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Santé – Sciences

Canicule, vacanciers, grogne sociale : l'hôpital de Dax est-il à bout de souffle ?

dimanche 5 août 2018 à 19:32 Par Paul Ferrier, France Bleu Gascogne

Avec l'augmentation de la fréquentation due à l'été, la canicule et la Feria de Dax qui approche, l’hôpital de Dax ne manque pas de travail en ce moment. Comment gère-t-il cette période alors que l'établissement vit une crise sociale depuis deux mois ?

L'entrée principale de l'hôpital de Dax.
L'entrée principale de l'hôpital de Dax. © Radio France - Paul Ferrier

Dax, France

L'été, l'hôpital de Dax est chargé d'accueillir les urgences de la côte Sud landaise et donc des vacanciers. Habituellement 9e hôpital de Nouvelle-Aquitaine en terme d'accueil, il passe en période estivale à la 5e position. Si l'on ajoute à cela la canicule, la Feria de Dax qui approche et un hôpital sous tension depuis le mois de juin en raison d'un conflit social qui oppose soignants et direction, c'est un cocktail qu'on peut imaginer instable. Depuis 2 mois, l'établissement vit un conflit, avec une colère et une inquiétude profonde des soignants rejoints, et c'est inédit à Dax, par un collectif de 70 médecins hospitaliers. En cause : un manque de personnel, des arrêts maladie qui se multiplient et qui ne sont pas remplacés et un nouveau plan d'économie annoncé. Pas idéale comme situation pour affronter l'été et son afflux de patient.  La situation est forcément tendue. 

Les urgences ? C'est compliqué. 

En fin de semaine dernière, Patrick Pelloux, le très médiatique président de l'association des médecins urgentistes, tirait la sonnette d'alarme sur la situation des urgences en période estivale et de canicule. Qu'en est il à Dax ? Eh bien les syndicats sont eux aussi alarmistes alors que la direction et les autorités se veulent rassurants. La réalité, c'est qu'effectivement, c'est compliqué. 

Scène pourtant étonnante jeudi 2 août dernier. C'était le premier jour du déclenchement de la canicule dans les Landes et les urgences de l'hôpital de Dax étaient quasi vides. "Mais ne vous y trompez pas", explique une jeune femme à l'accueil, "c'est très exceptionnel. D'habitude il y a des heures d'attente." 

C'est cette situation que dénonce Elisabeth Lasserre, secrétaire générale de la CGT à l’hôpital de Dax. "Avec la saison estivale et puis la canicule et les feria, on a beaucoup plus de fréquentation aux urgences", raconte la syndicaliste. "Ça devient très problématique. Le problème de saturation des urgences, cela vient aussi d'un manque de personnel qui ne peut pas prendre en charge les patients rapidement. C'est pour ça que ça sature". 

Les effectifs sont renforcés l'été". — Jean-Pierre Cazenave, directeur de l’hôpital de Dax.

Des urgences qui saturent par manque de moyen ? Non, dit la direction, tout est en place. Mais oui, c'est vrai, il y a plus de monde, compte Jean-Pierre Cazenave, le directeur de l’hôpital de Dax. "Pendant cette période, il y a à peu près 40 à 50 passages de plus par jour. Parfois, cela peut monter jusqu'à 200 passages." En temps normal, les urgences accueillent 120 patients par jour. Et les équipes tirent déjà la langue. "Il y a des dispositifs de renfort, les effectifs sont renforcés l'été", rassure le directeur.   

Non, tout ne va pas bien"

De son côté, l'Agence Régionale de Santé explique que les voyants sont au vert, qu'aucune alerte administrative (ce qu'on appelle hôpital en tension) lié a une capacité d'accueil trop faible n'a été déclenchée ces dernières semaines. "Attention à l'appréciation administrative face au ressenti de terrain", rétorque un cadre des urgences, exaspéré de voir des personnes âgées passer des heures sur des brancards. "Non, tout ne va pas bien" dit-il, "la structure n'est plus adaptée face à l'augmentation chaque année de la fréquentation des urgences. 4% de fréquentation en plus cette année, et c'est tous les ans à la hausse".  Ce cadre est inquiet pour faire face à la canicule, "mais c'est un problème qui ne touche pas que Dax", prévient-il.

Les couloirs du service cardiologie sont rafraîchis avec des ventilateurs.  - Aucun(e)
Les couloirs du service cardiologie sont rafraîchis avec des ventilateurs. - DR

Jusqu'à 30°C dans certaines chambres selon la CGT

La situation est d'autant plus tendue avec la canicule. Le syndicat CGT dénonce des températures de 30°C dans certaines chambres de patients. Il faut dire que, comme dans de nombreux établissements en France, très peu de services sont climatisés à Dax.  A l'entrée du bâtiment, on a d'ailleurs croisé cet homme, ventilateur sous le bras pour la chambre d'un proche hospitalisé. Ce thermomètre qui grimpe inquiète une aide soignante du service hépato-gastro-entérologie : "Le service n'est pas du tout climatisé, nous avons des ventilateurs qui brassent de l'air chaud. Les patients ont chaud ; nous, nous avons chaud. Ce qui peut conduire à des malaises. Cela me fait un peu peur par rapport à notre épuisement dans le service".  

Même problématique en cardiologie.  Sur 30 chambres, seulement cinq sont climatisées, "pour les cas les plus graves", explique le docteur Pascal Héricotte, responsable du service réadaptation cardiaque à l'hôpital thermal. "Dans le service cardiologie qui se situe au 5e étage, juste en dessous des toits, on ferme naturellement les volets.", décrit le médecin. "Malgré cela, il est absolument impossible de toucher une vitre tellement elle est brûlante. C'est vous dire la température qu'il fait à l'intérieur. Le service de cardiologie soigne les patients cardiaques, on comprend que, effectivement, ils souffrent.

Pas de climatisation à l’hôpital, c'est une situation courante dans les établissements construits il y a une trentaine d'années, explique le directeur de l’hôpital. "On aère la nuit, on ferme les volets le jour", dit Jean-Pierre Cazenave. "On a travaillé sur tout ce qui était isolation extérieure de façon à éviter de dépasser certaines températures dans les chambres." Et pour la climatisation ? Seulement quelques services et espaces communs en bénéficient, à l'image des urgences par exemple. "Jusqu'à présent les normes hospitalières faisaient qu'on considérait qu'il ne fallait pas de climatisation pour des raisons également d'hygiène.", justifie le directeur. "Il y a très peu aujourd'hui de structures hospitalières avec des chambres climatisées."

Il n'existe pas de loi, ou de norme, qui  interdit l'installation de climatisation dans les hôpitaux. En revanche, il existe des normes strictes, liées à l'hygiène, qui encadrent ces installations. En fait, selon la loi, c'est au directeur de l’hôpital d'apprécier s'il en faut, ou pas, en fonction des caractéristiques de chaque service.