Santé – Sciences

Chauffage au charbon : attention aux intoxications

Par Lucas Valdenaire, France Bleu Nord samedi 2 janvier 2016 à 6:29

Températures douces et humidité augmentent les risques d'intoxication
Températures douces et humidité augmentent les risques d'intoxication © Maxppp

Le Nord-Pas-de-Calais est la région où les risques d'intoxication au monoxyde de carbone sont les plus forts. Les températures douces de cet hiver et l'humidité augmentent ces risques. L'Agence régionale de santé lance l'alerte.

Prudence si vous vous chauffez au charbon : la douceur de l'hiver et l'humidité favorisent les risques d'intoxication au monoxyde de carbone. L'alerte est lancée par l'Agence régionale de santé du Nord-Pas-de-Calais. Et ce n'est pas par hasard : notre région compte le plus grand nombre d'habitations encore chauffées au charbon ! 

En 2014, cinq morts dans la région

Le monoxyde de carbone est la première cause de mortalité accidentelle par toxique en France. Dans le Nord-Pas-de-Calais, il y a eu cinq décès en 2014. Et la saison hivernale est la plus dangereuse. Entre septembre et mars (période qu'on appelle "de chauffe"), environ 400 personnes sont exposées au monoxyde de carbone dans notre région, sur 3.000 en France. Il suffit que les températures soient douces et que l'humidité revienne pour décupler les risques. 

Aurore Roynette est chargée d'études à l'APPA du Nord-Pas-de-Calais, l'Association pour la prévention de la pollution atmosphérique. Elle explique pourquoi il faut faire bien attention pendant cette période de douceur, surtout dans le Nord-Pas-de-Calais : "le chauffage au charbon ne fonctionne pas au ralenti. Alors, en période de redoux, on a tendance à mettre son chauffage au ralenti, "à couver" comme on dit. Cela implique une mauvaise libération des gaz brûlés et donc des risques plus importants."

C'est un gaz totalement inodore, incolore et sans saveur, c'est totalement indécelable, dangereux voire mortel

Aurore Roynette, chargée d'études à l'APPA

"Bouillon de légumes"

Pas de quoi inquiéter Marie, une grand-mère de 88 ans. Elle habite à Carvin, dans le Pas-de-Calais. Chez elle, impossible d'avoir froid : elle utilise depuis toujours son poêle à charbon et n'a jamais été intoxiquée : "si vous faites attention cela n'arrivera pas," explique-t-elle. 

Il faut un petit peu d'air (dans la maison) pour que les gaz s'échappent par la cheminée 

Marie a 88 ans et habite Carvin dans le Pas-de-Calais

Mais on est jamais à l'abri d'une mauvaise surprise. Claude, 67 ans, se souvient de son père mineur qui lui aussi se chauffait au bois : 

S'il était pris de maux de tête et si cela sentait dans la maison, il disait qu'il fallait ouvrir les fenêtres et boire du jus de légume, pour se retaper !

Claude est un voisin. Son père avait parfois des maux de tête.

De l'air frais !

Pas sûr que le bouillon de légumes soit une solution miracle, alors pour éviter le pire, Aurore Roynette donne ses consignes :

Quand il y a un redoux, il faut faire attention à ne pas laisser couver son feu, ne pas le faire tourner au ralenti. Mieux vaut l'éteindre si c'est possible

Sinon, quoi qu'il arrive, il faut penser à ouvrir sa fenêtre régulièrement pour aérer la maison. Sans oublier de faire vérifier votre appareil de chauffage tous les ans, de ramoner votre cheminée et de ne surtout pas boucher les grilles d'aération. Avec un air frais qui circule bien : aucun risque **d’intoxication au monoxyde de carbone.** 

Il faut savoir que depuis 2008, l’Agence régionale de santé du Nord-Pas-de-Calais a mis en place un dispositif régional de "pré-alerte" en partenariat avec Météo France. Dès que la douceur et l'humidité reviennent, Météo France alerte l'ARS et les médias pour prévenir les habitants. Depuis deux ans : l'agence peut même envoyer directement un SMS en décrivant les bons comportements à adopter. Pour recevoir ces textos, il suffit de s'inscrire gratuitement sur le site de l'ARS ou de l'APPA du Nord-Pas-de-Calais.

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