Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Santé – Sciences

Anorexie et boulimie : "Ce n’est pas qu’on ne veut pas arrêter, c'est qu'on n'y arrive pas"

mardi 26 juin 2018 à 10:31 Par Aurélie Berland et Nicolas Crozel, France Bleu Isère

À l'occasion des dix ans de l'association A.B.A (Anorexiques, boulimiques anonymes) de Grenoble, qui organise ce soir une réunion d'échanges et de rencontres, Claire qui fut boulimique et anorexique dans son adolescence, témoigne sur France Bleu Isère de son long chemin pour en sortir.

Anorexie et boulimie : "A l’association, on ne parle pas de guérison, on parle de rétablissement".
Anorexie et boulimie : "A l’association, on ne parle pas de guérison, on parle de rétablissement". © Maxppp - Photo d'illustration

Grenoble, France

Claire* peut maintenant manger normalement. Et pourtant, il y a encore quelques années, c'était inimaginable. Mais elle n'est pas guérie : "À l’association, on ne parle pas de guérison, on parle de rétablissement", explique-t-elle. C'est l'association Anorexiques, boulimiques anonymes (ABA) qui lui a permis de s'en sortir. "Je n’ai plus d’obsession alimentaire. Je peux manger ce que je veux, avec qui je veux, quand je veux, je peux participer à des repas de famille, à des soirées, sans que ça me pose de soucis." Un grand pas en avant pour cette  jeune femme qui a accepté de venir témoigner sur France Bleu Isère. Elle n'a plus l'obsession de la nourriture. 

Claire raconte comment elle a surmonté l'anorexie et la boulimie.

Dès le plus jeune âge 

Cette maladie l'a touchée dès son enfance. "J’avais 11-12 ans. Ça a commencé à l’entrée au collège, avec le regard des autres, avec les moqueries des autres, je me sentais très différente de tout le monde." Pour lutter contre cette différence, elle veut renvoyer l'image d'une petite fille parfaite, elle a l'impression que c'est ce qui la fera accepter par ses camarades. "J’ai commencé par arrêter de m’alimenter, et puis il y a un moment où ça s’est transformé en crise de boulimie, où au contraire je ne pouvais plus m’arrêter de manger." Le déclencheur, ce qui a provoqué son changement de comportement, c'est la réaction de ses parents. 

"J’ai découvert qu’on pouvait se faire vomir. Ça me permettait de manger, comme ça mes parents me laissaient tranquille"

Ils ne l'ont pas vu tout de suite. Mais lorsque la maladie est devenue flagrante, ils ont réagi de façon très violente. "Ma mère m’a menacée de m’hospitaliser, ça m’a fait basculer dans les crises de boulimie. C’était impensable, je ne pouvais pas me faire hospitaliser, je n’étais pas malade."  

Claire reconnait avoir été dans le déni de sa maladie et ses parents ne savaient pas comment réagir. "Ils ne comprenaient pas, ils étaient démunis, ils ne comprenaient pas que  parfois je mangeais sans m'arrêter et à d'autres moments je n’arrivais pas à finir un yaourt nature à la fin d’un repas." Alors, pour essayer de trouver une solution, ils lui ont fait regarder des émissions sur l'anorexie et la boulimie... sans succès. L'effet a même été inverse. "C’est là où j’ai découvert qu’on pouvait se faire vomir. Ça me permettait de manger, comme ça mes parents me laissaient tranquille, et je n'étais pas obligé de garder la nourriture derrière." 

La solution trouvée auprès d'une association 

La situation s'aggravait pour Claire. "L’entourage ne comprend pas que ce n’est pas qu’on ne veut pas, c’est qu’on n’y arrive pas. C’est plus fort que nous." Ce ne sont pas ses proches qui ont réussi à la sortir de cette impasse. Pas les médecins non plus. Ses changements de poids n'étaient pas assez brutaux et rapides pour que ça saute aux yeux. "Je pouvais passer pour quelqu’un de normal. C’est pour ça que je n’ai jamais osé en parler à un médecin, j’étais convaincue qu’on ne me croirait pas.

Elle s'est tournée vers ABA pour trouver des gens à l'écoute.  L'association est basée sur le même principe que les Alcooliques anonymes - une thérapie adaptée aux problèmes alimentaires. Elle existe depuis 2002 - depuis 2008 à Grenoble. 

A.B.A fête ses 10 ans mardi soir, une réunion organisée 

Mardi soir, elle fête ses 10 ans, en organisant une réunion à 20 heures à Grenoble, 8 rue sergent Bobillot, pour tous ceux qui sont intéressés ou concernés par ces maladies. Claire s'est sentie à l'aise au milieu de ce groupe d'anonyme. "Ce qui m’a aidé, c’est d’en parler avec des gens qui vivaient la même chose que moi", raconte-t-elle. "Ils arrivaient à mettre des mots sur ce que je ressentais, alors que j’étais incapable de le faire." Depuis, elle vient tous les mardis pour rencontrer, écouter et discuter avec d'autres personnes touchées par l'anorexie ou la boulimie. 

En savoir plus

*Le prénom a été changé