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Santé – Sciences

L'hôpital de La Rochelle informe sur les risques d'une chimiothérapie pour les proches des malades, une première

vendredi 5 octobre 2018 à 16:05 Par Marie-Laurence Dalle et Julien Fleury, France Bleu La Rochelle et France Bleu

C'est encore un tabou en France, on parle peu des risques toxiques liés à une chimiothérapie pour les proches des malades. L'hôpital de La Rochelle publie un guide des bonnes pratiques, pour protéger les aidants.

Le passeport chimio, un guide pour protéger la santé des aidants
Le passeport chimio, un guide pour protéger la santé des aidants © Radio France - Marie-Laurence Dalle

La Rochelle, France

Quand vous rentrez d'une séance de chimiothérapie, évitez les rapports sexuels non protégés, et lavez votre linge à part. Ce sont deux des conseils dispensés dans le passeport pour une chimiothérapie responsable, désormais distribué par l'hôpital de La Rochelle. 

"La chimiothérapie fait appel à des médicaments dangereux", souligne Valérie Moulin, médecin oncologue, "ce sont des médicaments qui tuent des cellules, donc ils sont particulièrement toxiques". Ces produits ne disparaissent pas miraculeusement après avoir été injectés à un patient, ils sont éliminés par la transpiration, par les voies urinaires, fécales, respiratoires etc. "Si chacun arrive à en prendre conscience, ajoute Valérie Moulin, on pourra peut-être trouver des solutions pour au moins minimiser ces risques et diminuer l'exposition des proches". 

Il est parfois compliqué de dire à une maman qu'elle ne doit pas faire de câlin à son bébé" - Emilie Leroyer, infirmière

Le passeport pour une chimiothérapie responsable a été conçu par un cabinet de lobbying environnemental spécialisé dans la santé, et aussitôt adopté par les médecins de l’hôpital de La Rochelle, les premiers à l'utiliser en France. Il contient une série de fiches, avec des conseils simples et pratiques pour les aidants. 

Les proches des malades sont exposés aux lourds effets secondaires des traitements

"Il vaut mieux laver à part les draps dans lesquels un malade à vomi", indique par exemple Valérie Moulin, médecin oncologue, "plutôt qu'avec le linge de la famille, et les laver à des températures élevées". Des conseils qui ne sont parfois pas facile à entendre. "Il est compliqué de dire à une maman qui a un bébé de quatre ans, qu'elle ne doit pas lui faire de câlin pendant 4 à 5 jours", explique l'infirmière Emilie Leroyer.
 

Les soignants, eux, appliquent déjà ces conseils depuis une dizaine d'années. "Nous sommes suivis par la médecine du travail. Tous les ans, nous avons une prise de sang pour vérifier que nous n'avons pas été touchés par ces produits que l'on manipule tous les jours", précise Emilie Leroyer, infirmière. "On a envie que les proches des malades soient informés, et protégés également".

Les chimiothérapies se vivent désormais à domicile 

L'information est d'autant plus nécessaire que désormais les chimiothérapies se vivent à domicile, le coût est moins important pour la sécurité sociale. En cancérologie, les soins ambulatoires et les hospitalisations à domicile se développent à marche forcée et sans contrôle, regrette Olivier Thomas le patron du cabinet Primum Non Nocere qui a créé le passeport pour une chimiothérapie responsable.

"Pour des raisons budgétaires en France, on réduit les durées de séjour, mais sans les informations adéquates et sans avoir structuré le suivi à domicile du traitement (déchets, linges ou excrétas)", déplore-t-il. Il cite l'exemple de la chimiothérapie vétérinaire : un animal qui est traité est systématiquement hospitalisé pour 48 heures "et on traite ses excrétas spécifiquement dans une filière à part". "Il faudrait appliquer les préceptes de la santé animale à l'être humain, ce serait une bonne chose dans notre pays". On en est loin en France, alors qu'en Suisse ou au Canada, les risques, pour les proches des malades, sont pris en compte depuis une bonne décennie.