Santé – Sciences

Consultations à 46 et 60 euros : "L'assurance maladie reconnaît notre travail", justifie un médecin généraliste

Par Géraldine Houdayer, France Bleu vendredi 15 septembre 2017 à 19:49

Pour les médecins généralistes, il était nécessaire de reconnaître le temps passé avec des patients complexes.
Pour les médecins généralistes, il était nécessaire de reconnaître le temps passé avec des patients complexes. © Maxppp - Florian Salesse

Dès premier novembre, certaines consultations complexes ou très complexes seront facturées 46 ou 60 euros chez les médecins généralistes."Notre travail est reconnu," se défend le président de la Fédération des médecins de France. Les associations de patients demandent une complémentaire pour tous.

"Scandaleux", "une honte", de la "discrimination"... Vous avez très nombreux mercredi, notamment sur la page Facebook de France Bleu, à réagir à l’annonce des nouveaux tarifs des consultations complexes et très complexes, facturées 46 et 60 euros, qui feront leur apparition chez les médecins généralistes à partir du premier novembre.

Pour les médecins, "un travail enfin reconnu"

"La plupart des consultations concernées, comme celle pour un premier accès à la contraception pour une jeune fille ou l’annonce d'un cancer, sont prises en charge à 100% par la sécurité sociale", tient à préciser le Dr Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France. La première consultation d'une jeune femme de 15 à 18 ans qui souhaite une contraception est en effet prise en charge à 100% par le tiers payant. Elle peut également être anonyme, à la demande de l'adolescente, complète le médecin. Pour lui, ces augmentation de tarifs étaient nécessaires : "Certaines consultations nécessitent de passer beaucoup de temps avec le patient, se défend-il. Notre travail est enfin reconnu. Lorsqu'on l'interroge sur les difficultés des patients qui, du coup, devront payer plus cher car ils n'ont pas de mutuelle, il met en avant les dispositifs d'aide existants : la CMU, la couverture maladie universelle et les aides spécifiques pour pendre en charge une mutuelle, destinées aux salariés et personnes modestes.

L'accès à une complémentaire pour tous, une priorité pour les associations

Magali Léo, en charge des questions d'assurance maladie à la fédération d'association de patients France Assos santé, reconnaît que ces nouveaux tarifs posent un problème à ceux qui n'ont pas de complémentaire. Les consultations complexes qui concernent des pathologies non prises en charge à 100% par l'assurance maladie seront prises en charge à 70 % par la Sécu, comme le sont les consultations simples. Restent donc 30% à prendre en charge pour les patients qui n'ont ni mutuelle, ni CMU. Pour elle, "il faut garantir un vrai accès à la mutuelle pour tous, c'est la clé du problème". Elle reconnaît toutefois que même lorsqu'on a une mutuelle, "avancer 30% de 46 euros ou de 60 euros, c'est une somme très importante". Une somme d'autant plus importante pour les populations fragiles économiquement, comme le sont souvent les parents d'enfants obèses. "Mais il faut lever ce frein-là, et appliquer au plus vite le tiers payant généralisé chez les médecins."

Les associations de patients espèrent une amélioration des soins

Toutefois, pour Magali Léo, ces nouveaux tarifs vont plutôt dans le bon sens. "La médecine a changé, la population et les attentes des patients aussi", précise-t-elle. "Maintenant, on y met tous le prix, puisque c'est l'Assurance maladie qui va payer, donc on attend que les médecins passent plus de temps avec ces patients complexes, on espère une amélioration de la qualité des soins."

Selon l'Express, ces changements de tarifs coûteront près de 870 millions d'euros à la Sécurité sociale. L'Argus de l'assurance évoque de son côté un coût supplémentaire de 180 millions d'euros pour les organismes complémentaires santé.