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Santé – Sciences

CHU de Besançon : "un risque de hausse de mortalité" à cause de tensions au bloc opératoire

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Par , France Bleu Besançon, France Bleu

Le chef du service de chirurgie cardiaque du CHU de Besançon sort de son silence : il dénonce une crise grave et pointe du doigt des "tensions" au sein du personnel, y compris autour de la table d'opération. "Quand les gens se regardent en chiens de faïence, ils ne communiquent plus".

(photo d'illustration)
(photo d'illustration) © Maxppp -

Besançon, France

Les murs du CHU de Besançon tremblent en ce moment. Pour l'instant, aucun patient n'en a subi les conséquences, mais les inquiétudes montent... Un chirurgien, le professeur Sidney Chocron, à la tête du service chirurgie cardiaque depuis neuf ans, dénonce une situation "grave", et pointe du doigt des tensions au sein du personnel, y compris derrière la porte du bloc opératoire.

"Hausse de la mortalité"

Pire, il craint "une hausse de la mortalité". Car la chirurgie cardiaque, c'est de l'horlogerie fine : huit personnes réunies pour quatre à cinq heures d'intervention. Des tensions autour de la table d'opération entre médecins et infirmières, et c'est la qualité des soins qui est mise à mal...

Quand les gens se regardent en chiens de faïence, ils ne communiquent plus"

Crise au CHU / Reportage de Clément Lacaton

"Quand vous tirez trop sur la corde, là ça ne va plus. Je n'ai jamais vu une opposition aussi nette entre le corps infirmier et le corps médical, explique ce spécialiste. Et à partir de là (intervient) un risque de hausse de mortalité parce qu'on sait que lorsque l'ambiance est délétère au niveau d'un bloc opératoire, les gens se regardent en chiens de faïence, ils ne communiquent plus et ce manque de communication est une perte de chance pour les patients."

"Ce ne sont pas les gens qui sont en cause, c'est le système"

Ce chirurgien appelle au dialogue et, pour apaiser les tensions, organise ce vendredi une réunion avec les infirmières et les médecins du bloc opératoire."Pour chaque intervention, c'est minimum huit personnes, pendant quatre à cinq heures d'interventions, poursuit le Pr Chocron. Quand vous mettez les gens sous pression, à un moment ces tensions génèrent des mots malheureux. Ce ne sont pas les gens qui sont en cause, c'est le système."

"Comportements individuels inappropriés"

Il y a neuf ans, à son arrivée à la tête du service, le CHU de Besançon effectuait 550 interventions à coeur ouvert chaque année, 750 aujourd'hui. Il dénonce un manque de moyens mais pas seulement : selon lui, la direction aurait monté une partie du personnel contre l'autre en essayant de résoudre cette crise.

La direction de l'hôpital, que nous avons sollicité à plusieurs reprises, n'a pas souhaité nous répondre au micro. Elle fait simplement le constat dans un communiqué de "comportements individuels inappropriés" et promet l'organisation de groupes de travail.

Selon un responsable syndical, le manque de moyens et les économies génèrent des problèmes similaires dans d'autres services : dermatologie, radiologie... et pèsent aussi sur les rapports humains.

(photo d'illustration) - Maxppp
(photo d'illustration) © Maxppp -
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