Santé – Sciences

Contre le cancer du sein, ces deux Rouennaises collectent les soutiens-gorge

Par Sarah Tuchscherer, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) mardi 29 septembre 2015 à 18:21

Virginie et Aurélie dans leur boutique Appli rose
Virginie et Aurélie dans leur boutique Appli rose © Radio France - Sarah Tuchscherer

Pour octobre rose, cette boutique de lingerie rouennaise a lancé une initiative originale : une collecte de soutiens-gorge qui seront accrochés sur un pont au-dessus de la Seine.

Une guirlande de soutiens-gorge pour inciter au dépistage du cancer du sein, ce n'est pas une première en France, en revanche c'est du jamais-vu à Rouen. On doit l'idée à Aurélie Lévesque et Virginie Toubianah, deux amies qui viennent de se lancer dans le commerce de lingerie adaptée aux femmes ayant subi une ablation du sein.

En quelques mois, elles ont récolté 600 soutiens-gorge, c'est plus qu'il n'en faut pour décorer _la banderole invitant au dépistage _qui sera déployée ce jeudi 1er octobre sur le pont Corneille  à Rouen. 

Faire tourner les têtes

« Bien sûr, l'idée c'est d'attirer le regard, de faire tourner les têtes, admet Virginie... Dans la boutique, on reçoit beaucoup de jeunes femmes, ce qui prouve que le cancer frappe à tout âge ». Or, plus la tumeur est détectée tôt, plus les chances de guérison sont importantes. Si la mammographie ne s'impose pas nécessairement avant la ménopause, il est important de s'assurer régulièrement, par simple palpation, qu'aucune tumeur n'est en formation.

Dépistage remboursé pour les femmes présentant un risque élevé

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a annoncé qu'à partir du printemps 2016, le dépistage serait proposé gratuitement aux femmes présentant un risque élevé ou très élevé de cancer du sein. Pour le docteur Sylvie Guiller, coordonnateur à l'association Décade (association en charge du dépistage organisé dans l'Eure), cette mesure est une bonne idée : « Actuellement, un dépistage réalisé sans mutuelle coûte une vingtaine d'euros, cela peut être dissuasif pour certaines femmes** ». Elle insiste aussi sur les autres freins au dépistage, notamment la peur d'apprendre qu'on est malade et les difficultés d'accès aux cabinets de radiologues**, peu nombreux dans le département de l'Eure.

Reportage à Rouen de Sarah Tuchscherer

Sylvie Guiller médecin à l'association Décade en charge du dépistage dans l'Eure