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Santé – Sciences

CHU de Saint-Étienne : une grève jeudi en psychiatrie

mardi 11 septembre 2018 à 18:13 Par Mathilde Montagnon et David Valverde, France Bleu Saint-Étienne Loire

Neuf mois après le rapport du contrôleur général des lieux de privation de liberté, la situation n'a pas changé au service psychiatrie du CHU de Saint-Étienne selon le collectif "la psy cause" qui organise une grève ce jeudi.

Le service psychiatrie du CHU de Saint-Étienne toujours en difficulté selon un collectif de soignants
Le service psychiatrie du CHU de Saint-Étienne toujours en difficulté selon un collectif de soignants © Radio France - Yves Renaud

Saint-Étienne, France

Il y a 9 mois, en janvier 2018, le service psychiatrie du CHU avait été épinglé par le contrôleur général des lieux de privation de liberté. Il dénonçait des traitements inhumains et dégradants au sein du service psychiatrie et une attente insupportable aux urgences. Des améliorations avaient été promises à l'époque. La direction avait promis des changements et notamment la création d'une salle d'apaisement en psychiatrie et la mise en place de box d'isolement aux urgences. Mais 9 mois plus tard, les travaux n'ont toujours pas commencé. Pire, selon le collectif "la psy cause", une douzaine de médecins psychiatres et pédopsychiatres seraient sur le point de quitter l'hôpital. Et leurs remplacements ne seraient pas assurés.

"Ça va se dégrader parce qu'il n'y a plus de médecins, déplore Isabelle Bouligaud, infirmière en pédopsychiatrie au CHU, membre du collectif "la psy cause" et élue FO au CHSCT. Les médecins partent, nous on voit des médecins engagés, qui étaient là depuis longtemps qui baissent les bras. Mais c'est dans l'inconsidération du travail qu'ils fournissent. Ils ne sont plus en accord avec ce qui est proposé. Déjà qu'on a l'impression d'avoir fait un tournant depuis un an, de revoir à la baisse nos idéaux de soins qui n'étaient pas non plus déjà très élevés. Mais on se dit, sans médecin, où est-ce qu'on va aller ? On a l'impression qu'on va dans le mur, ou qu'on est en train de sombrer, qu'on est sur le bateau et qu'on est en train de regarder la chute progressive". 

Isabelle Bouligaud est infirmière en pédopsychiatrie au CHU, membre du collectif "la psy cause" et élue FO au CHSCT

400 patients seraient actuellement en attente d'un rendez-vous sur le secteur de Saint-Etienne selon le collectif. Des délais importants qui conduisent à un engorgement des urgences traditionnelles qui ne sont pas faites pour accueillir ces patients dans de bonnes conditions.  Alors pour les membres du collectif, il faut recruter, vite, malgré un contexte de rigueur budgétaire important au CHU. Recruter au nom d'une pratique humaniste de la psychiatrie.

"Le budget n'est pas à bonne hauteur pour nous, détaille Nicolas Moulin, infirmier en psychiatrie au CHU de Saint-Étienne, sans les psychiatres, il y a une bonne partie du travail qui ne pourra pas se faire. Et donc une bonne partie des soins qui ne pourront pas être apportés aux usagers. Et par la même, une dégradation encore de ces conditions d'accueil, de ces conditions de prises en soin et de travail". 

Nicolas Moulin est infirmier en psychiatrie au CHU de Saint-Etienne

Le collectif "la psy cause" épaulé par la CGT et FO a déposé un préavis de grève illimitée à partir de ce jeudi 13 septembre. Une AG est prévue à 15h dans la salle de réunion des locaux syndicaux de l'hôpital nord. 

La réponse de la direction

Joint par France Bleu, le directeur du CHU Michaël Galy réagit à cette grève et à ce climat "délicat". Pour lui depuis le rapport du controleur général, l’hôpital a pris les choses en main : "sur les sujets précis de l'isolement, de la contention en psychiatrie ou aux urgences, le plan d'action mis en place par le CHU de Saint-Etienne est de grande envergure et a mobilisé une implication exemplaire de la part de nos équipes. Sur ce sujet, un certain nombre de préoccupations exprimées par les équipes, les représentants des professionnels concernent la question de l'évolution de la santé mentale. De mon point de vue c'est un sujet important à prendre en compte mais qui n'est pas en articulation ou en lien avec le rapport du contrôleur général des lieux de privation de liberté".

Michael Galy qui affirme par ailleurs que 6 médecins spécialisés ont exprimés un souhait de départ (contre 12 selon le personnel) et que des embauches sont prévues puisque "le CHU de Saint-Etienne et le CHU de la région qui propose la politique d'attractivité médicale la plus dynamique notamment sur les activités de psychiatrie".