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Dossier : Coronavirus Covid-19

Campagne de vaccination contre le coronavirus : on répond à vos questions

- Mis à jour le -
Par , , , France Bleu

Le calendrier de la campagne de vaccination contre le Covid-19 évolue au fil des semaines. Qui peut se faire vacciner ? À quelle date ? Vers quels professionnels de santé se tourner ? Nous répondons à vos questions.

La campagne de vaccination contre le coronavirus a commencé le 27 décembre en France [photo d'illustration].
La campagne de vaccination contre le coronavirus a commencé le 27 décembre en France [photo d'illustration]. © Maxppp - PHOTOPQR/OUEST FRANCE

Critiqué pour la lenteur du démarrage de la campagne vaccinale, le gouvernement a modifié le calendrier initialement prévu. La stratégie pourrait encore évoluer en fonction de la propagation de l'épidémie de Covid-19 et des contraintes logistiques. La rédaction de France Bleu fait le point. Nous répondons aux questions que vous vous posez avec l'aide de médecins ou experts qualifiés.

► Vous pouvez continuer à poser vos questions en cliquant ici ou .

Vous pouvez également poser vos questions sur la stratégie de vaccination, sur les vaccins, sur leur approvisionnement et leur surveillance sur la Foire aux questions du ministère des Solidarités et de la santé.

Qui peut se faire vacciner à ce jour ?

Le gouvernement a décidé de prioriser les injections en fonction des publics. Nous mettrons à jour ce calendrier au fur et à mesure des annonces. La vaccination est désormais ouverte à l’ensemble des personnes appartenant aux catégories suivantes :

  • Les résidents volontaires en EHPAD et USLD, qui sont vaccinés directement dans les établissements.
  • Les personnes âgées séjournant dans les établissements de santé et en services de soins de suite et de réadaptation.
  • Les personnes âgées hébergées en résidences autonomie, résidences services et autres lieux de vie spécialisés, ainsi que dans les foyers de travailleurs migrants.
  • Les personnes en situation de handicap, vulnérables, hébergées en maisons d’accueil spécialisées et foyers d’accueils médicalisés.
  • Les professionnels de santé (et autres professionnels des établissements de santé et des établissements médico-sociaux intervenant auprès de personnes vulnérables), les aides à domicile intervenant auprès de personnes âgées et handicapées vulnérables et les sapeurs-pompiers, lorsqu’ils ont plus de 50 ans ou présentent une ou plusieurs des comorbidités suivantes :
  1. L’obésité (IMC>30),
  2. La BPCO et l’insuffisance respiratoire,
  3. L’hypertension artérielle compliquée,
  4. L’insuffisance cardiaque,
  5. Le diabète (de type 1 et de type 2)
  6. L’insuffisance rénale chronique,
  7. Les cancers et maladies hématologiques malignes actifs et de moins de 3 ans
  8. Le fait d’avoir une transplantation d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques,
  9. La trisomie 21.

"D’autres pathologies ou formes de handicap pourront être intégrées au fur et à mesure de l’acquisition des connaissances", indique la Haute autorité de santé.

Je ne fais pas partie de ces catégories, quand vais-je pouvoir me faire vacciner ?

La vaccination va progressivement s'élargir, en s'ouvrant à la population par tranche. Ce calendrier est susceptible d'évoluer en fonction des autorisations de mise sur le marché des différents vaccins et des livraisons.

  • À partir du 18 janvier, la vaccination sera étendue à toutes les personnes de plus de 75 ans, même si elles ne résident pas dans des Ehpad et ne présentent pas de comorbidités. "Cela fait cinq millions de personnes", a précisé le ministre de la Santé. Cette phase devrait durer jusqu'à la fin du mois de février. La vaccination va aussi être étendue aux personnes pouvant développer une forme grave de la maladie, quelque soit leur âge, disposant d’une ordonnance médicale pour se faire vacciner prioritairement. Les patients particulièrement vulnérables à la Covid concernés sont les suivants :
  1. atteints de cancer et de maladies hématologiques malignes en cours de traitement par chimiothérapie
  2. atteints de maladies rénales chroniques sévères, dont les patients dialysés
  3. transplantés d’organes solides
  4. transplantés par allogreffe de cellules souches hématopoïétiques
  5. atteints de poly-pathologies chroniques, selon le critère suivant : au moins deux insuffisances d’organes
  6. atteints de certaines maladies rares listées ici 
  7. atteints de trisomie 21.
  • Fin février-début mars 2021, les personnes de plus de 65 ans atteintes de pathologies devraient pouvoir se faire vacciner. Cela représente environ 14 millions de Français, estime le gouvernement. Cette phase s'étendra jusqu'au printemps, probablement jusqu'à la fin du mois de mars.
  • À partir du printemps 2021, la vaccination devrait être ouverte aux publics suivants : les personnes âgées de 50 à 64 ans ; les professionnels des secteurs essentiels au fonctionnement du pays en période épidémique (sécurité, éducation, alimentaire) ; les personnes vulnérables et précaires et les professionnels qui les prennent en charge ; les personnes vivant dans des hébergements confinés ou des lieux clos.
  • Enfin, le gouvernement continuera progressivement d'étendre la campagne à toute la population, sans qu'une date ne soit pour l'instant arrêtée.

"Évidemment, il y a la nécessité d'ajustement (...) Les plus de 65 ans, c'est 12 à 13 millions de personnes, les personnes à risque 3 à 4 millions. Il faut ajuster avec les doses de vaccin disponibles, en fonction des arrivées. Il y a une nécessité de préciser les possibilités de vaccination", a déclaré Alain Fischer, immunologiste et président du conseil d'orientation de la stratégie vaccinale contre le Covid-19, le 12 janvier sur France Inter.

Ai-je le droit de refuser le vaccin ? 

Oui, vous avez le droit. Dès le 24 novembre, Emmanuel Macron a annoncé que la vaccination ne serait pas obligatoire, ce qui a été répété le 3 décembre par le ministre de la Santé Olivier Véran. "Trois principes seront respectés : le libre choix des patients, la gratuité des vaccins, la sécurité. La vaccination se fera dans le respect des règles", a assuré le ministre de la Santé.

"Pour que cette vaccination soit efficace, il faut établir la confiance" a aussi souligné Alain Fischer, médecin spécialiste en immunologie, chargé de la campagne de vaccination

Avant de leur administrer le vaccin contre le Covid-19, les personnes en Ehpad doivent donner leur consentement. Des notices d'information, disponibles sur le site du ministère de la Santé, leur sont remises. Le consentement, ou le refus, peuvent être exprimés de manière orale au moment de la consultation avec le médecin, il n'est pas obligatoire de remplir un document de plusieurs dizaines de pages contrairement à ce qu'a affirmé Gérad Larcher, le président du Sénat, mercredi 6 janvier sur France 2. Mardi 5 janvier, le ministre de la Santé avait annoncé la simplification des mesures dans les maisons de retraite, notamment concernant la prise en charge du consentement des personnes.

Le principe du volontariat doit également s'appliquer dans les entreprises, qui pourraient être invitées à participer à la campagne vaccinale comme le souhaite la ministre du Travail.

Comment me faire vacciner ? 

Inscription et prise de rendez-vous 

Si vous faites partie des publics concernés, vous pouvez d'ores et déjà prendre rendez-vous dans des centres de vaccination par téléphone au 0800 009 110 et sur Internet via sante.fr ou encore les plateformes privées Doctolib, Maiia et Keldoc.

Où se faire vacciner ?

Ce vendredi 15 janvier, 833 centres de vaccination étaient ouverts à la réservation dans tous les départements de France. Sur place, vous devrez remplir un questionnaire visant à vérifier que la vaccination peut se dérouler dans de bonnes conditions. Il sera possible de voir un médecin.

Ces centres sont choisis sur proposition des directeurs des Agences régionales de santé (ARS) et validés par les préfets "après discussions au sein des cellules territoriales dédiées à la campagne de vaccinations", précise le ministère de la Santé.

La liste complète n'est pas encore connue mais les salles municipales, les maisons de santé, les centres de dépistage Covid ou les gymnases peuvent être privilégiés, a laissé entendre l’entourage du ministre à Europe 1 : "Il faut que les personnes âgées n’aient pas à faire 70km pour se faire vacciner". Olivier Véran a aussi évoqué "des bus qui pourront circuler" notamment dans les zones rurales, pour permettre au plus grand nombre de se faire vacciner.

Qui peut vacciner ?

Tous les professionnels de santé, sauf les pharmaciens pour le moment, peuvent participer à la campagne vaccinale, ainsi que les étudiants en santé dans la limite de leurs compétences en matière de vaccination. L'arrivée du vaccin AstraZeneca/Oxford, envisagée pour fin janvier-début février, sera l'occasion de redéfinir le rôle des officines et des pharmaciens a indiqué le ministère de la Santé. 

Les médecins coordonnateurs des Ehpad peuvent prescrire et administrer les vaccins aux résidents et aux personnels de l'établissement dans lequel ils exercent, en informant les médecins traitants des personnes concernées. 

Le médecin généraliste, et notamment le médecin traitant, a vocation à être "au cœur du dispositif" indique le ministère de la Santé sur son site internet. "Cela d’autant plus à partir de l’étape 2, qui concernera près de 14 millions de personnes présentant un facteur de risque lié à l’âge ou une pathologie chronique." Pour l'heure, les médecins traitants n'ont pas la possibilité de conserver les vaccins existants (- 80 C° pour Pfizer/BioNtech) dans leurs cabinets mais "avec d'autres vaccins, dont les conditions techniques sont différentes cela va être possible", a affirmé Dominique Le Guludec, présidente de la Haute autorité de santé, le 12 janvier sur franceinfo. 

Les infirmiers peuvent pratiquer les injections des vaccins à condition qu'un médecin puisse intervenir à tout moment.

Comment se déroule la consultation pré-vaccinale ?

Les patients sont accueillis par un.e infirmier.e, qui, sur la base d'un questionnaire validé par la société française d'infectiologie et la HAS, évalue s'il existe des contre-indications  à la vaccination. Si oui, la personne est examinée par le médecin, sinon médecin elle peut être vaccinée.

Serai-je prévenu(e) quand viendra mon tour ?

Des bons doivent être expédiés par l'Assurance maladie aux personnes âgées de 75 ans et plus, dans chaque département. Il ne sera pas nécessaire de les avoir pour se faire vacciner.

Si vous prenez rendez-vous sur une plateforme internet, vous recevrez des SMS de rappel a ajouté Stanislas Niox-Château, cofondateur et président de Doctolib sur franceinfo le 12 janvier.

Le vaccin est-il gratuit ?

Les vaccins sont achetés par l'Agence nationale de santé publique qui assure leur mise à disposition à titre gratuit. Un décret du 31 décembre 2020 prévoit pour tous la prise en charge intégrale des consultations pré-vaccinales et de vaccination, ainsi que des frais d'injection du vaccin. Les non assurés sociaux bénéficient d'une dispense d'avance de frais.

Dois-je me faire vacciner si j'ai déjà eu la Covid-19 ?

"Il n’est pas nécessaire, à ce stade, de vacciner systématiquement les personnes ayant déjà été infectées par la Covid-19", indique l'Assurance maladie sur son site internet. Cependant, précise le ministère de la Santé, dans la mesure où "il est difficile d’évaluer le niveau d’immunité acquise en tant que malade", "il n’y aura pas de distinction dans la proposition du vaccin tant que nous ne disposerons pas d’informations nouvelles et d’une recommandation de la HAS."

Vous pouvez donc vous faire vacciner si vous le souhaitez "après échange avec le médecin". Dans ce cas, indique l'Assurance maladie, "il faut respecter un délai minimal de trois mois après le début des symptômes avant de procéder à la vaccination et ne pas vacciner s’il y a des symptômes persistants".

Une fois vacciné(e), ma vie reprendra-t-elle son cours "normal" ?

Voyager, aller au cinéma, au restaurant, enlever son masque... Nous sommes nombreux à en rêver. Invité de BFMTv jeudi 7 janvier, Olivier Véran s'est montré très clair : "Non, on ne peut pas enlever son masque une fois vacciné" car en l’état actuel des connaissances, les vaccins aujourd’hui disponibles ou en cours de développement réduisent la sévérité des symptômes, mais pas la contagiosité. On ne "sait pas aujourd'hui si le vaccin empêche de transmettre" a confirmé la professeure Dominique Le Guludec, présidente de la Haute autorité de santé, le 12 janvier sur franceinfo. Il faut donc continuer à porter un masque.

Quels sont les vaccins autorisés en France ? Puis-je choisir mon vaccin ?

La Haute autorité de santé a donné son feu vert à l'utilisation du vaccin élaboré par Moderna, vendredi 8 janvier. Il est livré depuis le lundi 11 janvier, en priorité dans les régions les plus touchées par l'épidémie. C'est le deuxième vaccin autorisé en France après celui de Pfizer/BioNTech, validé le 21 décembre

Dès lors, la possibilité pour les patients de choisir leur vaccin se pose. "Nous avons deux vaccins validés, deux vaccins à ARN Messager avec la même efficacité, les mêmes indications. Il n'y a pas lieu de poser la question du choix", a répondu le ministre de la Santé Olivier Véran jeudi 7 janvier. La même logique s'appliquera aux vaccins à venir : "S'ils ont les mêmes indications, les mêmes contre-indications et le même niveau d'efficacité, ils seront proposés indistinctement, comme ce sera le cas dans le monde entier"

"Les 3e et 4e vaccins vont arriver plus tôt que prévu" a assuré la professeure Dominique Le Guludec, présidente de la Haute autorité de santé, le 12 janvier sur franceinfo. "Il pourrait y avoir des vaccins plus adaptés à certains types de population", a-t-elle précisé.

Où en sont les autres vaccins ?

Selon le point de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en date du 5 janvier, 235 vaccins sont en cours de développement, dont 63 sont en phase d'essai clinique (sur l'homme). Certains sont plus avancés que d'autres. Une quinzaine est ainsi en essai clinique de phase 3, la dernière.

AstraZeneca/Oxford

L'Inde, l'Argentine, le Mexique, le Maroc ou encore le Royaume-Uni ont autorisé le vaccin développé par AstraZeneca/Oxford. L'Agence européenne des médicaments (EMA), mise sous pression par les États membres, rendra sa décision le 29 janvier.

L'Europe attend les résultats d’une "étude supplémentaire" après une heureuse erreur survenue lors de la phase 3 de l'essai clinique : le laboratoire a découvert que les patients ayant reçu une demi-dose du vaccin bénéficient d'une meilleure protection contre le virus que celles qui ont reçu une dose entière. Le laboratoire devrait  prochainement demander des autorisations en urgence pour être distribués aux États-Unis.

Janssen 

D'autres vaccins sont actuellement en phase 3 : il s'agit par exemple du vaccin Johnson&Johnson développé par la compagnie pharmaceutique belge Janssen. "Nous allons essayer d’aboutir à des résultats d’ici la mi-janvier", expliquait courant décembre le numéro 2 du laboratoire sur la télévision belge. Le vaccin pourra être mis sur le marché en Belgique en mars ou avril, avait prédit Paul Stoffels. Là encore, le laboratoire devrait prochainement demander des autorisations en urgence pour être distribués aux Etats-Unis.

CureVac

Le vaccin de l'allemand CureVac en est également à la dernière phase des essais cliniques, depuis mi-décembre. Si tout va bien, sa commercialisation pourra intervenir dans le courant de l'année 2021. Ce jeudi 7 janvier, le géant de la chimie-pharmacie Bayer a annoncé un partenariat avec Curevac pour le soutenir dans le développement, la production et la commercialisation de son vaccin, "pour faciliter la fourniture de plusieurs centaines de millions de doses", indique Bayer dans un communiqué.

Le Français Sanofi

Les laboratoires français Sanofi et britannique GSK ont annoncé le 11 décembre que leur vaccin anti-Covid ne serait prêt que fin 2021, après des résultats moins bons qu'attendu dans les premiers essais cliniques. Il s'agit "d'améliorer la réponse immunitaire chez les personnes âgées", indiquent les groupes dans un communiqué. Ils tablent désormais sur une mise à disposition du vaccin au quatrième trimestre, alors qu'ils visaient initialement une demande d'homologation au premier semestre de 2021. Le vaccin est toujours en phase 2 de l'essai clinique.

Novavax

L'entreprise américaine vient de débuter la phase 3 des essais cliniques, fin décembre. 15.000 volontaires ont déjà été recrutés au Royaume-Uni, et le laboratoire est en cours de recrutement de 30.000 volontaires supplémentaires pour les essais cliniques aux Etats-Unis et au Mexique.

Les vaccins russes et chinois

La Russie a démarré sa campagne le 5 décembre avec le vaccin russe Spoutnik V de l'institut russe Gamaleïa, encore dans sa troisième et dernière phase d'essais cliniques. Des experts occidentaux et russes ont fait part de leurs inquiétudes concernant Spoutnik V, développé avec le soutien de l'appareil d'Etat et homologué en Russie dès l'été, avant même les essais cliniques à grande échelle.

La Chine, où la pandémie a éclaté il y a un an, a commencé à vacciner dès l'été dernier. Plusieurs de ses laboratoires produisent un vaccin, les plus avancés étant ceux de Sinopharm et Sinovac. Tous deux sont en essai clinique de phase 3 également.

Pourquoi aussi peu de personnes ont été vaccinées jusqu'à présent ?

Le gouvernement a fait le choix de prioriser les publics considérés comme les plus fragiles. 20.000 personnes ont été vaccinées en dix jours, et 27.000 à 28.000 supplémentaires devaient être vaccinées jeudi 7 janvier, a précisé Olivier Véran sur BFMTv. Loin des centaines de milliers de personnes vaccinées en Allemagne ou au Royaume-Uni.

"On vaccine de plus en plus", a défendu le ministre de la Santé, critiqué pour la lenteur de la campagne. Une montée en puissance permettra d'atteindre un million fin janvier, a-t-il assuré expliquant que la France avait commandé 78 millions de doses d'ici l'été, pour les cinq vaccins les plus avancés.

"Le nombre de vaccinés dépend de la capacité des laboratoires à produire et fournir les pays qui ont commandé des doses" a-t-il complété. "Nous mobilisons des laboratoires français en capacité d'aider à produire", a assuré le ministre "et nous avons commandé plus de vaccins qu'il n'y en a besoin pour vacciner la totalité de la population française."

Combien de doses ont été commandées ? 

Les contrats avec les laboratoires sont conclus par l’Union européenne. La répartition des doses pré-commandées se fera au prorata des populations des États membres. La France devrait ainsi recevoir 15 % d’un total de 2 milliards de doses déjà réservées à ce jour par l’UE, dont :

  • 300 millions pour le vaccin développé par AstraZeneca et l’Université d’Oxford avec une option de 100 millions de doses supplémentaires ; 44 millions de doses ont été précommandées par la France.
  • 300 millions pour le vaccin de Sanofi avec GSK ; 45 millions de doses ont été précommandées par la France.
  • 200 millions de doses pour le vaccin de Janssen avec une option de 200 millions de doses supplémentaires ; 30 millions de doses ont été précommandées par la France.
  • 500 millions de doses pour le vaccin de Pfizer et BioNTech avec une option de 100 millions de doses supplémentaires ; 49 millions de doses ont été précommandées par la France.
  • 225 millions de doses pour le vaccin de l’Allemand Curevac avec 180 millions en option ; 33 millions de doses ont été précommandées par la France.
  • 160 millions de doses pour le vaccin de Moderna ; 24 millions de doses ont été précommandées par la France.

Y a-t-il un risque de pénurie ?

Comment accélérer la vaccination sans provoquer une pénurie de vaccins ? Équation délicate. En élargissant la vaccination aux pompiers, aides à domiciles et personnels de santé de plus de 50 ans et/ou considérés à risque, en plus des résidents des Ehpad, le nombre de vaccination a réaliser d'ici fin janvier est de deux millions

En rajoutant tous les plus de 75 ans, le public prioritaire pour la vaccination grimpe à 7 millions, selon les calculs de "L'œil du 20h" diffusé sur France 2 le 5 janvier 2021. Sauf que la France ne sera livrée d'ici fin janvier que d'1,4 million de doses du vaccin Pfizer/BioNTech, rappelle le Parisien/Aujourd'hui en France.

Le président (ex-Les Républicains) de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a dit avoir "ce désagréable sentiment qu'il y a une pénurie de vaccins, un manque de commandes et qu'on est en train, encore une fois, d'avoir une doctrine qui est fixée par la pénurie. Il faut dire la vérité", a insisté l'ancien ministre de la Santé dans le gouvernement de Dominique de Villepin mardi 5 janvier.

Pour pouvoir vacciner davantage de personnes, la deuxième injection du vaccin Pfizer-BioNTech pourra désormais être différée, "jusqu'à six semaines au lieu de trois". "Cela nous permet de disposer de davantage de doses disponibles tout de suite" pour réaliser la première injection du vaccin chez plus de patients, a souligné le ministre de la Santé Olivier Véran jeudi 7 janvier.

500.000 doses de vaccins seront livrées chaque semaine jusqu'à la fin du mois de février. En mars, cette cadence passera à un million de doses hebdomadaires, assure le gouvernement. 78 millions de doses seront livrées avant l'été, entre les cinq principaux vaccins a promis Olivier Véran. C'est-à-dire entre les deux qui existent déjà et "les trois autres dont nous espérons qu'ils seront validés."

Y a-t-il des pertes de doses dues à une mauvaise gestion ? 

Dans un article du Figaro, paru dimanche 3 janvier, un conseiller du Premier ministre estime en effet qu'"entre 25 et 30% des doses de vaccin pourraient être perdues" en France, en raison de problèmes logistiques. Cela représenterait une perte de 50 à 60 millions de doses sur les 200 millions commandées par la France. 

Il s'agit d'une hypothèse de prudence de la part du gouvernement, qui anticipe des ruptures de la chaîne du froid pendant l'acheminement des doses jusqu'aux lieux de vaccination, des flacons brisés par inadvertance ou des flacons entamés mais pas complètement utilisés. "Le vaccin étant conditionné en multidoses et ne pouvant pas se conserver après ouverture, il se pourrait que certaines doses ne soient pas utilisées", précise Matignon à franceinfo.

"Avec un flacon, on peut vacciner cinq voire apparemment six personnes. Ces vaccins peuvent être conservés au frigo pendant cinq jours, quand ils sont envoyés dans les lieux de vaccination. En revanche, une fois préparés, ils doivent être utilisés dans les cinq heures qui suivent", détaille Odile Launay, infectiologue, coordinatrice du centre de vaccinologie Cochin-Pasteur et membre du comité vaccin Covid-19. Cela demande d'anticiper des vaccinations groupées. Mais il n'est pas forcément évident de tomber sur le bon multiple dans un Ehpad, par exemple. 

Le vaccin est-il efficace contre les variants du Covid-19 ?

Deux formes différentes du virus, des variants, repérées d'abord au Royaume-Uni et en Afrique du Sud, inquiètent la communauté internationale.

Pour ces deux mutations, "il n'y a à ce stade pas assez d'informations disponibles pour estimer (si elles font peser) un risque sur l'efficacité des vaccins", estime le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). "En l'état actuel de nos connaissances, les experts pensent que les vaccins actuels seront efficaces contre ces souches", a récemment déclaré Henry Walke, des Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC).

De leur côté, BioNTech et Pfizer ont assuré vendredi que leur vaccin était efficace contre la mutation N501Y, commune aux variants britannique et sud-africain. Mais l'étude sur laquelle ils s'appuient ne porte pas sur l'ensemble des mutations présentes sur ces variants : elle ne suffit donc pas à conclure que l'efficacité du vaccin sera la même que contre le virus classique.

De fait, c'est une mutation présente chez le variant sud-africain, mais pas chez le britannique, qui préoccupe le plus les spécialistes du point de vue de l'efficacité des vaccins. Appelée E484K, cette mutation pourrait théoriquement aider ce variant "à contourner la protection immunitaire conférée par une infection antérieure ou par la vaccination", a expliqué lundi le Pr François Balloux, de l'University College de Londres, cité par l'organisme britannique Science Media Centre. Pour autant, rien n'indique à ce stade que cette mutation suffise à rendre le variant sud-africain résistant aux vaccins actuels, a tempéré le Pr Balloux.

En outre, plusieurs laboratoires ont assuré qu'ils étaient capables de fournir rapidement de nouvelles versions du vaccin si besoin était.

Quels sont les effets secondaires du vaccin Pfizer ?

Christelle Ratignier-Carbonneil, la directrice générale de l'Agence de sécurité du médicament a indiqué le 4 décembre sur Europe 1 qu'aucun "effet indésirable grave" n'avait été observé depuis le début de la campagne de vaccination contre le Covid-19 en France, avec le vaccin Pfizer/BioNTech. Sur les premières 2.000 vaccinations, seules "quelques douleurs" à l'endroit de l'injection et de la "fatigue" ont été signalées, précise-t-elle.

Selon les scientifiques de l'Agence américaine des médicaments (FDA), qui ont étudié les données détaillées des essais cliniques, le vaccin du géant américain ne présente pas de risque de sécurité empêchant son autorisation. L’essai de Pfizer a été mené sur 43.252 participants, dont des enfants et adolescents de 12 ans et plus. La moitié a reçu un placebo et l’autre moitié, le vaccin. La FDA précise que le vaccin est sûr quel que soit l'âge, le sexe, l'ethnicité ou la présence initiale de pathologies.

Le rapport de la FDA s’attarde sur les effets secondaires du vaccin Pfizer. Parmi les plus fréquents, des effets certes pénibles mais non dangereux, comme pour la majorité des vaccins : des douleurs autour du point d'injection dans le bras (pour 84,1% des participants), de la fatigue (62,9%), des maux de tête (55,1%). Les personnes vaccinées peuvent aussi s’attendre à ressentir des courbatures (38,3%), des frissons (31,9%), des douleurs dans les articulations (23,6%), voire de la fièvre (14,2%).

La plupart de ces effets se sont produits dans les jours suivant la vaccination, mais la surveillance s'est poursuivie sur deux mois pour la moitié des participants, sans révéler plus d'incidents de façon significative.

Les réactions sévères sont beaucoup plus rares. Elles se sont produites chez 0 à 4,6% des participants. Il y a ainsi eu plus de cas de gonflement des ganglions chez les vaccinés, et quatre cas de paralysie faciale de Bell (une paralysie temporaire) ont été détectés dans le groupe vacciné, contre zéro dans le groupe placebo. Statistiquement, cela ne suffit pas à prouver un lien, le nombre de cas ne dépassant pas celui que l’on retrouve habituellement dans la population. La FDA recommande néanmoins une vigilance spécifique sur ce point. Ces réactions sévères sont d’ailleurs moins fréquentes chez les personnes de plus de 55 ans (2,8%) que chez les jeunes (4,6%), dont le système immunitaire est moins réactif.

Les effets indésirables graves, nécessitant par exemple une hospitalisation, sont rares sur l'ensemble de l'essai clinique (moins de 0,5%) et il y en a eu autant dans le groupe placebo que dans le groupe de personnes vaccinées, ce qui suggère que le vaccin n'est pas en cause. Ainsi il y a eu 8 cas d'appendicites chez les vaccinés, contre 4 dans le groupe placebo.

Une personne sur environ 100.000 a manifesté une réaction allergique grave après avoir reçu une dose du vaccin de Pfizer-BioNTech contre le coronavirus, ont annoncé mercredi 6 janvier les autorités sanitaires américaines, soulignant que les bénéfices de la vaccination étaient bien supérieurs aux risques potentiels. 

"En moyenne, cela représente un taux de 11,1 chocs anaphylactiques par million de doses administrées", a expliqué à des journalistes Nancy Messonnier, une responsable des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC). A titre de comparaison, les vaccins contre la grippe provoquent environ 1,3 choc anaphylactique par million de doses. Même si le taux pour le vaccin de Pfizer-BioNTech contre le coronavirus est environ dix fois supérieur, le nombre de cas de réactions allergiques sévères reste "excessivement rare" et la population a tout intérêt à se faire vacciner, les risques de la pandémie de Covid-19 étant bien plus grands, a insisté Mme Messonnier : "Nous savons soigner" pour réagir en cas de besoin.

Mme Messonnier a indiqué que des enquêtes étaient en cours pour déterminer la cause des réactions allergiques. L'une des hypothèses s'intéresse à la présence dans le vaccin d'une substance, le polyéthylène glycol (PEG), qui est utilisé dans de nombreux produits courants comme les laxatifs, les shampoings ou la pâte dentifrice mais n'a encore jamais été employée dans des vaccins.

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