Santé – Sciences

Charles Coutant du centre anti-cancer Leclerc :"Ca ne fait jamais plaisir de rester à l'hôpital, on est mieux chez soi"

Par Stéphane Parry, France Bleu Bourgogne mardi 6 septembre 2016 à 12:11

Charles Coutant est responsable de la chirurgie au centre anti cancer Georges François Leclerc de Dijon
Charles Coutant est responsable de la chirurgie au centre anti cancer Georges François Leclerc de Dijon © Radio France - Stéphane Parry

A Dijon, près de la moitié des actes chirurgicaux sont pratiqués en ambulatoire. Le patient entre le matin et ressort le soir. Certains cancers sont soignés sur une journée comme le confirme Charles Coutant. Le responsable de la chirurgie au CGFL était ce mardi matin l'invité France Bleu Bourgogne.

-Stéphane Parry : "est-ce que c'est nouveau la chirurgie ambulatoire pour soigner les cancers ?"

-Charles Coutant : "ça fait cinq ans que l'on développe cette façon d'opérer dans notre centre. Certains cancers ne sont pas accessibles mais aujourd'hui de plus en plus d'interventions se pratiquent en chirurgie ambulatoire."

-Comment se déroule une journée en ambulatoire ?

-C'est un peu réducteur de dire que l'on rentre le matin et on ressort le soir. Il y a de la part de nos équipes, une grosse préparation en amont et une surveillance après l'opération. Il ne faut pas mettre en avant uniquement l'acte chirurgical sur la journée. C'est la préparation du patient qui permet de réaliser au mieux cette chirurgie. Il faut bien expliquer au patient comment va se passer la journée. On l'appelle deux jours avant. Puis, il faut expliquer ce qui va se passer lors du retour au domicile du patient. C'est l'appel du lendemain. Il pourra appeler à n'importe quel moment si il ne se sent pas bien, si il a de la fièvre, si il a des douleurs, lui redonnez des consignes. C'est ce qu'on appelle la filière péri-ambulatoire. Elle est indispensable pour la réussite de la chirurgie ambulatoire.

-Est-ce que l'accord du patient est obligatoire ?

-Oui absolument. Le patient peut préférer être hospitalisé. Après quand les patients font cette demande, elle est toujours justifié. Soit, le patient est seul, soit il est très fatigué. La plupart du temps, ce sont les patients qui nous réclament l'ambulatoire. C'est rarement dans l'autre sens. Çà fait jamais plaisir de rester à l'hôpital. On est mieux chez soi. Il ne faut pas faire de l'ambulatoire pour faire de l'ambulatoire.

-Pour l'établissement de santé, l'intérêt, c'est de diminuer les coûts ?

-Il ne faut pas mettre en avant les considérations économiques, mais bien l'intérêt du patient, la qualité de vie et le fait de rester moins longtemps à l'hôpital diminue aussi les risques d'infection nosocomiales. Et puis ça permet de mieux récupérer après une intervention chirurgicale. Quand vous êtes chez vous, vous êtes obligé de vous lever. Vous diminuez le risque de phlébite ou encore d'embolie pulmonaire. On fait de l'ambulatoire parce que cela a un sens dans la prise en charge des patients au 21ème siècle.

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