la maladie alterne des phases de profondes mélancolies et des périodes d’exaltations. Souvent, il faut entre huit à dix ans avant qu'on ne pose un nom sur ce trouble de l'humeur, cette maladie  psychiatrique chronique.

"On ne se rend absolument pas compte de notre état. Les bipolaires ont lors de cette période de crise, le sentiment d’être forts, puissants, capable de tout. On ne dort plus, on fait n’importe quoi." — Valérie, bipolaire

Pour le malade et ses proches, "la bipolarité  entraîne souvent une grande incompréhension et une forte culpabilité" explique Cécile Gibier, bénévole dans l'Yonne à l’Union nationale de familles et amis de malades psychiques (UNAFAM).

"Cette pathologie touche tout le monde avant elle était souvent  confondus avec la schizophrénie mais aujourd’hui la bipolarité est bien ciblée.  Au quotidien, il y a deux étapes avant et après le diagnostic. Avant, il y a des symptômes  incompréhensibles : des crises d’énervement achats compulsifs, des conduites addictives, Il y a un moment ou la famille ne comprend pas ce qui se passe cela peut amener à des ruptures familiales, il peut y avoir des divorces. 

"Avant la pose du diagnostic, c’est un tsunami dans la famille" — Cécile Gibier, de l’Union nationale de familles et amis de malades psychiques

Avant la pose du diagnostic, c’est un tsunami dans la famille.  Il faut qu’une information solide soit donnée aux familles pour accompagner les bipolaires et que le dialogue reste même après le traitement qui stabilise l’humeur du bipolaire. A Auxerre, au Centre Hospitalier Spécialisé en Psychiatrie, il existe des programmes de psycho-éducation du trouble bipolaire pour les malades et leurs familles. Cela permet souvent de renouer des dialogues qui sont devenus compliqués."

On observe 20% de risque suicidaires en plus chez les personnes atteintes de  troubles bipolaires.

Joindre l'UNAFAM dans l'Yonne

*prénom d'emprunt