Santé – Sciences

Chambéry : une quarantaine de pharmaciens en grève manifestaient devant la CPAM de Savoie

Par Julien Morin, France Bleu Pays de Savoie jeudi 26 janvier 2017 à 15:45 Mis à jour le jeudi 26 janvier 2017 à 15:50

Une quarantaine de pharmaciens manifestaient jeudi devant la CPAM de Savoie à Chambéry
Une quarantaine de pharmaciens manifestaient jeudi devant la CPAM de Savoie à Chambéry © Radio France - Julien Morin

Les pharmaciens étaient en grève jeudi. Ils manifestaient contre la baisse des prix des médicaments qui pèse sur leurs marges. Autre inquiétude : les futures règles du maillage officinal qui prévoient une répartition des pharmacies en fonction de la circulation et non des zones d'habitations.

Une quarantaine de pharmaciens étaient rassemblés jeudi matin devant la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Savoie à Chambéry. A l'appel du principal syndicat de la profession, ils étaient en grève pour manifester leur mécontentement face à la baisse du prix des médicaments qui pèse sur leurs marges. Or, comme l'indique Franck Jordan, pharmacien à La Léchère (Savoie), "les médicaments représentent 70% du chiffre d'affaire, voir même jusqu'à 80% dans les pharmacies rurales". Les bénéfices sont donc très minimes sur les autres produits vendus en officine. "Il y a une vraie inquiétude quand à l'évolution de notre profession" souligne Daniel Burlet, le président du syndicat des pharmacies de la Savoie. Au mois de décembre, 28 officines ont fermées leurs portes en France, trois en Savoie sur l'année dernière.

ÉCOUTEZ | "C'est difficile de dégager de l'argent !", Franck Jordan, pharmacien à La Léchère (Savoie)

"Nous sommes considérés comme un commerce alors qu'au départ nous sommes une profession libérale" s'indigne Laurence Finat, pharmacienne à Fontenex (Savoie)

Franck Jordan a acheté sa pharmacie il y a deux ans, aujourd'hui il confie avoir du mal à dégager de l'argent. "On a des salariés, on les rémunère normalement, mais c'est nous qui faisons beaucoup d'heures, entre 50 à 60 par semaine", raconte le pharmacien de la commune de quelques 1800 âmes. "Ce que nous demandons c'est que notre rémunération ne se fasse plus en fonction de la vente de médicaments mais comme un acte de consultation, explique Laurence Finat, pharmacienne à Fontenex en Savoie. Il arrive très fréquemment que quelqu'un vienne nous demander conseil. Le conseil est le même si l'on vend une boîte de deux euros ou une boîte de cinquante euros. Parfois la personne repart sans rien, le conseil a duré 10 minutes et nous ne vendons rien."

Une des pancartes affichées jeudi matin par les pharmaciens à Chambéry - Radio France
Une des pancartes affichées jeudi matin par les pharmaciens à Chambéry © Radio France - Julien Morin

ÉCOUTEZ | "Si on veut maintenir les gens à domicile, il faut qu'ils aient des services de proximité", Daniel Burlet, président du syndicat des pharmaciens de Savoie

"Une vraie inquiétude quand à l'évolution de notre profession", souligne Daniel Burlet, le président du syndicat des pharmaciens de la Savoie

L'autre sujet d'inquiétude ce sont les futures règles du maillage officinal : c'est à dire la répartition des pharmacies sur le territoire. Il est prévu que désormais les officines seront réparties en fonctions des axes de circulation et non des taux de population. Les professionnels du métiers craignent donc des zones de désert pharmaceutique. "En campagne on a un rôle social qui est important, rappelle Laurence Finat. Nous tissons des liens avec nos patients, nous leur apportons des services de proximité qu'ils n'auront plus si toutes les pharmacies se retrouvent dans les zones commerciales."

ÉCOUTEZ | "Nous tissons des liens avec nos patients", Laurence Finat, pharmacienne à Fontenex (Savoie)

Les pharmaciens ont repris le travail jeudi après-midi mais ont gardé les croix vertes de leurs enseignes éteintes pour manifester leur colère. Des négociations avec l'assurance maladie débuteront le 22 février prochain.

Les officines par région au 5 juillet 2016 et les fermetures sur un an - Visactu
Les officines par région au 5 juillet 2016 et les fermetures sur un an © Visactu