Santé – Sciences

Cancer : le droit à l'oubli pour les anciens malades

France Bleu Toulouse vendredi 4 septembre 2015 à 8:55

Notre invitée ce vendredi, Marie-Ange Delord-Léophonte, directrice de la Ligue contre le Cancer 31.
Notre invitée ce vendredi, Marie-Ange Delord-Léophonte, directrice de la Ligue contre le Cancer 31. © Radio France

Le droit à l'oubli devient réel pour les anciens malades du cancer. Après deux ans de négociations, les associations ont fait plier les assurances et les banques qui ne peuvent plus faire payer des primes supplémentaires de risque santé à leurs clients guéris d'un cancer.

Deux types d'anciens malades profitent de ce nouveau droit à l'oubli : les jeunes qui ont eu cancer en bas âge , avant leurs 15 ans et cinq ans après leur guérison; et les adultes, 15 ans après la fin de leur traitement. Ce changement s'inscrit dans le cadre du troisième Plan Cancer lancé par François Hollande sur la période 2014-2019. C'est un premier pas décisif, selon les associations. 

"La prime peut aller jusqu'à +200% par rapport à un tarif standard. Il y a double peine en plus : le taux d'emprunt et l'assurance de cet emprunt". — Marie-Ange Delord-Léophonte, directrice de la Ligue contre le Cancer 31

Jusqu'ici et toute leur vie, les anciens malades avaient l'obligation de signaler aux banques et assurances leur passé médical : type de cancer, durée du traitement, éventuelles séquelles. Un prêt immobilier pouvait, par exemple, inclure une prime de risque : l'assurance sur ce prêt tenait compte de la possible rechute du client. 

"Ca change tout pour le patient, sa vie est susceptible de redevenir normale. Cela conforte la guérison". — François Chollet, chef du service de neurochirurgie au CHU et adjoint au maire de Toulouse 

Mais ce n'est qu'un premier pas, parce que les malades adultes vont encore traîner ce boulet 15 ans après la maladie. Cela paraît long et pour certains cancers, ce sera bientôt réduit .

"Parmi les premiers cancers sur lesquels nous avons commencé à travailler, il y a celui de la thyroïde, les testicules. Les anciens malades pourront, nous l'espèrons, ne plus attendre 15 années après leur guérison pour avoir droit au tarif normal". — Thierry Breton, le directeur du l'insitut national du cancer qui cofinance le cancéropole de Toulouse. 

Cette grille des cancers compatibles avec un droit à l'oubli anticipé sera bientôt publiée et réactualisée régulièrement sur le site de l'Institut national du cancer

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