Santé – Sciences

CHU de Nancy : une banque de données biologiques pour mieux connaître les leucodystrophies

Par Cédric Lieto, France Bleu Sud Lorraine mercredi 21 octobre 2015 à 17:58 Mis à jour le jeudi 22 octobre 2015 à 14:34

Des milliers de prélèvements seront stockés dans des congélateurs
Des milliers de prélèvements seront stockés dans des congélateurs © Radio France - Cédric Lieto

Le CHU de Nancy et l'association ELA ont inauguré le centre de ressources biologiques lorrain. L'idée, c'est de réunir sur un même site les échantillons de sang, d'ADN ou de cellules de malades, notamment atteints de leucodystrophies.

Les données biologiques de milliers de patients concentrées dans un seul lieu, c'est l'idée du centre de ressources biologiques lorrain, installé dans l'enceinte du CHU de Nancy-Brabois. Le CRB a été inauguré ce mercredi 21 octobre : un projet porté par l'association ELA, qui lutte contre les leucodystrophies (maladies dégénératives du système nerveux) et par le CHU de Nancy. Ce centre aura coûté 2,3 millions d'euros financés par l'Europe, ELA, la Région, le Grand Nancy, l'Inserm et le ministère de l'enseignement supérieur.

Des centaines de milliers d'échantillons

Dans la plus grande salle du centre, on retrouve des congélateurs, il y en aura une trentaine à terme. Il faudra y ajouter dix cuves d'azote liquide. De quoi stocker dans des conditions optimales des prélèvements de sang, d'ADN ou encore de cellules de patients atteints de leucodystrophies et d'autres maladies. Des données biologiques conservées par le froid, entre -196 et - 80 degrés.

Certains prélèvements seront stockés à -80 degrés - Radio France
Certains prélèvements seront stockés à -80 degrés © Radio France - Cédric Lieto

A quoi cela va servir ? Réponse de Sandra Lomazzi, responsable opérationnelle du centre :

Le tout, ça n'est pas de les collecter pour les conserver, c'est surtout d'en faire profiter la communauté scientifique. Comme on peut choisir un livre [dans une bibliothèque], il choisiront un échantillon avec l'accord des patients pour pouvoir effectuer leurs recherches sur telle ou telle maladie."

Ces données seront accessibles aux chercheurs, aux laboratoires privés. Elles seront disponibles pour des recherches. Une réelle éclaircie pour les malades atteints de leucodystrophies et leurs familles, comme l'explique Pascal Prin, le président d'ELA en France :

Savoir que son enfant est atteint d'une leucodystrophie d'origine indéterminée. On ne sait pas comment ça va évoluer. Avec cette biobanque, ça permettra d'isoler les gènes des nouvelles leucodystrophies, pouvoir mettre un nom sur ces maladies, trouver leurs origines et pouvoir envisager des thérapies."

Installation sécurisée

Ces prélèvements seront très sécurisés avec des contrôles stricts des entrées et sorties mais aussi des alertes en cas de hausse de températures dans les congélateurs. Ces données sur les malades seront sous la responsabilité du CHU et de l'association ELA. Elles seront confiées aux chercheurs, aux laboratoires privés qui le souhaiteront mais resteront accessibles aux malades. C'est déterminant pour le professeur Odile Boespflug-Tanguy , du centre de référence sur les leucodystrophies à l'hopital Robert-Debré de Paris :

Il faut protéger ça. Quand un industriel me dit "Je vais vous faire une base de données parce que je veux faire un essai clinique", quand l'essai clinique est fini, qu'est-ce que je fais avec tous mes prélèvements qui sont sous la dépendance de cet industriel ? Nous, on a fait le choix inverse. On crée cette infrastructure [...] avec les patients et les familles. Et on dit aux industriels qu'on peut donner accès à notre base, moyennant quoi vous continuer à nous aider."

Le centre de ressources biologiques lorrain accueillera aussi les collections d'échantillons du CHU sur d'autres maladies. Il entrera en service d'ici quelques semaines.