Santé – Sciences

Comment Biotropica, dans l'Eure, répond au cri d'alarme des guépards

Par Bertrand Queneutte, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) jeudi 29 décembre 2016 à 19:12 Mis à jour le vendredi 30 décembre 2016 à 10:01

Il ne reste aujourd'hui que quelques 7.000 guépards à travers le monde
Il ne reste aujourd'hui que quelques 7.000 guépards à travers le monde © Getty - Eye Ubiquitous

La Société Zoologique de Londres vient de publier une étude alarmante sur la disparition progressive des guépards. De son côté, le parc Biotropica, dans l'Eure, n'a pas attendu pour prendre le problème à bras le corps en accueillant trois specimens, en juin dernier.

Le guépard va-t-il être rayé de la carte ? C'est en tous cas ce que craint la Société zoologique de Londres qui vient de publier une étude sur la menace qui pèse actuellement et plus que jamais sur ce félin. En effet, d'après le document dévoilé le 26 décembre dernier, il ne resterait aujourd'hui que quelques 7.000 specimens dans le monde à l'état sauvage, contre 100.000 au début du 20ème siècle. Des animaux victimes de la réduction de leur habitat en raison de l'activité humaine, mais également de braconnage.

La disparition annoncée des guépards, c'est ce qui a poussé le parc Biotropica, dans l'Eure, à en adopter trois au mois de juin dernier. Trois guépards du Soudan, dont deux frères, accueillis dans un espace appelé "Brousse africaine", afin d'aider à leur conservation. Les guépards du Soudan sont en effet moins de 2.000 à l'état sauvage désormais. Laetitia Lassalle est la responsable pédagogique de Biotropica. Elle répond à Bertrand Queneutte :

Ecoutez : Laetitia Lassalle explique pourquoi Biotropica a adopté trois guépards

Les guépards sont notamment victimes de braconnage, en Afrique - Getty
Les guépards sont notamment victimes de braconnage, en Afrique © Getty - Eye Ubiquitous

Toujours selon l'étude, le guépard le plus menacé serait celui dit "asiatique" situé en Iran, où il ne resterait plus qu'une quarantaine d'individus. Les auteurs du rapports réclament ainsi à l'IUCN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) que l'animal soit classé comme espèce "en danger", plutôt que "vulnérable" afin de permettre la mise en oeuvre de moyens supplémentaires pour le protéger.

Le guépard du Soudan, au coeur d'un programme de conservation et d'élevage

Les trois guépards adoptés par Biotropica au mois de juin dernier sont des mâles et font partie d'un programme de conservation et d'élevage mis en place au niveau européen. Ils peuvent ainsi à n'importe quel moment être appelé à se reproduire avec des femelles partout en Europe. Explications de Laetitia Lassalle, responsable pédagogique à Biotropica. Elle répond à Bertrand Queneutte :

Ecoutez : quel est le rôle des trois guépards de Biotropica, dans le programme d'élevage ?

Les guépards actuellement présents dans les parcs sont habitués à l'homme et au fait d'être nourri par ce dernier. Il apparaît donc compliqué d'envisager de les relâcher dans la nature. En revanche, cela est envisagé pour les générations futures afin d'augmenter de nouveau leur nombre à l'état naturel. C'est notamment ce qu'il s'est passé avec le panda géant, concerné comme le guépard par un programme d'élevage, selon Laeitia Lassalle :

Ecoutez : les programmes de conservation visent notamment à augmenter le nombre de specimens à l'état sauvage