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Santé – Sciences

A Caen, un espoir contre la sclérose en plaques

vendredi 29 juillet 2016 à 11:24 Par Boris Letondeur, France Bleu Normandie (Calvados - Orne)

Une équipe de recherche de l'Inserm, hébergée à l'institut Cycéron de Caen, a réussi à stopper la sclérose en plaques chez des souris. Un article sur cette étude, longue de quinze ans, vient d'être publiée dans la prestigieuse revue scientifique Brain Magazine. Un espoir pour les malades.

Le docteur Fabian Docagne, directeur de recherche à l'institut Cycéron de Caen, responsable de l'équipe qui a découvert l'anticorps ralentisseur du développement de la sclérose en plaques.
Le docteur Fabian Docagne, directeur de recherche à l'institut Cycéron de Caen, responsable de l'équipe qui a découvert l'anticorps ralentisseur du développement de la sclérose en plaques. © Radio France - Boris Letondeur

Caen, France

Il n'y a pas encore de remède pour annihiler la sclérose en plaques mais une équipe de chercheurs basée à Caen a peut-être trouvé le moyen de stopper sa progression. Installé à l'institut Cycéron, le groupe de recherche du Docteur Fabian Docagne a réussi à ralentir la maladie chez des souris, grâce à un anticorps. Près de 15 ans de travail pour une quinzaine de chercheurs Caennais, mais aussi espagnols et néerlandais pour parvenir à ce nouveau traitement.

"Les globules blancs normalement dans le sang traversent les vaisseaux et s'installent dans le tissus cérébral, dans le cerveau ou la moelle épinière, et vont entrainer des dommages et les manifestations chez les patients. Nous avons découvert un système de clé et de serrure qui permet à ces cellule de passer à travers la barrière. Nous sommes surtout arrivés à fermer cette serrure".

La découverte est importante, il s'agit d'un grand pas vers une vie moins compliquée avec la maladie. Pour autant, le Docteur Docagne tient à préciser que cela ne fait pas régresser les symptômes mais réduit la progression des effets de la maladie.

"Quand on traite des souris avec ce médicament, on réduit les dommages et elles vont mieux. Ça bloque la progression des symptômes. Normalement, les souris qui ont cette maladie atteignent le stade de la paralysie. Lorsqu'on les traite avec notre anticorps, elles ont seulement des faiblesses des pattes arrières mais pas de paralysie".

10 ans pour un traitement "humain"

100 000 Français sont atteint de sclérose en plaques, maladie considérée comme auto-immune car le système immunitaire, censé protéger l'organisme des agressions extérieures, attaque ses propres constituants. Une fois contractée, elle accompagne le patient tout au long de sa vie,  qui sera d’ailleurs d’une longévité normale. Elle se signalera par divers symptômes ou « poussées », visuels, moteurs, sensitifs, urinaires ou cognitifs.

L'anticorps efficace chez les souris, appelé Glunomab, doit maintenant être adapté aux êtres humains. Une procédure longue. En général, une dizaine d'années est nécessaire pour y parvenir, comme l'explique le docteur Fabian Docagne.

"Il y a encore beaucoup, beaucoup d'étapes avant que ce médicament ne puisse être testé sur des patients. Désormais, nous cherchons des partenaires (mécènes, industrie pharmaceutique, etc.) prêts à financer des essais qui peuvent représenter un investissement de plusieurs millions d'euros".

Comme pour de nombreuses maladies, le temps presse. Entre 4 et 6 000 cas de sclérose en plaque sont révélés chaque année en France.