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Dossier : Coronavirus Covid-19

Circulation du covid en Moselle : six questions à Prédict'Est

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Par , , France Bleu Lorraine Nord

La Moselle connaît une accélération de l'épidémie de covid-19, dans un contexte où elle est élevée, mais stable, au niveau national. Pour comprendre, France Bleu Lorraine a interrogé le professeur Benoît Gallix, à l'origine de l'outil de modélisation Prédict-Est, développé dans la région.

Prédict'Est, l'outil pour suivre l'épidémie dans la région Grand Est
Prédict'Est, l'outil pour suivre l'épidémie dans la région Grand Est © Radio France - Magali Fichter

Que se passe-t-il en Moselle depuis quinze jours ? L'épidémie de coronavirus semble repartir en nette hausse. Cela ne se répercute pas, heureusement, dans nos hôpitaux, où le nombre de patients reste stable, y compris en réanimation, mais le taux d'incidence est en constante hausse, depuis la mi-janvier : on était en dessous des 200 cas pour 100.000 habitants, on est à plus de 275, et on frôle même les 400 dans la métropole messine. Le professeur Benoît Gallix, chef de l'Institut Hospitalo-Universitaire de Strasbourg, est à l'origine d'un outil développé dans notre région, Predict'Est, qui permet de suivre l'évolution de l'épidémie et de faire des projections à plusieurs semaines. Il était l'invité de France Bleu Lorraine ce mardi matin. 

France Bleu Lorraine : Comment peut-on expliquer ce taux d'incidence en Moselle et dans Metz Métropole ?

Benoît Gallix : Dans le Grand Est, l'incidence s'est presque stabilisée dans sept départements sur dix. Il continue à y avoir une hausse dans trois départements : en particulier la Moselle, mais aussi la Meurthe-et-Moselle et le Bas-Rhin. Ce qui caractérise peut-être plus la Moselle, c'est une hausse du taux d'incidence relativement importante depuis une dizaine de jours, qui est accompagnée d'une hausse parallèle du taux de positivité. En général, ce scénario signifie probablement que l'activité analytique, c'est à dire le nombre de tests qui sont faits, est insuffisante.  Elle ne permet pas de détecter suffisamment de personnes, qui, si elles ne sont pas diagnostiquées, ont plus de chances d'en contaminer d'autres. C'est peut-être une première explication. 

Y-a-t-il des endroits où le virus circule beaucoup plus ?

On voit qu'il y a un axe d'activité forte le long de la bordure ouest du département : Metz, Thionville, et au nord, la zone frontalière. La proximité frontalière peut aussi aider à expliquer cette spécificité mosellane. 

Les variants britanniques et sud-africains peuvent-ils aussi expliquer cette forte circulation du virus dans notre département ?

Je ne crois pas. Aux 7 et 8 janvier, les taux d'incidence dans le Grand Est de ces variants étaient nettement plus bas que dans le reste de la France, 1,1% en moyenne - on ne connait pas la spécificité de chaque département - pour 3,3% pour la moyenne française. Compte tenu du taux d'incidence élevé dans la région, cela veut dire que les variants ne circulent pas trop, ce qui peut changer très vite, en trois ou quatre semaines. 

Est-ce qu'il y a des tranches d'âge où le virus circule beaucoup, en dehors des plus âgés ?

C'est assez global dans le Grand est, la circulation est très forte chez les 20-49 ans, ce qui explique d'ailleurs que malgré l'incidence élevée, qui est là depuis au moins une quinzaine de jours et qui continue d'augmenter, il n'y a pas eu de forte hausse à l'hôpital, même si la tension y est importante. Les gens qui ont été touchés ont moins de risque d'être hospitalisés.

A quoi doit-on s'attendre sur les prochaines semaines ?

Sur la Moselle, on a trois hypothèses. L'hypothèse médiane, avec les règles actuelles, est celle d'un plateau continu, pour les hospitalisations et la circulation virale, pour les trois, quatre semaines qui viennent. Pour ce qui est du taux d'incidence, on devrait être sur une lente montée. Le risque, on l'a évoqué plus haut, ce sont les variants. Si un variant plus infectieux arrivait, ça changerait les modélisations. 

Le reconfinement strict est la seule solution pour faire baisser les courbes ?

Question sensible ! Oui, si on veut rapidement faire baisser le taux d'incidence et les hospitalisations. Pour autant, est-ce qu'il est nécessaire, et que se passe-t-il après ? C'est intéressant de faire baisser les courbes, mais si c'est pour que ça recommence deux mois après... Aujourd'hui, la situation est encore gérable. Le problème, c'est que ça peut basculer très vite. On est dans un compromis qui n'est pas facile.

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