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Dossier : Coronavirus

"C'est pas facile d'aller au front désarmé" : témoignages sur l'absence de masques en Indre-et-Loire

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Par , France Bleu Touraine

Les masques, ou plutôt leur absence, sont devenus le vrai enjeu de cette crise du coronavirus. En Indre-et-Loire, c'est une grande partie du secteur des soins qui a ainsi du travailler, les premières semaines, sans protection respiratoire.

 L'absence de masques a été difficile à gérer lors des premières semaines de la crise dans plusieurs secteurs d'Indre-et-Loire
L'absence de masques a été difficile à gérer lors des premières semaines de la crise dans plusieurs secteurs d'Indre-et-Loire © Radio France - Florence Gotschaux

On sait qu'au tout début de cette crise, la France disposait de seulement 145 millions de masques pour fournir tous les professionnels au contact de la population. En région Centre-Val de Loire, l'ARS, l'Agence régionale de santé, ne communique de son côté aucun chiffre, malgré nos nombreuses sollicitations. Mais on l'a déjà entendu à plusieurs reprises, les personnels hospitaliers doivent, encore aujourd'hui, composer avec des stocks réduits, voire rationnés. Au-delà, c'est d'ailleurs tout le secteur des soins qui a été, ou qui est encore, impacté par ce manque. Notamment en Indre-et-Loire.

L'aide à domicile, secteur oublié des premières dotations de l'Etat

Laure Blanc, par exemple, travaille depuis 30 ans dans le secteur de l'aide à domicile. La directrice de l'ADMR dans le département, Aide à domicile en milieu rural, parle de ces dernières semaines comme des pires de sa vie professionnelle. "Ce qu'on a ressenti dans cette crise des masques, c'est que l'aide à domicile est toujours la dernière roue du carosse", déplore-t-elle. 

"Plusieurs fois on m'a dit mais madame, on gère une pénurie" - Laure Blanc, directrice de l'ADMR 37

Plus de 900 aides à domicile se sont en effet retrouvées sans masques pendant une grosse semaine, à devoir lever, nourrir, coucher plusieurs milliers de malades dans le département. "Ce n'est pas facile pour les aides à domicile d'aller au front désarmées. Ça été mon sentiment, cette injustice d'avoir ces ouvrières de l'ombre qui ne sont pas payées autant qu'elles le méritent, parce qu'on est sur des temps partiels payés au SMIC, sur des gens qui ont une certaine qualification... C'était une sorte de punition, de dire vous allez aller comme ça, toute seule. Les masques, ça a été une rupture totale, plusieurs fois on m'a dit mais madame, on gère une pénurie" se souvient Laure Blanc.

Les EHPAD, eux aussi intégrés tardivement dans le dispositif 

Désormais elle dispose de neuf masques par aide à domicile, tous les sept jours. Cela fait seulement deux semaines que son secteur bénéficie d'une telle dotation, tout comme celui des EHPAD. Emmanuel de Kerhor est le président tourangeau de l'AD-PA, l'Association des directeurs au service des personnes âgées. Dans son EHPAD de Tours Centre, lui aussi a du faire sans masques pendant 10 jours, et il le reconnaît, des risques ont été pris. "On peut penser qu'au niveau de l'ARS, ou peut-être du ministère, la même chose que ce qui nous est demandé, c'est-à-dire constituer nos propres stocks de sécurité, aurait pu être décidée. Et aussi avoir une meilleure réactivité auprès des fournisseurs. Eux avaient des stocks mais ils ne pouvaient pas nous en donner car ils avaient été préemptés par l'Etat. Il y a quelque chose qui n'a pas bien fonctionné". 

Les pharmaciens ont droit à des masques, pas leurs préparateurs

Un regret exprimé également du côté des pharmaciens. S'ils ont été dans les premiers à bénéficier des stocks de l'Etat, ça n'a pas été le cas de leurs préparateurs, qui sont les plus en contact avec les patients. Nicolas Hay est le président du syndicat des pharmaciens d'Indre-et-Loire. "Ici, dans ma pharmacie de Vernou-sur-Brenne, on a deux pharmaciens, six préparatrices et on a 18 masques par semaine et par pharmacien, soit 36 masques. Donc on se retrouve souvent avec un masque par personne, et encore les jours où on est sept, ça coince. On a perdu beaucoup de temps". 

Sur la question des préparateurs en pharmacie, le gouvernement a semble-t-il entendu la demande de la profession. Un décret doit paraître au Journal Officiel ces prochains jours pour qu'ils soient eux aussi destinataires des stocks de masques de l'Etat.

En tout cas, tous l'avouent, s'ils ont pu continuer à travailler au début de cette crise, et même encore maintenant, c'est notamment grâce aux dons des entreprises et des particuliers. 

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