Santé – Sciences

Consultation citoyenne sur la vaccination : les doutes d'un médecin franc-comtois

Par Thierry Campredon, France Bleu Belfort-Montbéliard mercredi 13 janvier 2016 à 11:55

Vincent Gendrin, chef du service maladies infectieuses
Vincent Gendrin, chef du service maladies infectieuses © Radio France - Thierry Campredon

Chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Nord Franche-Comté, Vincent Gendrin estime que c'est une bonne chose de consulter la population sur la question des vaccins, mais il craint que cela fasse courir de fausses rumeurs

Tous les spécialistes le disent, depuis plusieurs années en France, la vaccination génère un sentiment de défiance voire de méfiance, à tel point que la première fois, la vaccination des nourrissons est en baisse. Une situation que le docteur Vincent Gendrin, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Nord Franche-Comté, explique par plusieurs phénomènes : "cette méfiance est due essentiellement à la rupture de stocks de certain vaccins notamment ceux qui sont obligatoires, mais il y a aussi un certain nombre de vaccins qui ont fait polémique comme celui de l’hépatite B dans les années 90, sans oublier celui de la grippe H1N1 en 2009 avec une communication qui n’a pas toujours été bonne autour de ces vaccins qui avait été fabriqués rapidement par les laboratoires pour faire face à l’épidémie".

Des parents inquiets pour la santé de leurs enfants

Preuve de cette défiance vis-à-vis des vaccins, aujourd'hui des parents refusent même les vaccins qui sont pourtant obligatoires pour leur enfants, un phénomène inquiétant pour le docteur Gendrin : "c’est vrai que c’est inquiétant parce que le tétanos par exemple est une maladie qui n’a pas disparu. Quand on a une plaie qui est un peu sale, on peut être infecté, donc il faut être vacciné contre le tétanos. Le problème c’est qu’il faut que les vaccins soient à disposition et que les parents soient bien informés des bénéfices de ce vaccin".

Le pari risqué de Marisol Touraine

Pour tenter de rétablir la confiance, Marisol Touraine, la ministre de la santé, a donc annoncé plusieurs mesures comme par exemple le lancement d'une grande conférence citoyenne qui pourrait déboucher sur une évolution de la politique vaccinale. Une démarche qui va dans le bon sens sur le fond, mais qui peut avoir des inconvénients selon le docteur Vincent Gendrin : "c’est toujours une bonne chose de discuter de manière ouverte et sans tabous des vaccinations, ça peut aller dans le sens d’une meilleure appropriation des Français de la vaccination. En revanche, c’est un pari risqué que fait la ministre, car j’espère que ce ne sera pas l’occasion de faire courir de fausses rumeurs ou de fausses informations qui vont inquiéter tout le monde et diminuer au contraire la couverture vaccinale".

Vincent Gendrin invité de 7h45 sur FBBM

Partager sur :